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ses dons les plus rares ; aussi les poètes de Tantiquité et les voyageurs des temps modernes ont-ils célébré comme à l'^vi les charmes enivrants et les molles langueurs du climat parfumé de rionie.
De l'ouest à Test , depuis TArchipel ou mer Egée jusqu'au cours moyen de TEuphrate , T Asie-Mineure a une étendue de 225 lieues environ, mesurées à l'ouverture du compas (0- du nord au sud , entre le cap Kérempèh sur la mer Noire et le cap Anemour sur la Méditerranée , sa plus grande largeur est de 160 lieues. Sa moindre largeur , du golfe de Kérésoun au fond du golfe de Skandéroun , ou de l'embouchure de la Sakaria au fond du golfe de Satalièh , est de 110 lieues 5 on peut compter 130 lieues pour sa largeur moyenne. C'est à peu près , en y comprenant les îles qui bordent au sud et à l'ouest les côtes de la Péninsule , la grandeur de la France W.
Tracer dès à présent un tableau détaillé de l'aspect physique de TAsie-Mineure, ce serait devancer les notions que la suite seule nous doit fournir à cet égard *, il nous suffira d'en esquisser les traits principaux, afin de ne pas demeurer tout à fait étrangers à la configuration générale d'une région dont nous avons à rechercher la population primitive et à suivre l'histoire géographique à travers l'antiquité et le moyen âge , avant d'arriver au récit des explorations modernes dont elle a été l'objet et qui nous Tout mieux fait connaître.
Un vaste plateau d'une élévation considérable forme le centre de la Péninsule ; sillonnée sur différents points par des rides ou par des montagnes plus ou moins saillantes, la surface de ce plateau n'offre , dans une partie notable de son étendue, que des plaines découvertes ou des lacs sans écoulement. Les bords extrêmes de cette haute région centrale, tantôt découpés en arêtes plus ou moins abruptes,. tantôt se dessinant en gradins superposés ou s'abaissant en pentes insensibles, tantôt -enfin s'appuyant sur des chaînes de montagnes élevées , dominent du côté du levant les plaines de la Mésopotamie , et font face
*■ Nous comptons toutes nos distances en lieues de 25 au degré.
* Il est i peine nécessaire d'avertir que ces détails de géographie positive ne peuvent être lus d*une manière utile qu'en ayant sous les yeux la carte d« rAsie-Miaeure qui accompagne ce volume.
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des trois autres cotés aux mers qui baignent le pourtour de la Péninsule. On a comparé ces hautes plaines du centre de l'Asie Mineure à un large cône tronqué vers sa base, et déchiré sur ses flancs par des vallées plus ou moins profondes qui s'ouvrent toutes sur l'Ëuphrate ou sur la mer : cette comparaison ne manque pas de vérité , et peut donner une idée assez juste de la configuration de l'Asie-Mineure.
Envisagée ainsi dans son aspect le plus général , abstraction faite des modifications de détail qu'un examen plus attentif y ferait apercevoir, la Péninsule se partage naturellement en un certain nombre de régions physiques nettement tranchées et parfaitement distinctes. Le plateau central constitue la première de ces régions ; les autres sont formées par chacune des grandes pentes , qui , des bords du plateau où elles s'adossent vont se terminer ou à la mer ou à l'Ëuphrate, et que sillonnent divers systèmes d'eaux courantes formant autant de bassins généraux. On peut ainsi distinguer une pente inclinée au nord , portant à la mer Noire le Thermèh ou Thermodon, l'Iris ou lékil-Ermak, le Haiysou Kizil-Erraak, le fleuve le plus considérable delà Péninsule, le Parthénios ou rivière de Bartin, et le Sangarios ou Sakalia ; une seconde pente inclinée dans la même direction , et conduisant à la mer de Marmara ou Propontide , dont elle est tributaire, les eaux classiques du Rhindaque, de l'OEsepe et du Graoique ; une troisième pente dirigée à l'ouesty et fournissant à la mer Egée les eaux non moins célèbres du Caîque et du Hernies , du Caïstre et du sinueux Méandre ; une quatrième pente inclinée au sud , et portant à la Méditerranée proprement dite les eaux torrentueuses du Xanthos, du Kataraktès, du Kalukadnofi, du Kudnos ou rivière de Tarsous, du Saros et du Fyramos, aujourd'hui déguisés sous les noms turks de Sihoun et de I>iihoun ; enfin, une cinquième pente générale inclinée à l'est , entre le plateau et le cours de l'Ëuphrate , fournissant à ce dernier fleuve, entre autres affluents moins notables, la rivière de Dévriki et l'ancien Mêlas , aujourd'hui connu sous le nom local de Tokmah-Sou.
Dans cette succession de bassins contigus qui forment une zone circulaire autour du plateau central , chacune des régions naturelles que nous venons d'énumérer se distingue par des
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traits qui lui sont essentiellement propres. De région à région, le climat et les productions ne diffèrent pas moins que l'aspect et la configuration du sol. Tandis que le plateau lui-même doit à son élévation , et peut-être aussi à d'autres causes locales dont la géographie physique ne s'est pas suffisamment rendu compte, un climat généralement plus froid pendant l'hiver que ne semblerait l'indiquer la latitude ] tandis qu'au nord-est, sur les côtes de la mer Noire, plusieurs rangées parallèles de montagnes chargées de forêts séculaires, font régner sur les profondes vallées de cette région sauvage un ciel âpre comme le sol et les habitants ; tandis qu'au sud , la ceinture des montagnes gigantesques qui forme de ce côté, sous le nom de mont Taurus , l'escarpement du plateau central, laisse entre elles et la côte cilicienne une suite de plaines alluviales exposées pendant les longs mois d'été aux feux d'un soleil dévorant, les larges et fertiles vallées de l'ouest, doucement inclinées entre la mer Egée et les hautes terres qui les dominent, jouissent presque sans interruption d'une admirable température. C'est là, nous l'avons déjà dit, qu'il faut chercher ce tiède et beau climat d'ionie aux douces influences duquel se sont autrefois si rapidement développées , dans la poésie , la littérature, la philosophie et les beaux-arts , les rares qualités de l'esprit hellénique.
Un autre trait saillant de la géographie naturelle de cette grande région est le nombre considérable de volcans éteints qu'elle renferme. La disposition même de ces anciens volcans est remarquable. On les voit non pas jetés au hasard dans l'intérieur de la Péninsule , mais bien rangés en ligne continue au jjourtour même du plateau central , qu'ils enveloppent en quelque sorte d'une ceinture de cratères ignéens. Le géant de l'Asie Mineure , le mont Argée , dont le front neigeux se projette en pic isolé à une hauteur de plus de 4000 mètres vers l'extrémité orientale du plateau, les domine tous de son énorme masse Irachy tique. L'imagination ne se reporte qu'avec une sorte de terreur religieuse vers ces époques de l'histoire de notre globe antérieures à l'histoire de l'homme , où le plateau qui forme le noyau de la Péninsule , alors immédiatement baigné par les eaux de la mer, n'offrait encore qu'une large masse volcanisée dont les vingt cratères vomissaient à la fois contre le ciel les