ASIE-MINEURE. [1'*^ SIÈCLE AP. J
mière sôus le nom nouveau de Prusias , la seconde sous celui d'jépatneïa Ci), Une seconde Prusa^ que Ton a quelquefois confondue avec la première , avait été fondée par Prusias , roi de Bithynie , au pied du mont Olympe -, peu considérable du temps de Strabon , cette Prusa de l'Olympe acquit par la suite une célébrité et une importance qu'elle conserve en partie sous son nom actuel de Brousse. L'embouchure du Rhyndak , un peu à Touest d'Apamée , paraît avoir marqué de ce côté la borne extrême de la Bithynie , quoiqu'il fût difficile d'assigner des limites précises aux territoires respectifs des Bithyniens , des My siens et des Phrygiens. A l'extrémité de la longue presqu'île que forme la Propontide et le Pont-Euxin , et que l'étroit canal connu sous le nom de Bosphore de Thrace , plus anciennement Bosphore Mysien, sépare de l'Europe, les Bithyniens possédaient encore Khalkèdôn^ KaXxTjSwv , non loin du bourg de Khrysopolis , KpuaoTtoXi; , assis sur la pointe même qui faisait face à Byzance. Skutarijou, comme disent les Turks, Ouskoudar, occupe aujourd'hui l'emplacement de Khrysopolis -, Khalkèdôn (vulgairement Ghalcédoinè ) , est représentée par un village que les Turks nomment Kadi-Keuï , le village du Kadi. Le cours inférieur du Sangarios , la plus grande rivière de la Bithynie, avait marqué , au temps du Grand Mithridate , la limite occidentale du royaume du Pont (2).
La GaladCj ainsi nommée des Calâtes ou Gaulois qui étaient venus s'y établir près de trois siècles et demi avant le temps de Strabon C^) , s'étendait au sud des Paphlagons et dans le sud-est des Bithyniens , sur une portion de l'ancientie Phrygie. Strabon fait connaître avec détail l'organisation civile et politique de cette horde étrangère , qui était venue échanger ici contre un établissement fixe et une vie sédentaire ^ ses anciennes habitudes de peuple nomade. Pessinûs^ leur place la plus considérable, à 150 stades ou 6 de nos lieues environ , des sources du Sangarios, était renommée par son ancien temple phrygien d'Agditis , ou
» Prusias est aujourd'hui le bourg de Ghemlik, auquel les Grecs conservent son nom primitif de Kios sous la forme de Ghio. Myrleîa, ou Apamiée, est Moudania , qui donne maintenant son nom au golfe.
> Strab. lib. XII, p. 5/i2-43, 563-066.
' Ci-dessus, p. 351.
A&tfi-MINBDRE DE 8TRÀB0N. GALATIB. 397
la Grande-Déesse, dont rorigine était indubitablement cappadocienne : cette ville a été anéantie durant les bouleversements qui accompagnèrent les invasions et rétablissement des hordes turques CO. Au temps de sa prospérité, Pessinûs, comme la Komana du Pont, avait été à la fois un sanctuaire religieux et un grand centre de commerce. Anhura^ ou Ancyrty qui n'était alors qu'une forteresse obscure , a hérité , sous son nom actuel d'Angoura, d'une partie au moins de l'ancienne importance de Pessinûs. Les bords du haut Sangarios , dans la région où Pessinûs était située, offraient à la curiosité du voyageur de nombreux vestiges d'anciennes habitations des rois phrygiens. Ces restes de la grandeur passée de la dynastie nationale n'avaient pas même, dit Strabon , conservé traces de villes : ce n'étaient plus que des bourgades un peu plus considérables que les autres. De ce nombre était Gordion^ illustrée par la visite d'Alexandre le Grand, qui sut y faire parler en faveur de sa fortune le présage de domination universelle attaché au nœud célèbre de Midas W.
« Après la Galatie, poursuit Strabon , on trouve au midi le lac Tatta , situé le long de cette partie de la Grande-Cappadoce voisine des Morimênes; ce lac appartient à la Grande-Phrygie., de même que le pays qui lui est contigu jusqu'au mont Taurus. Les eaux de ce lac se changent naturellement en sel ; et cette concrétion se forme si«aisément autour de ce qui touche ses eaux, qu'en y plongeant des cercles de corde on les relire convertis en couronnes de sel. Si des oiseaux viennent à effleurer les eaux du lac, leurs ailes s'embarrassent tellement par le sel qui s'y attache, qu'ils tombent aussitôt et sont pris C^). »
Strabon continue de décrire le grand plateau phrygien. Im-
i M. William Hamilton a cru en retrouver les ruines au Tillage turk de Baba-Hissar , à mi-chemin environ d'Afioum-Kara-Hissar à Angoura. Res. in ^siOrMin. I, 4^1.
* Strab. lib. XII , p. 566 et suiv.
5 Llb. XII, p. 568, t. IV, 2' part. , p. 94 de la trad. fr. MM. Hamilton et Ainsworth sont les premiers voyageurs modernes qui aient bien étudié la nature du lac Tatta , nommé anjourd*liui par les habitants Touz-Gheul ou lac de Sel, et qui en aient correctement dessiné les contours. Foyez dans le TOlume suivant , le précis de leurs reUllons.
S98 A4I1*«I1|«I7UI. [V^ SIÈCLE kP. I.-C.
médiatenaent après le lac Tatta, du cAté da sud, tt'étaadentkB plaines montueuaea, froides et nues, des Lyimmens. Malgré la disette d'eau qu'on y éprouve» les moutons y puUulaai meFTfiillausemenl, mais ils y donnent une laine rude. Aoiiûm, lieu de peu d'importance, était ta ville principale des Lykaoniens doat elle rappelâ|it le nom , qui subsiste encore ^aiijouFd'hui danseelui de Konièb. Deux laos assez élieqdus situés dans la menue contrés, Kôralisei Tr4ghiH9y se retrouvent .ascâve sous 1q» bouib de Kéréli et de Sogbla ^^h .
Les parties de la Lykaonie qui touchaient imoiédiatemsnl an Taurus portaient le nom particulier d'/Miim. Ces cantons Drivaient poiqt da villes \ les habitants, réunis ddns de misérables bourgades et retranchés daus la profondeur de leur^montagneq, désolaient p^r leurs déprédations toutes les terres ^sviponnaj^e^. Pirates en môme temps que brigands, ils possédaient nombne da forteresses la long de la côte que. borde cette partie du Taupus. La réduction sur mer et sur terre de ces populations pillaiides, avait coûté aux Romains de longs efforts (^) \ et on les retrouvent plus tard infestant de nouveau les mêmes piarages, quand Teoipire affaibli et démembré cessera de les contenir par la force ou par la crainte.
Les Puii%9m^ ccmtigus aux Lykaoniens versVouest, babitaiest comme ceux-ci les hautes vallées du Taurus. Beauooup de ces vallées , malgré la difficulté des lieux qui les envimnnept, se laissent pas d'être fertiles et bien cultivées (^). Les villes prioc(pales des Pisidiens étaient SûghÂ, Sagalas$08^ Isionda,^ TermessQSy que les marches d'Alexandre, et l'expédition de Cn. Manlius contre les Calâtes, nous ont déjà fait connaîtra.
Le nom de Phrygie s'étendait sur une très-grande partie de l'intérieur de la Péninsule, entre les Lyciens, les Pisidiens, Ips Lykaoniens 5 la Cappadpce, le^ Galates, la Bithynie, la Xysie voisine de THellespont , la Lydie et la Carie (*) 5 c'est aax dépens de la Phrygie , nous le savons , que les Galates avaieBt formé leur vaste établissement dans l'Asie-Mineure. On appelait
* Strab.,lib. XII,p.568.
» Id., ihid.
• Ihid. , p. 569 et suiv.
♦ Ihid, , p. 571 et sulv.
«pëcialement Grande-Pkp^e les parties eentrales de cette di* vision eonsMérable de la Péninsule, distinguant par la dénooii* Dation de Petiêe-Phryffw les cantons beaacoup moins étendus qui tsonânaient à la Bitbynie et aux terres my siennes, et qui bordaient le pied de l'Olympe. Cette petite Phrygie reçut le nom de Phrygie- Épi€iêie(aJ0iMlée^ annexée) ^ lorsque Prusias, roi de Bitbynie, la céda au roi de Pergame , qui Tincorpora à ses États. Ajoutons que l'on distinguait eneé»repar le nom de Phrygk-Parorée (qui longe les montagnes ) , les parties contigués au Taurus pisidien. La Phrygie eat un pays partagé entre des plaines d'une vaste étendue et une longue suite de montagnes , se prolongeant depuis te Taurus auquel elles se rattachent jusqu'au groupe septentrional que domine, non loin d« Prusa , le haut sommet de rOlympe. Les notions cfaorographiques que possède Strabon aur cette grande province , n'ont pas à beaucoup près le détail de celled que son ouvrage nous oflre pour d'autres portions de la Péninsule , telles , notamment , que certaines parties du Pont et les côtes de la mer Egée. On voudrait trouver ici de ces vues d'ensemble qui mettent en relief les traits saillants de toute une région naturelle , et en forment en quelques lignes un tableau dont l'esprit saisit sans peine les grands linéaments , cadre général où les détails se classent et se coordonnent ensuite avec clarté. Il ne faut pas, nous l'avons déjà dit, chercher dans 8trabon , non plus que dans aucun autre géographe ancien , de ces larges aperçus où la géographie physique encadre et circonscrit comme en un riche panorama les arides détails de la géographie politique. Strabon , il faut le dire à sa louange , eut le sentiment de cette méthode descriptive qui procède à la fois de la rigueur scientifique et de la touche animée du peintre ; mais trop souvent les éléments lui manquèrent pour rester fidèle à cette méthode , dû doivent s'allier et se fondre en quelque sorte la froide précision de l'astronome , la rigueur mathématique de l'ingénieur , la scrupuleuse exactitude du statisticien , l'investigation laborieuse de l'historien et de l'antiquaire , échauffées et. colorées au contact vivifiant de l'imagination. Outre le talent de l'écrivain , une telle manière de procéder dans la descriptioa de la terre suppose une masse de renseignements précis sur toutes les parties de la géographie naturelle dont les anciens res^
400 ASlfi-MIlItUES. [t*' SIÈCLE AP. J.-C.
tèrent toujonrâ à une énoroie dists^ce , et que Doiis-inêfties Bomines loin encore de posséder à uq degré auftsi complet qu'on le pourrait désirer. L'art d'obs^*ver les faits physiques , et particulièrement ceux-là mêmes d'où le géographe peut déduire le relief orographique d'une grande région, était né à peine quant Strabon écrivait : ainsi donc , n'attendons pas de lui à cet égard plus qu'il n'a pu nous donner. Chez lui , nous trouvons des détails, rarement des masses; ou s'il essaye de grouper en une vue sommaire les données qu'il a réunies sur tout uo pays, il règne presque U>ujours dans ses généralités un vague , un défaut de liaison et d'ensemble, qui tiennent a cette absence de notions précises sur le relief du sol ^ notions en dehors desquelles il n'y a pas de bonne da^ription possible.
Les deux villes principales de la Grande-Phrygie étaiejQt Laodikéia (Laodicée ) , et Apam^ surnommée Kibùtos , le Coffre, ou l'Arche CO. La première montre ses ruines près d'un lieu que les Turks nomment Ëski-*Uissar ou le Vieux-Château , à qudques lieues au sud du haut Méandre ; on a retrouvé l'emplacement de la seconde à Dinaïr C^) , près de la source même de ce fleuve célèbre par les sinuosités de son cours. Âpamée avait succédé à une ville plus ancienne que nous avons mentionnée à plusieurs reprises avec Hérodote et Xénofdion, sous le nom de Kélaïnai. Le pays où elle est assise , de même que toutes les parties de la Phrygie voisines de la Lydie et de la Mysie, était sujet à de violents tremblements de terre, qui plus d'une fois, avant le temps de Strabon, y avaient^ausé d'affreux bouleversements. Un lac situé entre Laodicée et Âpan^e y et dont Strabon dit que bien qu'il ressemble, à une m^ par sa profondeur , il exhale une odeur de bourbe, ne peut être que le lac Tchardak des relations modernes. Le commerce avait fait d'Âpamée la seconde ville de l'Asie : Éphèse , sur la cote ionienne , tenait alors le premier rang.
^ L'explication de ce surnom esl fort incertaine; .qaelques-uns, se fondant surtout sur un vers de Tancienne Sibylle, ont voulu la rattacher à la tradition diluvienne. Cf. Strabon lul-niérae, Ilb. I, p. 49 C; Lycophron, Cass.y v. 73, et les remarques de Canlerus aâ A. loe,
* Et non à Afioum-Kara-Hissar, qui est beaucoup plus loin au Nord, comoie Vavait cru d* An ville.
Afim-HINEUftE DE 8TRAB0N. MYSIE. 40î
Les autres villes que Strabon nomme en Phrygie ne méritent pas de nous arrêter , si ce n'est Synnada , célèbre par ses beaux marbres pareils à de Talbâtre , dont s'alimentait le luxe architectural delà ville des Césars (»). Kotia^on , devenue par la suite la capitale de TAnadoli turk sous le nom de Kulaièh , n'était alors qu'une bourgade obscure.
La Mym , qui confine à la Phrygie du côté du nord et du nordouest, et qui a la Bithynie pour limite orientale, s'étend depuis la Propontide , dont elle borde les cotes , jusqu'aux rivages de rÉgée , où elle vient se terminer vers le Caïque. La partie de cette contrée voisine de la Propontide et du mont Olympe , avait reçu de cette proximité le surnom &Olympène. Le géographe a d'ailleurs soin d'avertir que les limites entre les habitations des Mysiens, des Bithyniens et des Phrygiens sont ici difficiles à déterminer d'une manière prédse (^\
11 Les terres qui environnent Y Olympe , dit Strabon , sont assez bien habitées; ses hauteurs sont garnies de forêts prodigieuses , et ToD y trouve des endroits fortifiés qui peuvent servir de retraite aux brigands (^). »
Au pied de TOlympe, du côté de l'ouest, s'étend un lac con- BidérsJ)le où vient se perdre le Rhindak, qui en ressort plus loin pour aller se jeter dans la Propontide après avoir reçu le Makesios : ce lac empruntait son nom d^^ponolUatis d'une ville d'^ponolKa^ aujourd'hui Aboullionte, située sur ses bords. Deux autres lacs moins étendus se voyaient dans le même canton ; l'un s'appelait le lac des Daskylù>n^ V^mirede Milétopolis^ deux noms empruntés à des villes voisines. La nature , plus stable que les établissements des hommes, conserve encore aujourd'hui ces traits de conformation physique que le géographe ancien a décrits ; mais les villes qui les animaient ont disparu , et leurs ruines mêmes, dispersées sur le sol ou cachées sous les grossièrcshabitationsdu paysan turk, échappentsouventàla recherche curieuse du voyageur. Un pauvre village nommé Balkiz occupe maintenant l'emplacement où la ville de Cyzique (KuÇixoçj
1 Afioum-Kara-Hissar s*est élevée non loin de l'emplacement de Synnada.
> Strab.llb. XII. p. 571 et sufîv.
» /d., p. 574, t. IV de la trad. fr., 2* pari., p. 114«
Ion im-MWBUlUe. [l** SIÈCUE àP. !.-€.
Kyyik ) déployait ftk>i^ la splendeur de çea édifioen qu'adxpirait l'Asie. Située au cqI môme de Tisthme artificiel qui rattachait rUe du même nom au coptioent , Cyxique voyait se presser de nombreux vaisseaux dans chacun des deux ports que séparait cet isthme. Une petite ville très -ancienne déjà mentionnée par Hérodote sous le nom d'jirtakê^ et qui parait n'avoir 4té du temps de Strabon qu'une bourgade iosiguifiante , a transmis son nom au village actuel d'Artaki, voisin de Balkiz , plu» heureuse en cela que la superbe Cyzique dont tout a péri , jus*qu'au nom.
De cette frontière occidentale de la Mysie , marquée parle cour? de VEsèpe , Strabon nous conduit dans la Troade (0. Ici mille souvenirs des anciens temp^, évoqués par la plume magique d'Homère , viennent planer sur des lieux qui déjà, quand Sti*aboa les décrivait, n'étaient plus qu'un désert couvert de ruines. Chaque nom qui s'offre au géographe dans cette topographie dont il fallait emprunter en partie les détails à la tradition , devient pour lui l'occasion d'une dissertation archéologique; il n'y apa$ un village dans cette terre consacrée, pas un monticule, pas ^ne rivière ou un ruisseau, dont le nom me semble l'écho des vers immortels du poète. Pour nous , qui déjà avons tracé fort en détail la géographie homérique du royaume de Priam , nous passerons rapidement sur ce long chapitre du géographe grec : plus tard, d'ailleurs, quand les explorations des voyageurs modernes nous ramèneront stir le théâtre des combats de l'Iliade , nous réunirons dans un tableau d'enseipble l'histoire géograr phique de la Troade à toutes les époques de l'histoire, et alors seulement nous pourrons aborder certaines discussions, qui maintenant seraient anticipées. Bornons-nous donc à recueillir le petit nombre d'indications géographiques qui appartiennent spécialement au siècle de Strabon. La Troade, nous le savons, ept dominée par un groupe de montagnes auquel les temps héfpïques avaient attaché le nom d'Ida , et dont le Gargs^ra est à U fois le point culnoinant et l'extrémité méridionale ; sur la disposition de cette chaîne , non plus que sur les nombreux cours d'eau qui en sortent pour aller se perdre , soit dans la Propon-
i Surat). lib. XIII , p. 581 et 9uiv,
AUS^MINEURM M tTfeAiOK. TROAftB. lOg
tide, ioit dans THellespont , le Géographe n'ajoute rien absolu-* ment aux notions qu'en avait données le Poète.
Priapoi est la première ville que Ton rencontre sur la céte de la Propontide, après avoir passé la bouche du Graniçti^quisuo* cède à celle de l'Ësèpe ; après Priapos, viennent Parian , Pitya et ProkofMêsoêj puis rentrée de T^e/^pon^ Lampsaque^ AifA« <}^axo< , avec un bon port , était une place plus considérable que les précédentes \ elle a gardé jusqu'à nos jours sa position et son oom , inaltéré dans celui de Lamsaki. Ni Lampsaque , ni Parion , n'existaient au temps d'Homère. Un peu plus bas , Ahydos faisait face, comme au temps du poète , à la ville européenne de Sestoa , située dans la Khersonèse thraoique. C'est la qu'est la partie la plus étroite du canal , point que les Grecs désignaient aous le noïn d'Heptastaiion^ ou les Sept Stades ; ce fut là aussi que Xerxès jeta un pont pour le passage de son armée.
Au delà d'Abydos est Ilion , ville dont la fondation est posté» rieureà la destruction de l'Ilion homérique, et qui n'occupait pas non plus le même emplacement , quoi qu'en dissent les habitants. C'est cette nouvelle Ilion que visita Alexandre lors de son passage en Asie ^ et bien que Lysimaque , on des succès* fieurs du conquérant macédonien , fidèle à la pensée que celui-ci avait eue de rendre à la ville quelque chose de l'éclat qu'avait gardé son nom, l'eût agrandie et entourée de murs, ce n'était encore qu'une place bien chétive à l'époque où elle passa sous la domination romaine. Plus loin au sud , une place fondée sur la côte, ou du moins agrandie par le même Lysimaque, et qui reçut de lui le nom d'Mexandrie- Troyenne (jéUxandria Troas]^ œoupait, vis-à-vis de l'île de Lesbos, l'emplacement de plusieurs de ces bourgades honorées du titre de villes dans les temps héroïques. Les ruines de cette Alexandrie prouvent qu'à une époque plus rapprochée de nous que le temps de Strabon , son heureuse situation et la commodité de son port en avaient fait une ville importante.
La pointe avancée que projette la Troade sur la mer Egée portait, comme dans les poëraes d'Homère , le nom de promontoire Lekton (le Lectum promontorium des Latins) \ à partir de ce cap , la côte tourne brusquement à l'est pour aller former un enfoncement considérable nommé golfe d'Adramyttion. A$$o$
404 A8tE-lliNfil}ll£. [1*^ SIÈCLE iP. i.-C.
et Antandros , que le navigateur apercevait sur cette côte à laquelle fait face 1 ile de Lesbos^ étaient des villes moins notables que celle d'jédramyUion^ qui donnait son nom au golfe. Mais aucune ne pouvait rivaliser, ni par la richesse, ni par la grandeur , avec la ville de Pergame , ITépYa[xoc , quoique celle-ci ftt déjà déchue de lasplendeur où elle était arrivée, lorsque sous les rois successeurs d'Attalc elle avait eu le rang de capitale du roj'aume d'Asie. Le Kaique , KaVxo; , coulait non loin de Pergame pour aller un peu plus bas verser ses eaux dans le golfe Élaïiique. £/<ea, ou plutôt Élaïa^ EXa(a, à douze stades, oa deux kilomètres, au sud de la bouche du Kaique , était sur la côte la dernière vilje des Éoliens , et marquait ici la frontière de la Mysie.
La Lydie qui lui sucède s'étend au sud jusqu'au Méandre (*). Le Hermos , qui vient de la Grande Phrygie , traverse de Test à Touest toute la longueur da pays lydien , et le cours entier da K€^trey est renfermé dans l'intervalle du Hermos au Méandre. Les plaines qu'arrosent ces fleuves illustrés par les poètes sont les plus fertiles du monde ; mais à côté de ces riches campagnes, sur la limite commune de la Lydie et de la Phrygie, un vaste canton affligeait les regards par son aspect désolé. II semblait qu'un immense incendie eût sévi sur toute cette contrée et n'y eàt laissé que des cendres et des ruines. Ce canton avait reçu des Grecs le nom significatif de Katakékauménê ^ le Pays Brôlé. « Tout ce pays, dit Strabon , qui parle ici en témoin oculaire (*^ est dépourvu d'arbres, excepté de vignes, lesquelles produisent le vin nommé katakékauménitô, qui nele cède à aucun des vins les plus renommés. Les plainesde ce canton sontcouvertesdecendres, et les endroits pierreux ou montagneux sont noircis comme par l'action du feu. Quelques-uns se sont imaginé que cet étal du terrain a été produit par des foudres et des tourbillons enflammés, et ils ne balancent point à appliquer à ce pays la fable de Typhon. Mais il n'est point raisonnable de supposer que des feux célestes avaient brûlé une si grande étendue de pays a la fois. Il est plus probable que c'est l'eflet de. volcans dont les
> Strab. lib. XIII, p. 625 et sulv.
> C'est ce dont on a la certitude par un passage de sa descripUoo de la Lydt^t p. 030 A,
ASlE-MINEtRE DE STRABON. LYDIE. 40S
sources sont épuisées , d'autant plus qu'on y montre encore trois gouffres, à environ quarante stades les uns des autres, que Ton nomme les Souffllets (<i>u(ra() , et au-dessus desquelles on voit des coUiaes raboteuses qui paraissent formées de Famas des malières que ces gouffres ont vomies (0. » Un savant anglais, qui a visite cette région , il y a peu d'années , en géologue et en antiquaire , a confirmé l'exactitude ponctuelle du géographe; cette description de la Lydie brûlée semble avoir été tracée d'hier sur les lieux, mêmes, tant cette sombre région a profondément gardé l'eiiipreinte de l'action corrodante de ses volcans. M. Hamilton y a retrouvé, non loin de la rive gauche du Hermos, ces trois cratères éteints que les habitants nommaient les trois Soufflets W.
Sardes, Sâpoeic, l'antique capitale de l'empire de Crésus, n'a« Tait de remarquable que ses souvenirs historiques et sa citadelle ; non loin de là s'élève le Tmo/os aux coteaux fertiles. LePtutole^ qui sort du Tmolos et traverse Sardes, ne roulait plus , comme au temps des poètes , l'or qui jadis se mêlait à ses eaux. Moins élevé que le Tmolos, le mont Mesôghisse prolonge sur une plus vaste étendue, couvrant au nord toute la vallée du Méandre de* puis Apamée jusqu'à la mer Cs).
On sait combien le Méandre fut célèbre de bonne heure par les innombrables sinuosités de son cours ; pareil à tous les fleuves aux eaux peu rapides, le Méandre déplaçait fréquemment son Ht mal encaissé. On raconte, nous dit Strabon, qu'on intente des procès au fleuve toutes les fois qu'il change les limites des champs en rongeant les angles de ses rives , et que , s'il en est con-*' vaincu, on le condamne à des amendes qui sont prises sur les péages (*\
Au midi du haut Méandre, vers les confins communs de la
* Ibid,y p. 628, t. IV, 2* part., p. 253 de la traduct. fr. Comp. DIod., I)b. ni, c. 69. Nous avons dit ailleurs que, selon toute apparence, la vallée du Kalstrc avait dû son nom , devenu celui de la rivière , au même d^ptcl brûlé du terrain; et nous savons d'ailleurs que les anciens Hellènes rapportaient à la même origine le nom même de la Phrygie (de ^puYCiv» brûler). Cette étymoiogie , quoique fausse, était spécieuse.
* Beseareheê in AiUk-Minor , t. II , p. 196.
* Lib. XIII, p. 629 A, avec la correction de Gasaubon, noto, p. 232. ^ /d. }lb. Xn, p. 580 A.
4M AAii*iinnDBB. [!*' siIxili kf, j.-c.
Lydie, de la Phrygie et de la Carie, le géographe avait peine i discerner les limites précises de chacune des trois contrées. Ce qui avait surtout, dès le temps de Strabon, contribué à cette confusion dont il se plaint , c'est que les Romains , dans la distribution administrative de ces pays , n'avaient point eu égard à la différence des naticms, et qu'ils les avaient divisés iodis* tinctement en juridictions, dont chacune avait une viUe prinoi* pale , où les juges s'assemblaient pour tenir les assises (0. C'est ainsi que sous le niveau de plomb d'un peuple conquérant, les différences originelles des tribus et des races tendent iaoei^ samment à s'affaiblir et à s'effacer.
La Lydie avait ici plusieurs villes «u sud du fleuve, no* tamment Hiérapolis (2), non loin de Laodicée, ^niioeke é» Méandre i^^^ Kibyra^ surnommée la grande, K{€up<x Msy<^Xi)(^}, Sinda et KabaHi. Les traditions du pays, et certains noms lo* eaux , rappelaient dans ces cantons la présence des anciens Solymes^ mentionnés par Homère. Le district montagneux de Milyas , que nous a déjà fait connaître la géographie d'Hëro* dote , se trouvait aussi sur ces confins. Strabon nous en décrit d'une manière précise la situation et l'étendue : « On donne le nom de Milyas^ nous dit-il, à toute cette cbatne de mon* tagnes qui commence aux défilés du Tauruâ voisins de Te^ mêssos, et qui s'étend jusqu'à Sagalassos et au territoife d'Apamée (*). »
Strabon parcourt ensuite spécialement l'/omc^ c'est^à-dirê Is lisière maritime de la Lydie depuis l'embouchure du Hermos jusqu'au promontoire Posidaïon , au delà du Méandre («). Non» avons déjà énuméré avec Hérodote les villes de cette heureuse contrée, que notre géographe décrit dans un grand détail aioBi que les îles nombreuses qui bordent la côte. Ephé»^ reonffquable par ses monuments et riche d'un immense commerce, tenait alors le premier rang parmi les villes ioniennes \ aujoa^
*■ Lib. XUI , p. 626 D.
* Pembuk-Kalèh.
* Aujourd'hui ruinée. Voyez ci-dessus, p. 357» note a. ^ Site incertain , ainsi que pour les deux plftCM eulTanteft. » Lib. XIII, p. 631 C.
« Lib. XIV, p. 632 et suit.
ÀilE-MIMEDEË DE 8TRÂB0N. lONIE. 407
d'fatti Êphèse n'existe plus (0, et Smyrne^ favorisée par son heureuse situation au fond d'un vaste golfe, lui a succédé sans peut-être l'égaler.
Strabon visite de même le littoral de la Carie C^), couvert, comme celui de la Lydie, de villes d'origine hellénique, s*arrêlant à chaque pas, selon sa coutume , ici pour raconter l'histoire des endroits célèbres , là pour exposer les traditions ou rechercher les origines, ailleurs pour disserter sur la parenté ou les migrations des anciens peuples, d'autres fois pour raconter une anecdote caractéristique ou parler des hommes éminenis que chaque ville avait vus naître. Plus d'un fait curieux nous a ainsi été transmis ^ mais il ne faudrait pas s'attendre , néanmoins , à trouver dans les fréquentes excursions archéologiques de notre géographe les secours ni les lumières que les méthodes plus sévères de la critique moderne eussent probablement su tirer des sources abondantes qui lui étaient encore ouvertes. Habitué aux discussions un peu verbeuses des écoles grecques, Strabon s'abandonne à d'immenses dissertations sur de très-^tits sujets ; et dans ces longues discussions sur un vers d'Homère on de quelque autre poète ancien, illui arrive souvent d'oublier les choses pour les mots. La vraie critique historique, celle qui veut apprécier avant tout la valeur relative ou absolue des anciens monuments , qui en discute la portée et qui soit grouper dans un ordre lumineux tous les éléments d'un problème; celle qui dans une question de races interroge à la fois et soumet à un contrôle réciproque l'histoire écrite et les traditions, les langues et le type physique : cette critique, instrument si puissant dans les mains de quelques-uns de nos satants modernes , n'existait pas au temps de Strabon. Jamais les anciens ne soupçonnèrent l'utilité des études principales qu'elle suppose, l'étude comparée des langues, notamment, et celle de Ift conformation extérieure des peuples au point de vue historique. En histoire comme en physique , les sciences d'observation étaient nées à peine, et ne marchaient qu'en tâtonnant dans Thorizon borné où elles étaient confinées.
* Ses ruines font encore l'admiration des voyageurs, près d'un Heu nommé ATasalouk.
« Llb. XIV, p. 651 et sulv.
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Après les villes helléniques de la Carie maritime, lassos^ Mynde, Halicamasse^ Keramos^ Knide, Kaunos^ le géographe ne trouve à citer dans l'intérieur du pays que trois villes notables, J^ylasa, Stratonicée et Alahanda; il n'y avait plus ensuite que des bourgs , les uns de la banlieue de ces dernières, les autres de la banlieue des villes maritimes (0. StraUmick^ moins ancienne que les deux autres villes intérieures, était d'origine macédonienne , et ses fondateurs l'avaient ornée d'édiftcea magnifiques.
La grande et belle île de Rhodes arrête longtemps aussi les pas de notre auteur ; puis il revient au continent, et parcourt la LyciCy Auxîa. «La côte, nous dit Strabon, en est rude et d'un accès difficile; néanmoins on y trouve de très-bons ports, et elle est occupée par une nation sage. Son territoire est de la même nature que celui de la Pamphylie et de la Cilicie Trachée (qui viennent ensuite); mais les habitants de ces deux provinces ont fait de leur pays un repaire de brigands , soit en exerçant eux-mêmes le métier de forbans, soit en offrant un abri aux vaisseaux des pirates , et en leur ouvrant des marchés où ceux-ci viennent exposer en vente le fruit de leurs rapines : c'est à Sidê, ville de Pamphylie, que ces brigands avaient établi leurs chantiers , et c'est là qu'ils vendaient à l'encan leurs prisonniers , sans même chercher à dissimuler qu'ils vendaient des hommes libres (2). Les Lyciens, au contraire, se sont toujours conduits en hommes civilisés et sages; et quoique leurs voisins, par leurs pirateries, aient réussi (dans un temps) à s'emparer de toutes les mers jusqu'en Italie, les Lyciens n'ont point été tentés de les imiter. Ils sont toujours restés fidèles aux principes sur lesquels était réglé leur gouvernement, connu sous le nom de corps lyciaque,
» Ce corps est composé de vingt-trois villes qui ont voix dans l'assemblée publique à laquelle chaque ville envoie des députés, et qui se tient dans celles qu'ils choisissent. Les plus considé-
* Ibid, p. 658 D. Mylasa a gardé le rang de vine sous le nom de Melasso; les deux autres n'existent plus Les voyageurs ont retrouvé les ruines d'Abbanda près d'un lieu nommé ^rab-Hissar ^ et celles de Stratonicée à EsKi- Hissar, ou le Vieux Château.
« On sait que les Romains avaient à grand*peine réprimé ces brigandagesi
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rables de ces villes ont chacune trois voix , les moyennes deux, et les autres une seule voix. Elles contribuent dans la même proportion aux dépenses et aux autres charges publiques. Les plus grandes, selon Ârtémidore, sont au nombre de six : savoir, Xanthos^ Patara^ PinarOy Olympos^ Myra et Tlos, Celle-ci est située sur le chemin qui mène à Kibyra (0. » La première en rang d'importance était Xanthos^ dont il n'existe plus aujourd'hui que les ruines. Parmi les autres cités lyciennes, Strabon nomme encore Kragos^ que dominent les huit cimes de la montagne du même nom; puis Telmissos^ Limyra, Phellos^ Antiphellos et Phaselis, La plupart do ces villes nous sont déjà connues par les descriptions d'auteurs plus anciens. Les deux plus grandes rivières du pays sont le Xanthos et le Limyros. Le Xanthos avait primitivement porté le nom de Sirhès. On sait que c'est en Lycie que l'on plaçait communément l'origine du Taurus W.
Depuis l'extrémité de la Cilicie oix elle touche à la Pamphylie, jusqu'à Soloi et à Tarsos où finit la Cilicie Trachée , le pays ne consiste qu'en une lisière étroite entre la côte et la montagne. C'est à Tarsos seulement que la côte commence à s'élargir et à s'étendre en plaine au pourtour du golfe issique (3).
Olbiaj place très-forte, marquait le commencement de la Pamphylie (*) ; peu après venait un fleuve considérable nommé KatarhaklèSy qui se précipitait comme un torrent d'une roche élevée , avec une telle impétuosité que le bruit frappait au loin l'oreille du navigateur C^). Attalia^ fondée par le roi Altale Philadelphe, était à l'orient de la bouche du fleuve. Les ruines de cette dernière ville sont aujourd'hui connues sur cette côte peu. fréquentée sous le nom grec de Palaïa Attalia, Attaliala Vieille; et le même nom, prononcé par les Turks Sattalièh, a été transporté un peu plus loin à l'ouest à une autre ville , qui est l'an-
« I«ib. XIV, p. 66A, t. IV; 2* parUe, p. 355 de la trad. fr.
s Les récentes exploraUons de M. Charles Fellow ont l)eaucoup ëclalrel raDcienne géographie lycienne ; voy. le Tolume suivant.
• Ibid. , M& B.
. ^ Ibid. , p. 667.
' Comp. Mêla, 1, Ift. C'est le Douden-aen. Gorancez, iHnér». d'une jfariie peu connue de Vjliie'Min, , p. 386 ; Leake, Timr in Aeit^-Minor, p. 191, édit, in~8.
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cienne Olbia (*\ Deux rivières notables se rencontraient ensuite, le Kestros eiVEurymédôn : sur la première , non loin de la côte, était la ville de Perghê ,• sur la seconde, dans une situation à peu près semblable , celle à'^spendos. Plus loin encore on trouvait Sidê, colonie des Kuméens de Tlonie, puis le fort Korakimn^ où commençait la Cilicie.
Cette province, la dernière de TAsie-Mincure du côté de la Syrie, occupait le reste du littoral jusqu'au fond du golfe disses W. La nature Ta partagée en deux parties bien distinctes. Celle de l'ouest, âpre et montagneuse, avait reçu des Grecs le surnom de Trachée, ou plutôt TmAfc^e , Tpa^e^a , qui exprime cette nature du pays ; la seconde, presque toute en plaines, élail distinguée par Tépithcte de IlsSià; , Cilicie des Plaines Cî). Le promontoire Anemourion (Cap Anamour) est sur cette côte le point qui se rapproche le plus de Tîle de Cypre ; Kélendéris et SélewM^ SsXsuxeta, se succèdent ensuite sur ou près de la côte, parmi beaucoup d'autres lieux moins inïportants. A Soloi (Soliy dans la transcription latine), commence la Cilicie des Plaines-, non loin de là est l'embouchure du Kydnos, rivière qui sort du Taurus et passe à Tarsos ou Tarse. Nous apprenons de Strabon que les habitants de Tarse s'étaient tellement distingués par leur application à la philosophie et aux belles-lettres, qu'ils avaient à cet égard surpassé Athènes et même Alexandrie, les deux centres les plus renommés du savoir hellénique. Après leKydnoson rencontrait le Pyramos W , qui baignait les murs de Mallos^ un peu au-dessus de son embouchure. Sur le golfe issique, qiH commence vers la bouche du Pyramos, Strabon nomme le bourg d'Aigaïai , qui existe encore sous le nom d'Aïas; puis les Pyiff Amanides , défilé formé par un des épaulements extrêmes de TAmanus et par le rivage même; puis la petite ville d'/s^05, avec son port, en deçà de la rivière Pinaros; puis enfin, après
* Gorancei et Leake , loc. cit. Beaufort , Kctramania , p« 127.
* Lib. XJy, p. 66S at aai?.
> Et non Cilicie Giiampétre, comme traduisent trop littéralemant oeax^ni s'attaclient au latin , Cilicia Campeslris,
^ StraiMn oublie ici de mentionner le Saros qui se Jette dans la mer entre le Kydnos et le Pyramos, et dont il a parlé précédemment dans ta descriptif de la Kataonie. Mallos n'existe plus.
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Issos, les villes de Rôsos (Arsous), de Myriandroê^à^Alexandria (Skanderoun) , de Nikopolis, de Mopsuhestia^ et ce qu'on nomme les PyleSy qui marquent la frontière des Ciliciens et des Syriens.
Nous rapportons ces différents noms dans l'ordre même où le géographe les mentionne ; mais l'étude du local montre qu'il y a eu dans cet ordre plusieurs transpositions, et prouve ce que nous avons eu déjà occasion de remarquer précédemment (0, que Strabon n'avait qu'une notion assez peu précise de cet angle extrême de la Méditerranée.
Ici notre auteur franchit l'étroit bras de mer qui sépare la pointe orientale de Gypre de ta côte syrienne, et parcourt rapidement les lieux les plus remarquables de cette île anciennement célèbre. C'est par cette excursion que Strabon termine sa longue description de l'Asie-Mineure, description reroar^ quable à plus d'un titre , et qui, malgré les taches et les lacunes que nous y avons reconnues et que nous avons dû signaler, n'ea roste pas moins un des plus beaux morceaux de géi^raphie que l'antiquité nous ait transmis sur aucune partie du monde alors connu.
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