SCENE I
LÈONORA , MZZIDA.
[Elles entrent par le fond.)
LÉONOR.V
Enfui , nous y voici !
NIZZIDA.
Ma mère, pourquoi donc me ramener ici ? Longtemps Vargiani prolonge son absence... Je Iremble...
LÉONORA
Mon enfant, j'ai gardé le silence Pour ne pas éveiller de crainles dans Ion cœur... Mais...
NIZZIDA , vivement.
Ah ! parlez, ma mère ! Est-ce quelque malheur ?
LÉOROUA.
Ne tremble pas. — Ilier , quand nous prîmes la Vargiani ne pût venir à notre suite ; [fuite ,
Des gardes l'ont surpris et, par ordre du roi , Jeté dans un cachot.
NIZZIDA.
Ciel !
LÉONORA
Mais, sois sans effroi , Je le délivrerai.
NIZZIDA.
Oh ! sauvez-le , ma mère , Car sans lui je mourrais.
LÉONORA
Espère , enfant , espère !
90 NIZZIDA.
Des zélés serviteurs près de moi sont venus Et d'un sombre projet nous sommes convenus ; De ton Vargiani la délivrance est sûre ; Tu le verras bientôt , ta mère te le jure.
NlZZlDA.
C'est aussi votre Ois.
LÉONORA
Je l'adopte aujourd'hui :
Pour toi, je pourrais tout, je pourrai tout pour lui. Je vous réunirai ; je vous rendrai la vie De bonheur et de paix , que l'on vous a ravie ; El moi , j'irai prier pour vous dans un couvent Où ma ûlle viendra me visiter souvent.
NIZZIDA.
Mais lui... l'ôterez-vous des mainsde leur justice?
LÉONORA
Quand je devrais marcher à sa place au supplice , H vivra.
NIZZIDA, avec effroi.
Le supplice !... Us veulent donc sa mort , Eux ?... Us le tûront !...
LÉONORA
Non ; — je te le jureencor; Attends donc sans trembler sa liberté prochaine. D'un seul mot, je saurai faire tomber sa chaîne : Si ce moyen manquait une première fois , Un autre , plus certain , nous vengerait tous trois.
NIZZIDA.
Ma mère, expliquez-moi... je ne saurais compren-
LÉoNORA. [dre.
Non, enfant ; maintenant je ne puis rien t'appren-
NizziDA, écoulant. [dre.
On vient!...
LÉONORA, reaardant au fond.
C'est Oralla".