SCENE II
ORALLA. LÉONORA.
ORALLA, de la porte du fond.
Ici, Léonora?... Quoi, vous osez encore Hanler ce palais ?
LÉONORA. , froidement.
Oui.
ORALLA.
Croyez- VOUS qu'on ignore Tout ce qui s'est passé?
LÉONORA, jouant rétonnement.
Quoi donc?... Que dites-vous?
ORALLA.
Je dis qu'hier , madame , une femme à genoux , Priait sur une tombe , à l'heure des ténèbres... Quelqu'un vint à passer près des pierres funèbres : On n'entendit, d'abord , que prière et sanglots, Puis deux voix se parlant et formant des complots.
Assez.
{Elle le regarde fixement.) De vous aussi , serais-je donc haïe ?
ORALLA.
Le croyez-vous ?
LÉONORA
Mais oui , car vous m'avez trahie.
Je suis celle qu'on vil sur la tombe à genoux , Et l'homme qui passa , comte Oralla, c'est vous.
92 NIZZIDA.
OBALLA.
C'est moi.
LÉONOHA.
Vous avez donc dévoilé ma vengeance ?
ORALLA.
Non ; j'ai fait mon devoir en gardant le silence.
LÉONORA
Quoi , vous n'avez rien dit au roi de tout ceci ?
ORALLA.
Rien , pas un mot sur vous.
LÉONOBA.
Merci, comte, merci.
Me pardonnerez-vous?
LÉONORA
Eh bien ! je vous pardonne:
Mais vous me servirez.
ORALLA.
Que votre bouche ordonne Tout, hormis l'homicide ou quelque trahison.
LÉONORA
Au-dessous de nos pieds, un homme est en prison»
ORALLA.
C'est ce Vargiani , dont on veut le supplice.
LÉONOBA.
Non, il ne mourra pas.
ORALLA.
Il faut que s'accomplisse La justice du roi.
LÉONORA
Vargiani vivra , Je l'ai dit , je le veux ; sa grâce arrivera.
ORALLA.
Ne l'espérez jamais.