Ville de Paris, Douai
(j. Mantes, Meulan...
— La création de « Bureaux de miséricorde » pour moraliser les détenus ;
— La publicité des témoignages, afin que les vengeances ne pussent pas s'exercer sous la protection de la justice1...
Voilà de sages vœux qui devaient bientôt devenir autant de lois, et fonder notre législation moderne.
Différent de l'excommunication, « l'interdit » était une mesure générale frappant une collectivité, comté, ville, province; mais dans les deux cas, le pouvoir civil pendant longtemps estima de son devoir d'assurer la stricte application des peines canoniques. Pour Beaumanoir la question n'est pas douteuse : il recommande au juge séculier de tenir la main à l'exécution des sentences rendues par les juges d'Église, « par raison d'ordre public et de salutaire exemple ».
Dans quelques décisions ecclésiastiques les diffamateurs sont assimilés aux meurtriers.
S'il est vrai que l'honneur vaut mieux que la vie, cette rigueur n'a rien qui doive tant scandaliser.
Voilà bien pourquoi l'Église différait l'administration des sacrements, à ceux-là qui avaient donné le scandale d'une fausse accusation, absolument comme quand il s'agissait d'attentat homicide; et ce n'était que par une longue pénitence publique que le coupable pouvait être pardonné.
Notons encore une piquante décision du pape Adrien, ordonnantde « donner le fouet » à quiconque commettait une diffamation grave2.
Lorsque autrefois le clergé imposait des pèlerinages comme peine canonique, il était délivré au pécheur un passeport (carta tracturia) ; et grâce à cette feuille de témoignage, le pèlerin était assuré de trouver aide et protection au cours de ses voyages.
On lira avec intérêt le texte d'un de ces passeports :
« A vous, saints seigneurs, évêques établis en vos sièges apostoliques, abbés et abbesses! A vous, ducs, comtes, vicaires, centeniers, dizainiers; à vous tous qui croyez en Dieu et le craignez;