‹ Histoire des découvertes géographiques des nations Européennes dans les differentes parties du mondeChapitre 98 sur 123 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DBPCI5 L*APPABinOl« DES ARABES MVSITLMAN8 EN ASIE-MIUEUBE ,

jusqu'à l'Époque des croisades.

Les Arabes musulmans enlèvent aux empereurs grecs la S) rie et les provinces d'Afrique dès le premier siècle de l'hégire. — Ils franchissent les frontières orientales de l'Asle-Mlneure , poussent leurs courses et leurs ravagea dans toute l'étendue de la Péninsule, et s'établissent à demeure dans la Gilicie orientale, la Comagène et la Mélitène, ainsi que dans l'Ile de Cypre. — Deux siècles plus tard, lors du déclin du Khâllfat, les empereurs grecs se remettent en possession de ces provinces {vers le milieu du dixième siècle }•

Première apparition des hordes turques à l'ouest de l'Euphrate , au milieu du onxième siècle. — Sur l'origine des Turks et leurs premiers établissements en Perse. — Ramification en cinq branches des princes issus de Seldjouk, chefs d'autant de dynasties turques en Perse, en Syrie et dans l'Asie-Hineure. — ^Leurs conquêtes rapides à l'ouest de l'Euphrate. — Fondation du royaume Seldjoukide de Roum , ou de l' Asie-Mineure , dont Nicée , et ensuite Iconium. sont successivement les capitales. — Mœurs et habitudes des Turks à cette époque. — Transformation graduelle qu'ils ont éprouvée depuis leur établissement en Asie-Mineure, tant au physique qu'au moral. — Permanence du type grec malgré le contact des Turks. — Cause de ce double fait. —La con* quéle turque marque une nouvelle ère dans l'histoire géographique de la Péninsule.— La nomenclature de l'ancienne géographie grecque s'altère ou s'efface, et elle est remplacée par une nomenclature toute nouvelle. — Quelques remarques à ce sii^et. — Nouvelles colonies arméniennes en Asie-Mineure à la fin du oniième siècle.— Royaume arménien de Gilicie. — Notice historique.

(De l'an 700 à l'an iioo).

Une religion nouvelle était née au fond de TArabie. Renfermé d'abord dans le sein de quelques tribus que la voix inspirée de Mohammed (0 avait arrachées aux pratiques de l'idolâtrie

> Telle est la vériUble prononclaUon du nom du prophète arabe, que par un usage vicieux nous appelons Mahomet.

442 àSIE-MlNEURE. [dU 7« AU 11« gifeC. AP. J.-C.

sabéenne, le nouveau culte s'était rapidement propagé dans TArabie entière, et bientôt il en avait débordé les limites. Admirablement conçu pour trouver un puissant écho dans l'âme enthousiaste de ces rudes enfants du désert, le Koran avait éveillé subitement en eux une ardeur de prosélytisme sans exemple dans les annales religieuses de l'humanité. Pour les premiers khalifes (0, la conquête du monde n'était qu'un moyen de propagation religieuse , et le glaive un instrument de conversion. Vingt ans ne s'étaient pas écoulés depuis la mort de Mohammed, que déjà les armées musulmanes s'étaient répandues , rapides et irrésistibles comme un fougueux torrent , sur de vastes contrées de l'Asie et de l'Afrique. La Syrie fut conquise de 632 à 638, la Perse entière, entre l'Ëuphrate, le Syndh et l'Oxus, de 632 à 640, TÉgypte en 638, la Cyrénaïque en 647, Cypre et Rhodes en 649. Avant la fin du septième siècle , l'Arménie jusqu'au Caucase , et tout le nord de l'Afrique jusqu'au détroit, étaient aussi comptés au nombre des provinces du khalifat (2). Ainsi pressé de toutes parts sur ses frontières orientales par les Musulmans, qui déjà lui avaient enlevé la moitié de ses provinces d'Asie et la totalité de ses possessions d'Afrique, l'empire grec se voyait menacé de perdre encore l'Asie-Mineure, seule partie des anciennes conquêtes romaines qu'il possédât maintenant au delà du Bosphore. Cette grande province, cependant, fut une barrière contre l'invasion arabe j le flot qui avait si rapiderpept couvert les vallées du Liban , du Nil et de l'Ëuphrate, vint se briser au pied du Taurus. La Cilicie orientale jusqu'à Tarse , et deux provinces contiguës bordées par l'Ëuphrate, la Comagène et la Mélitène, furent les seules parties de l'Asie-Mineure où les Arabes s'établirent à demeure. De Tarse , d'Anazarbus et de Gerrpanicia , l^qrs postes avancés vers le Taurus, ils poussèrent très-fréquemment des expéditions dans l'intérieur de la Péninsule, et s'avancèrent même plus

* Le terme de khalife euf une acception toute religieuse , avant de recevoir un sens politique. Sa signification propre est celle de vicaire , c'est-Â-dire dé lieutenant du Propiiète.

• La conquête de la Transoxiane en 710, et celle de TEspagne de 711 à 714, achevèrent de donner à l'empire arabe la plus grande extension qu'il ait eue, depuis l'Inde jusqu'à l'Océan AUantlque.

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