‹ Histoire des délassements-comiquesChapitre 22 sur 118 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, POINTU.

POiML" , il a change de bottes et de pantalon. Me revoici, mesdames; je vous avais dit nue je n'aurais pas tardé à revenir et je vous ai tenu parole.

MAUGIERITE.

Nous parlions justement de vous; voici un jeune homme qui a habité long-temps Paris, peut-être le connaitrez-vous?

rOIMTU.

C'est possible, {à part, l'examinant) C'est un tailleur. (haut , avec préméditation.) Mais oui... je ne me trompe point... quelle ressemblance... Allons c'est lui. [Allant à Edouard.) Ne me rem.els-tu plus?

ÉDOUAUD , stupéfait.

Je ne me rappelle pas...

POIMU.

Tu as mauvaise mémoire.

Air :

Je ne su!s plus, ami , dans (a mémoire , Et ton oulili me cause <lu chagrin.

Oli ! non jamais , je n'eusse pu le croire. Qu'a ce défaut, je dus te voir enclin. Le Terre en main les bos(|uels l'ont vu naître , Ce lien si doux, ([ui m'e^tencor connu. Mais je le vois, tu ne veux me connaître. Et ta fierté banuil l'ami Pointu. ,

ÉDOiAP.D , à part.

Puisqu'il veut que je le connaisse, profitons de son erreur; il se peut que notre amilié me sera utile auprès de la mère. (Haut.) J'alquclquidée confuse... POi>"TU , lui donnant lamain.

Parbleu, je m'y attendais bien; tu oublies bien vite tes amis.

SUZANNE , bas à Marguerite.

Qu'il est sensible à l'amitié !

ou IX MÉNAGE FRANSQCILLO. 21

POINTU , à Edouard.

Que fais-tu à présent?

ÉDOUAUD.

Toujours la même chose , manier l'aiguille.

POINTU

I)isdonc, tu pourras m'êlre utile; mes effets n'arriveront pas de sitôt, et (S' examinant.) il me faudrait un habit. Où demeure ton mailre ?

EDOUARD , bas à Marguerite.

Le ménerais-je à ma boutique ?

MARGUERITE , de même. Ne loge-t-il pas chez moi ? et n'est-ce pas assez pour mériter la confiance ?

EDOUARD

C'est vrai , c'est vrai , je n'y pensais pas. [Haut à Pointu.) £i vous le désirez, demain je viendrai vous prendre pour vous y conduire.

POINTU

On ne pourrait parler mieux; tope-là excellent ami. {A Marguerite.) Madame, étant un peu fatigué, je ne serais pas fâché de me retirer.

MARGUERITE

Très bien , monsieur. Eugénie donne une lumière à monsieur Pointu.

POINTU, à Suzanne.

Madame , je suis peine de ne pouvoir jouir plus longtemps de votre aimable présence , mais le repos me réclame.

SUZANNE

Que je ne vous en retienne pas monsieur.

MARGUERITE , à PoiutU.

Voici un flambeau et je vais vous montrer votre appnitement où vous trouverez tout ce qu'il vous faut.

POINTU

Mille remercîmens madame,

MARGUERITE

Ne prendrez-vous pas votre petit paquet?

Ah 1 jailais l'oublier. [Le regardant.) îl est de peu

'îc valeur, cependant il m'est fort cher. Bonsoir, mesdames.

MARGUEUITE.

Bonne nuit, monsieur.

srzA>>"E.

Je ne sais ce que je ressens , je suis plus accablé que les autres jours et il me prend envie d'imiter l'exemple do mon nouveau voisin.

MARGUERITE

Nous ne larderons pas à en faire autant.

EDOUARD , à part.

Il paraît que , hormis moi , tout le monde à tôt sommeil aujourd'hui !

SUZA>XE.

Dans ce cas , je vais vous y précéder. {Elle prend un flambeau.) Jusqu'à demain. {Elle entre dans sa chambre.)

EDOUARD , à part.

Je serai donc forcé de m'en aller sans avoir fait ma paix avec Eugénie; maudite soit la femme qui l'a fâchée.

MARGUERITE

Eh bien , Edouard , vas-tu passer la nuit ici ?

EDOUARD

Kon, je m'en vais. {Bas à Èiujénie.) Un mot Eugénie?

EUGÉME , de même.

Pas un.

EDOUARD , de même.

Un seul mot.

EUGÉME , de même.

Demain et va-t'en.

EDOUARD , de même.

J'obéirai.

MARGUERITE

Que fais-tu encore là?

EDOUARD

Rien... je m'en vais. {Il va pour sortir.) Qu'aucun songe pénible ne vienne troubler votre repos. {Il sort.) {Le rideau tombe.)

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