ACTE V. SCÈNE V
LADISLAS
Quoi , c'est vous qui voulez i;irraoherau supplice ? Maiiilenaiit, je le vois , vous êtes sa complice : C'est vous qui, dans la nuit , avez conduit son bras, Disant dans votre coeur : Ladisla^, lu mourras ! L'enfer n'a pas voulu prolcger voire crime ; Mais, à moi, qui faillit en être la victime, Osez-vous demander grâce pour l'assassin Dont j'ai vu le poignard se lever sur mon sein ? Oh ! n'espérez jamais , jamais que je la donne : Vous, remerciez Dieu, qui fait qu'onvous pardonne. LÉONORA, froidement , sans regarder Ladislas. Voilà plus de seize ans , ici , dans ce palais , Une femme, voilée aux regards des variets. Mit au jour un enfant , fille débile... LADISLAS, V interrompant.
O femme.
Quel plaisir prends-lu donc à torturer mon àme !
LÉONORA, continuant.
Cette fille , arrachée au berceau , ce fut moi Qui lui donnai la vie ; et son père...
LADISLAS , d'une voix sourde.
Tais-loi.
LÉONORA. [Charle ,
Eh bien! si mainlenat , vous, fils de Durras- Vous voyiez à genoux , là , celle dont je parle , El si vous entendiez sa voix vous supplier De sauver le jeune homme et de le gracier?...
Mais elle est morte.
LÉOSOUA.
Non ; elle vit.
LADISLAS
Malheureuse ,
98 MZZtDA.
Tu vendrais me tromper par une ruse affreuse î Ta fille ne vil plus... el les projets seront...
i.Éo>oaA , vivement.
Js'iez donc votre sang en regardant sou front. {Elle ouvre la porte de droite , Nizzida parait el $ élance aux pieds de Ladislas.) LADiSLAs , reculant.
Ah! grand Dieu... qu'ai-je vu!...
KIZZIDA.
Par vos pieds que jembrasse.
Monseigneur, pardonnez; monseigneur, laites grâce A mon \ argiani.
LADISLAS
Fuyez , retirez-vous!
LÊONORA , bus.
Ah 1 tu trembles !
MZZIDA.
Seigneur , je vous prie à genoux .
[Bruit d'armes et de pas en dehors.)
LÉOMORA.
Entendez-vous ce bruit?. ..c'est lui que l'on entraine Au supplice.
Oh ! seigneur , faites tomber sa chaîne... — Voyez , c'est lui.
[Vargiani parait au fond , dans la galerie. Il est enchaîné et entouré de quelques hommes d'armes)
VARGIANI.
Que vois-je!... ici , Nizzida... toi!...
— Mlle n'est pas sauvée, ô Dieu , soutenez-moi !...
NIZZIDA , se jetant à son cou. [mettre.
Non , lu ne mourras point... Dieu ne peut le per-
(Lrs hommes d'armes veulent éloigner Nizzida ,
pour continuer leur marche ; Léonora les arrête
de la voix.)