PRÉFACE. XXIII
Nous avond indiqué sommairement la disposition gé** nérale et les grandes divisions de notre travail; peutêtre convient-il d'entrer ici , à cet égard , dans quelques détails plus précis.
Le premier problème qui se présentait & résoudre , et la solution semblait en être diflBcile , était de donner à Fouvrage une étendue suffisante pour que les diverses parties en fussent traitées d'une manière substantielle , sans excéder pourtant pour l'ensemble des proportions compatibles avec une lecture suivie. Quand on songe que la compilation de l'abbé Prévost forme vingt épais volumes in-4% et que non-seulement elle ne parle pas d'un grand nombre de contrées intéressantes , mais que c'est précisément depuis l'époque où elle s'arrête que les voyages les plus nombreux , les plus importants , les plus riches en résultats scientifiques de toute nature ont été exécutés dans toutes les parties du Monde , il ne semble guère possible de renfermer cette masse de documents dans un espace un peu restreint sans leur enlever ce qui en fait souvent le plus grand prix, le charme ou l'importance des détails. Cette difficulté , néanmoins , était plus apparente que réelle. Ce qui donne une étendue démesurée à la plupart des compilations publiées jusqu'ici sous le titre mensonger â* Histoire des Voyages , en même temps qu'elles restent toujours Incomplètes sur une foule de points essentiels, c'est qu'elles ne se composent que d'extraits textuellement empruntés aux relations de voyages, extraits choisis avec plus ou moins de goût et de discernement, et placés dans un ordre plus ou moins logique à la suite les uns des autres. Or, un des moindres inconvénients de cette méthode d'abbrévlation purement mécanique est d'amener un nombre infini de répétitions.
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les i^etranchements ne pouvant jamais être si bien adaptés les uns aux autres qu'il ne reste dans l'ordonnance générale, à côté d'un grand nombre de lacunes, une foule d'enjambements et de superfétations. Le livre de l'abbé Prévost et ceux de ses imitateurs sont là pour montrer jusqu'où ce vice peut s'étendre. Par son plan même, notre travail en est exempt» Ce n'est pas une collection de Voyages que nous avons prétendu refaire : dans l'état actuel de cette branche de la littérature en Europe , il n'y a plus d'autre collection possible que la réunion même des livres originaux qui ont été publiés ou qui se publient chaque jour en France , en Angleterre , en Allemagne , en Russie et dans les autres pays européens ; et cette réunion , s'il était possible de la rendre complète, un palais suffirait à peine à la contenir ^^\ Ce n'est pas non plus un choix de Voyage», choix nécessairement arbitraire, et pour lequel le goût de l'auteur ne Saurait jamais remplacer celui du lecteur, auquel il se substitue : la pensée de notre œuvre , le but unique qu'elle se propose, est de renfermer dans un cadre assez restreint pour qu'on puisse aisément l'embrasser de l'œil et de la pensée, assez large cependant pour que rien d'essentiel n'en soit exclu , la substance , le résultat scientifique de la totalité des voyages exécutés jusqu'à ce jour dans les diverses contrées du Globe et qui ont contribué pour une part quelconque à l'avancement des connaissances générales. C'est ainsi que sans rien tronquer ni rien omettre
1 Un Catalogue méthodique des Voyages auquel nous traraillons assidûment depuis vingt ans et pins, forme anjourdliui (et cela seulement pour les pays en dehors de PEurope , la matière d^au moins vingt forts volumes in- 8^ ; encore n'osons-nous pas nous flatter que nos listes soient également complètes dans toutes leurs parties.
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que ce que dédaigne Thomme instruit et ce que Thomme de goût rejette , nous aurons pu renfermer dana moins de quarante-cinq volumes d'un format commode une matière qui semblait devoir en exiger un beaucoup plus grand nombre.
Une Introduction générale, à laquelle sera consacré notre premier volume tout entier, est destinée à présenter dans son ensemble et dans un discours suivi la marche et le développement graduel des découvertes et des connaissances géographiques chez les nations policées , particulièrement en Europe , depuis les plus anciens temps historiques jusqu'au moment actuel. Ce volume est une introduction nécessaire à l'ensemble de notre ouvrage, dont il présente les différentes parties dans leur corrélation naturelle ; il en est aussi le résumé, puisqu'il offre en substance, et sous un point de vue synoptique , les résultats les plus généraux des voyages et des travaux de toute nature successivement exposés dans chacun de nos volumes pour les diverses régions naturelles de la Terre. Il se divise en deux parties bien distinctes. La première comprend l'histoire des voyages et des découvertes du Monde ancien et du Moyen Age jusqu'à la fin du quinzième siècle, époque marquée par les deux plus grands événements des fastes géographiques du Globe terrestre , la découverte de l'Amérique et celle du passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance ; la seconde , l'histoire des voyages et des découvertes modernes depuis le conmiencement du seizième siècle. Cette seconde période, à laquelle l'ensemble de notre Histoire des Découvertes Géographiques est le plus particulièrement consacré , ne demandait par cela même qu'un médiocre développement : il suffisait , comme nous
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l'avons dit, d'y résumer d'une manière claire et méthodique là marche synoptique des découvertes depuis trois siècles et demi , et les résultats généraux de ces découvertes dans l'état actuel de la science. Mais la première période exigeait une tout autre étendue. Comme la matière qu'elle embrasse forme un tout isolé, antérieur à la période moderne avec laquelle commencent les grands développements de notre travail , il convenait de la réunir , elle aussi, dans un cadre particulier, avec un détail analogue à celui de nos parties modernes. Nombre de savants distingués ont avant nous consacré leurs veilles à cette portion si pleine d'intérêt de l'histoire de l'esprit humain ; parmi les noms éminents qui se sont spécialement signalés dans l'histoire de l'ancienne géographie, nous rappellerons seulement ceux de Huet, de Sprengel, de Gossellin, de Mannert, de Clarke, de Malte-Brun, d'Ukert, de Reinganum, de Lûdde, de Cooley, de Lelewell et d'Hoffmann. Quelque justice que nous rendions au mérite de beaucoup de leurs recherches, et quoique nous n'ayons négligé d'en consulter aucune sur certains points particuliers qu'elles ont plus spécialement approfondis ou plus heureusement résolus , nous pouvons dire néanmoins que pour l'ensemble de notre propre travail celui de nos devanciers ne nous a été que d'une utilité très-secondaire. C'est aux sources mêmes que nous avons puisé ; c'est à la lecture attentive de tous les auteurs de l'antiquité sacrée et profane sans exception aucune , depuis les livres vénérables de Moïse et les monuments de la poésie homérique jusqu'aux dernières limites du Moyen- Age, que nous avons demandé les matériaux ou les indications nécessaires pour la restitution de l'ancienne histoire géographique. Si une telle méthode est longue
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ei laborieuse ; si trois années en grande partie consacrées à ce premier volume n'ont pas même suffi encore à en réunir tous les éléments , nous osons du moins nous flatter que Tabondance et souvent aussi la nouveauté des résultats auxquels elle nous aura conduit seront pour nous un ample dédommagement de tant de soins et de veilles.
Après rintroduction générale de notre premier volume, les grandes divisions du reste de T ouvrage nous étaient naturellement indiquées par la division même des grandes parties du Monde. L*Asie , la plus étendue de toutes , et aussi la plus importante à bien des égards , est celle par laquelle nous avons dû commencer. Non-seulement l'Asie est la partie du Monde la plus anciennement civilisée, sinon la plus anciennement habitée par l'homme; mais c'est en Asie qu'ont eu lieu à la fin du Moyen-Age , les premiers voyages qui ouvrent la longue série des explorations modernes. Le haut intérêt historique et géographique qui s'attache aux diverses contrées ainsi qu'aux peuples diflférents du monde asiatique ne nous a pas permis de lui consacrer moins de vingt volumes. Dix à peu près suffiront pour l'Afrique, autant pour l'Amérique et les voyages dans les régions polaires ; l'histoire des voyages de circumnavigation et le tableau géographique du Monde Maritime pourront »e renfermer dans quatre volumes. Un aperçu général des lacunes qui resteront à combler dans nos connaissances géographiques formera le couronnement de notre travail.
L^ attention de Thomme a des limites, et son esprit ne saurait embrasser à la fois, sans fatigue et sans confusion, un trop grand nombre d'objete différents. En histoire cotttme en perspective te point de vue s'éloigne en même
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temps que Thorizon s'agrandit , et pour saisir un grand ensemble il faut en sacrifier les détails. De même qu*au delà d'un certain développement on ne pourrait plus suivre simultanénient la marche parallèle des voyages et des travaux de toute sorte qui contribuent , à un instant donné, à l'avancement de notre connaissance de la terre, et que pour soulager l'esprit nous avons dû partager notre sujet en groupes homogènes indiqués par les divisions naturelles d'Asie , d'Afrique , etc. ; de même , dans chacune de ces grandes divisions, il nous a fallu établir un certain nombre de coupes qui nous permissent d'en suivre tour à tour l'histoire géographique avec un détail suffisant pour en avoir une parfaite connaissance. Ces coupes, nous les avons prises non dans les délimitations conventionnelles des divisions politiques toujours changeantes, niais bien dans les divisions immuables que la Nature même a marquées. Mais de même aussi que compie introduction à l'histoire géographique des diverses parties du Monde nous aurons déroulé dans un tableau d'ensemble la marche simultanée des voyages et des découvertes dans toutes les contrées du Globe depuis les temps anciens jusqu'à nos jours, de même nous ouvrirons l'histoire géographique des différentes régions naturelles de chaque partie du Monde en particulier, de l'Asie, de l'Afrique, des deux Amériques et de l'Océanie , par un tableau général ou tous les faits géographiques appartenant spécialement à chacune de ces grandes divisions de la Terre, resserrés dans un cadre peu étendu , seront présentés sous un même point de vue de manière à ce qu'on en puisse aisément aper-r cevoir les rapports et la dépendance réciproque. Telle nous a paru être la seule méthode efficace , ou plutôt la
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seule possible, pour concilier la rapidité inséparable d'une exposition générale avec les détails nécessaires dans une étude approfondie; Tune planant de haut au-dessus du Globe entier ou de chacune des grandes parties du Monde pour embrasser d'un même coup d'œil Tensemble des faits généraux qui en forment l'histoire géographique , l'autre se rapprochant du sol pour en étudier de près les accidents , l'aspect et la nature , et passant ainsi tour à tour d'une contrée à une autre contrée. C'est ainsi que dans un Atlas universel le géographe descend graduellement du planisphère à chacune des parties du Monde, puis de chaque partie du Monde aux différents pays qu'elle renferme et même aux diverses provinces de chaque pays , toujours plus abondant en détails à mesure qu'il embrasse un horizon moins étendu , et décrivant ainsi la terre d'une manière plus nette et plus satisfaisante que s'il avait voulu en resserrer les détails infinis dans le seul dessin de sa Mappemonde.
Toute relation de voyage présente deux ordres de faits bien distincts : d'une part, l'itinéraire même du voyageur et le récit plus ou moins attachant de ses aventures personnelles; de l'autre, les résultats que fournit le voyage pour l'avancement de nos connaissances. Nous conservons, en les séparant, ces deux ordres de faits, mais sans leur accorder, on conçoit, le même degré d'importance. Il nous suffit pour l'ordinaire d'indiquer rapidement la marche de chaque voyageur dans les pays qu'il aura parcourus, afin de montrer quelles parties il en a plus spécialement étudiées ; mais c'est surtout aux résultats positifs et permanents du voyage que nous devons nous arrêter. Tout récit purement individuel n'a droit h
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notre attention que lorsqu'il en ressort quelque chose d'instructif soit pour l'étude morale de l'honune, soit pour l'étude physique de la Terre; naais nous écartons avec soin cette masse d'aventures communes qui forme le fond d'un si grand nombre de relations, et d'où il n'y a à retirer ni amusement ni instruction. Quant à l'ordre même dans lequel nous présentons pour chaque contrée Y histoire des voyages qui y ont été faits et le résuliat de ces voyages pour la connaissance du pays et des habitants 9 nous ne nous sommes formé d'avance aucun plan rigoureusement arrêté. Notre méthode a été déterminée par le sujet même. Tantôt, après avoir esquissé en traits rapides l'histoire géographique d'une région , afin d'indiquer la suite chronologique des voyageurs qui l'ont explorée et la part de chacun d'eux dans les notions que nous en avons acquises , nous réunissons ensuite dans un tableau suivi les différents faits d'ethnologie , d'antiquités, d'histoire et de géographie qui s'y rapportent, afin d'en donner ainsi la description complète dans un cadre méthodique, ayant soin de rapporter à chaque voyageur, par des citations exactes , ce qui lui appartient dans cet ensemble ; d'autres fois c'est en marchant sur les pas d'un voyageur principal que nous faisons connaître la contrée qu'il a décrite, sauf à compléter ses notions par les faits que fournissent les autres explorateurs. Encore une fois , nous ne cherchons pas à rapporter indistinctement nos récits ou nos descriptions aux compartiments symétrie ques d'un cadre tracé d'avance, mais nous plions notre exposition aux mille modifications que sa nature même nous indique. En ceci, notre seule étude a été de ne pas afiaiblir, loin de chercher à y ajouter, l'intérêt toujoura nouveau qui s'attache à l'histoire géographique x]e notre
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Globe , et de conserver à nos tableaux la variété infinie de la Nature,
Nous n'avons pas besoin d'ajouter, sans doute, que pour la période moderne de notre travail dans toutes ses parties , de même que pour la période ancienne et celle du Moyen-Age , nous n'avons emprunté nos matériaux qu'aux sources mêmes. Ces sources sont presque toujours très-nombreuses , et nous nous sommes fait un devoir scrupuleux de n'en omettre aucune, du moins volontairement : plus d'une fois c'est à celles que l'on aurait jugé les moins dignes d'attention que nous avons dû les plus utiles documents. La série complète des voyageurs qui ont laissé des relations plus ou moins étendues sur chaque région du monde a été pour notre travail ce que les vieilles chroniques, les archives officielles, les mémoires contemporains, en un mot les monuments de toute sorte transmis de siècle en siècle, sont pour les investigations de l'historien qui entreprend le premier de tirer les annales d'une nation de cette masse de titres originaux où elles sont enfouies. Un appendice purement bibliographique que nous avons joint à l'histoire de chaque contrée, et auquel nous donnons assez d'étendue pour qu'aucun nom de quelque intérêt n'y soit omis, fournira d'ailleurs un guide fidèle soit pour étudier plus à fond une question spéciale, soit pour se former une bibliothèque géographique.
Les immenses travaux de l'érudition moderne sur les origines des peuples, sur l'affinité ou la diversité des langues , sur les migrations primordiales des races humaines, sur les rapports et la propagation des croyances et des cultes primitifs, de même que sur les époques moins reculées de l'histoire des nations et sur l'histoire
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physique du Globe terrestre , ces travaux d'un si puissant intérêt et qui ont acquis depuis un demi-siècle une si vajste portée , sont aussi une mine précieuse où nous avons largement puisé. Une histoire géographique de la Terre, en prenant ce beau sujet dans son acception la plus vaste telle que la lui donne notre pensée, resterait bien souvent imparfaite, si Thistorien , se renfermant strictement dans le cercle des voyageurs , laissait en dehors de ses recherches les travaux de pure érudition qui expliquent , étendent ou complètent leurs indications et leurs observations directes. Les judicieuses études linguistiques ou archéologiques d'un Klaproth, d'un AbelRémusat, d'un Burnouf , d'un Lassen, approfondissant dans la méditation du cabinet les documents rapportés par les explorateurs ou quelquefois recueillis par eux-mêmes, comparant ces documents soit entre eux soit avec l'ensemble des autres monuments connus, et faisant jaillir de ces rapprochements, toujours dirigés par une saine critique , les résultats lumineux dont va s'éclairer l'histoire de toute une époque ou l'ethnologie de toute une région , ces études sont aussi de véritables découvertes, qui ne sauraient se séparer des découvertes des voyageurs.
Il est une partie trop souvent négligée dans les livres relatifs aux voyages et à laquelle nous avons attaché une très-grande importance : c'est la rédaction des cartes dont notre travail est accompagné. Nous avons voulu que chacune de ces cartes, dressée sur les relations mêmes des voyageurs et sur les meilleurs documents géographiques et hydrographiques qui existent en Europe , fût la traduction exacte , le résumé complet et palpable de la portion de notre ouvrage à laquelle elle se
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rapporte; nous avons voulu qu'elle montrât clairement à rœil quelles parties d'une contrée sont bien connues, quelles parties ne le sont que d'une manière imparfaite , quelles parties sont encore ignorées ; qu'elle fût , en un mot, la fidèle expression de l'état précis des connaissances géographiques acquises sur un point donné du Globe. Tel est à nos yeux le principal objet auquel doit tendre une carte réellement scientifique, bien qu'un trop petit nombre soient de nature à satisfaire à cet égard celui qui exige d'une carte de géographie autre chose que ce qu'elles sont le plus communément , le produit purement manuel d'un travail sans étude et sans critique. Une bonne carte de géographie est une œuvre plus difficile, peut-être, et certainement d'une utilité plus pratique et plus générale, que la meilleure description écrite : aussi n'avons-nous pas cru pouvoir en confier la construction à des mains étrangères, malgré l'énorme surcroît de travail qui en a dû résulter pour nous. Nous avons joint d'ailleurs à la plupart de nos cartes une analyse critique qui en expose et en discute les divers éléments , et qui met ainsi les hommes spéciaux à même d'en apprécier rigoureusement la valeur. Quant à l'exécution graphique, à cette partie, notamment, qui se propose de figurer le relief du sol , nous n'avons rien négligé pour l'obtenir d'une manière aussi approchante que possible de la nature même.
Au surplus , jamais époque ne fut plus favorable que la nôtre à l'ouvrage que nous entreprenons. Depuis un demi-siècle, les sciences d'observation ont fait d'immenses progrès , et la connaissance du Globe terrestre , en particulier, s'est enrichie d'une multitude de faits nouveaux. Préparés par de bonnes et fortes études, la II, c
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plupart des voyagews moderneB expirent d'une mftiiière généralemeM plus fructueuse qu'on ne Tavait fait avant eux les pays où se portent leurs pas ; et il est bien peu de contrées sur lesquelles nous n'avons eu ain^des dbservations récentes qui étendent , complètent où rectUtent les notions antérieures. Jamafê les Gouvememente ne s'étaient autant qu'aujourd'hui piqués d'une noble et généreuse émulation pour l'eneouragement des grandes expéditions seientifiques ; jamais non plus un aussi gr^stnd nombre de Sociétés savantes n'avaietit éclairé d'une aussi vive lumière les points encore obscurs des sciences f^ysiques ^ historiques et géographiques. Aussi est-il résulté , de cette simultanéité d'efforts et de travaux, une masse énorme de matériaux d'une haute valeur. Mais cette abondance mênae de richesses nouvelles , ajoutées à celles que nous ont léguées les siècles précédents, commence peut-être à en rendre l'usage difficile. Le moment est venu, nous le croyons, de fournir à l'étude un guide exact au milieu de cette accumulation de documents; nos progrès sont aujourd'hui assez grands sur tous les points , pour qu'il soit devenii nécessairç de les résumer dans un cadre commode , ne serait-ce que pour indiquer nettement quels travaux ultérieurs restent encore à accomplir.
Telle a été la pensée de l'œuvre à laquelle notre vie tout entière est désormais consacrée.
Qu'il nous soit permis en finissant d'exprimer ici riotre gratitude envers ceux qui déjà nous y ont prêté une Utile assistance. Au premier rang après les conseils et les cetth munications des savants qui ont pris à notee trarràil un intérêt dont nous les remercions du fond de l'âme et qni a été pour nous un puissant encouragement , mm de*-
VOAS placer te iNréeieui seooars de notre BtMiMhèqoe Royale. Janutis établissement de ce genre n'a répcmdu aussi complètement que celui^i au noble but de 0€to iûstitution. Admiré des étrangers qui nous Tenyient , rie magnifique dépôt des productions enfantées par Fesprit humain dans tous les siècles et chez toutes led natioAs policées éa Globe, est certainement le premiel* de l'Europe non -seulement par rinmaense aceumuiaUon des trésOTs qu'il renferme , mais surtout par respnrit libéral qui a pré^dé à son organisation » aussi bien que par Tempressement bienveillant et l'inépuisable complaisance d« personnel nombreux des Conservateurs , occupant eux-mêmes, pour la plupart, un rang distihgué dans les lettres et dans les sciences. La plus longue vie, aidée d'une fortune princière ^ ne suffirait souvent pad à réunir dans une collection privée l'innombrable quantité de matériaux nécessaires pour un grand travail histon(}ue ; et un ouvra^ tel que le nôtre eût été à peu près impos* sible, si un aussi riche dépôt ne nous eftt été eu?ert. Nous devons une mention particulière à la division de la Bibliothèque Royale qui a spécialement pour objet les Cartes Géographiques , ainsi qu'au savant respectable si bien placé à la tête de ce département qu'il a en quelque sorte créé, et qui chaque jour encore travaille avec tant de zèle à en augmenter les richesses. Le nom de M. Jomard est connu en Europe de quiconque prend intérêt aux sciences géographiques. M. de Saulcy , de l'Académie des Inscriptions , que ses admirables travaux de numismatique et d'épigraphie orientale ont placé au premier rang des maîtres de l'érudition moderne , a bien voulu nous promettre le concours de son profond savoir pour les parties de notre travail sur les-