‹ Histoire des découvertes géographiques des nations Européennes dans les differentes parties du mondeChapitre 123 sur 123 · II · texte numérisé non relu

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546 ASIE*UiNEUftE« [1Ô« SIÈCLE AP. l.-C.

une petite ile sur laquelle s'élève ud château à deminmiiié ; an-dessus de la porte principale on voyait une ioscription eo anciennes lettres arméniennes , que ne purent lire les Arméniens dont Barbaro était accompagné (0.

A 10 milles de Courcbo on trouve Seleuca ou StUfka^ autrefois Seleucia , qui est éloignée de 5 milles de la mer el assise sur une montagne au pied de laquelle passe un fleuve que les anciens nommaient Calycadma^'^). Les restes d'un amptaîAié&tre qu'y vit Barbaro lui rappelèrent l'amphithéâtre de Vérone*

L'ambassadeur vénitien résida quelque temps à Sdeuca^d'où se remettant en route, et longeant à petites journées le bord de la mer, il atteignit d'abord Tarso , qui appartenait au prince de Doulgadar (3), quoique le pays fût au Soudan (d'Egypte); puis , une journée plus loin , Adena , qui appartenait aussi au soadan. D'Adéna à TEuphrate , Barbaro ne nomme plus aucun des lieux qu'il eut à traverser.

Cette relation , on le voit , a bien peu d'importance en ce qui touche l'Asie-Mineure \ outre qu'écrite sûrement de mémoire , elle est remplie d'erreurs palpables , au moins dans les direc-' tiens et les distances.

Barbaro résida cinq années entières à la cour du begh ; il ne quitta l'Arménie qu'à la mort d'Ousoun-Hassan , en 1473. 11 revint par les bords de l'Ëuphrate, depuis Arsengan (Erzinghian) jusquà Aleppo (Haleb^,. et d'Aîeppo à Baruetto (Beïrout) , où il s'embarqua pour Veni^. Arsengan, ville autrefois florissante, était alors en partie ruirîige, peut-être depuis le tremblement de terre mentionné par RufeiKjiquis. Barbaro cite sur sa route , à partir d' Arsengan , les trois peftto châteaux-forts de Cimis (Kémakh) , Casseg (probablement EghiïW et Arapchir (Arabkir) 5 puis la place importante et très-marchantte de Mala-thia. De Malathia à Haleb , l'ambassadeur trouva uné^sContrée

» Les restes du château sur la petite lie, et même les inscriptions armér^nnes, subsistent toujours. Foy, Beaufort , Karamania , p. 232 et suiv.

* Barbaro place Seleuca au N.-O. de Courcho {andando verso maestrhù^ ce qui est une erreur manifeste; 11 fallait dire verso garbino^ au S.-O. \

s Les princes Turkomans de Soulkadir dont il est question ci-dessus. I^ du passage de Bertrandon en Gilicie, Tarse, enlevée aux princes de RamazanX était entre les mains des sulthans Baharites d'Egypte. Ces peUts cantons li-> mlirophcs des grands États de TOrient changeaient fréquemment de maîtres, \

.CNBAS SYLVIUS. 647

plus riante , des villes et des villages plus nombreux , un pays

plus florissant et mieux peuplé (0.

Le voyage de Josafa Barbaro est le dernier que nous ayons à

mentionner dans cette période intermédiaire avec laquelle se..

termine^, pour l'histoire géographique de TAsie-Mineure , la

séi4e des temps antérieurs à ce que Ton peut nommer propremesit les temps modernes. Depuis les âges les plus anciens où commencent à poindre les premières lueurs de la tradition historique , un espace de deux mille huit cents ans s'est déroulé

devant nous. L'histoire de bien peu de contrées de notre Occident atteindrait à cette longue suite de siècles. Nous avons entrevu , dans le lointain obscur des âges héroïques , l'arrivée et la distribution sur le sol de la Péninsule des plus anciennes populations qu'y versèrent la Thrace et les régions de la haute Asie ; nous y avons suivi, en quelque sorte de siècle en siècle, les développements de la culture intellectuelle , favorisés par un heureux climat ; nous avons vu ces populations , différentes de langue et d'origine, sortir successivement de la barbarie primitive pour atteindre à la brillante apogée de la civilisation ionienne. Nous avons noté avec soin les révolutions politiques , les conquêtes , les immigrations nouvelles , qui ont influé sur l'état moral ou la constitution physique des habitants, et qui ont modifié l'aspect géographique du pays. Nous avons soigneusement étudié aussi , dans les monuments historiques de chaque siècle, le progrès et les phases diverses de la connaissance que les Grecs d'abord , les Romains ensuite , puis les autres nations européennes depuis la chute et le démembrement de l'empire romain , ont eue de l'Âsie-Mineure , de ses populations et de sa géographie. Arrivée à son plus haut point à l'époque florissante de la grandeur romaine , cette connaissance a décliné de plus en plus chez les écrivains des siècles suivants , à mesure que les temps toujours plus grossiers du moyen âge ont vu pâlir et s'éteindre le flambeau de la civilisation ancienne. Un nouveau jour, bien faible encore, s'est cependant levé sur ces belles contrées depuis que les croisades et le développement de la puissance

* Barbaro, Fiaggio nella Persia, c. 28. Comparez, c. 23, un iUnérairc rapporté par Barbaro de Trébizondeà Karpoutli, en passant par Baïbourt^ Erzinghian, et les villages de Mosdiont, Ha lia et Thcnc.

MS ASIS-HlNEtRE. [15* SIÈCLE AV. J.-C.

otLomaDe ont noué de nouveaux rapports entre l'Europe et TOrient : le progrès rapide du renouvellement des sciences dans rOccident va d'ailleurs réagir sur cette terre déchue comme sur le monde entier. L'ère des voyageurs , ce trait caractéristique des temps modernes, s'ouvre avec le seizième siècle, quoique le voyage de l'exact et judicieux Bertrandon , s'il eût été moitiB isolé, eût pu le reporter jusqu'au commencement du quinzième. Nous allons avoir désormais à suivre leurs courses multàpfiées dans les diverses parties de la Péninsule, jusqu'au jour, more éloigné , où les explorateurs y viendront à leur tour recariflir une plus riche moisson d'observations exactes et approfoalies, et préparer la connaissance véritablement complète du pays , de ses antiquités et de ses habitants , vers laquelle, nous marchons depuis trois siècles sans y être encore arrivés.

Firi DU »ElXltMS VOLt^MR.

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