‹ Histoire des délassements-comiquesChapitre 39 sur 118 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

SUZANNE, POINTU

POINTU , tout défiguré, une chanson à la main. Oh, l'infâme! {La regardant.) Je n'en reviens pas encore !

SUZANNE, la lui arrachant .

Tu viens encore me tromper.

Vous tromper!., depuis quand vous permettez-vous de pareilles expressions ?

SUZANNE

Ne deviez-vous point être à vos leçons?

POINTU

Il n'y a pas eu moyen de les donner, mes élèves se sont rebellés contre moi... On n'a pu les contenir...

SUZANNE

Et pourquoi ? qu'y a-t-il eu ?

POINTU

Du désordre que vous-même vous a'vez causé, madame.

SUZANNE

Moi , de quelle manière ?

r.4 MONSIEUR POINTU

POINTU

Regardez le papier que vous m'avez arraché des mains.

SIZA»K.

Allons, ruse nouvelle!., pour me quitter il faut un prétexte , mais celui-ci ne m'est point sufTisant!

POIMU.

Vous quitter !.. je voudrais ne vous avoir jamais vue.

SIZ.*>>'E.

Tout doux , tout doux , s'il vous plaît !

POINTr.

N'ai-je pas mes raisons ? {Ramassant le papier que Suzanne a laissé tomber.) Tenez, assurez vous en •Nous-même.

SrZA>XE.

Une chanson !

POIMD.

Am :

Point je ne pl.ii<antp , «"'est une clianson ; Kt même on la chante ; J'en ai le frisson.

Au bas de la feuille Mon nom est écrit ; Partout on l'accueil li' , J'en perds mon crédit.

srzA>>E , l'examinant.

C'est affreux ! qui en est l'auteur, le connais-tu ?

POINTr.

Non , mais j'ai mes soupçons.

srzA>>E.

Ne te chagrine pas, mon ami , il y a peut-être un remède.

POINTU

Oui, de me voir l'un jour ou l'autre mis à la porte du collège.

SrZANXE.

Cela n'arrivera pas, mon ami; tu as des amis trop puissans. Cis-moi , qui soupçonnes-tu?

POISTC.

Ce même blond dont nous avons parlé ce matin.

ou UN MENAGE FRANSQl JILLON. .T,

SUZAMSK.

Lui!..

POlIlTll.

Lui-même.

SUZANNE

Pour quelle raison t'en veut-il?

POINTU

Écoute , je vais te l'expliquer. On m'a rapporté qu'un jour il avait dit que probablement mon posle m'aurait été ôtc. Aussitôt que je l'ai su , je m'en suis plaint aux autorités, aux curateurs , même au chef de l'institulion où il est employé, et tu conçois que je n'ai pas parié à son avantage.

SUZANNE

Quel était ton but?

POINTU

De le priver de son emploi et de le mettre hors d'état de me nuire.

SUZANNE

Ah , c'est joliment embrouillé cela ! il sera difficile de te tirer de ce pas , je n'y vois qu'un remède.

POINTU

Lequel?

La régence ajoute-t-elle foi à tes paroles.

POINTU

Pardieu , je le crois bien !

Air :

Il n'en faut déjà plus douter.

Ce que je veux je fais aceioira A ceux c[ue je vais visiter ; Même il suffit, tu peux m'en croire , C>u'un projet provienne de moi, Pour qu'aussitôt on l'exécute.

Moi je ris de leur boiluefui, Car jamais rieu on ne discute.

SUZANNE

Et lorsqu'un autre soutient le contraire?

POINTU

11$ ne croient que moi.

SUZANNE

Alors, nous snnimcs sauvés! Vas-y de ce pas , disleur que lu ne m'as jamais vue , ni connue.

POINTU

Consens-tu à ce que je dise pareille chose.

SUZANNE

Si j'y consens! il n'est pas besoin qu'ils connaissent les liens qui nous attachent l'un à l'autre.

Tu as raison.

SUZANNE

Vas-y donc, que tardes-tu? Accuse d'infamie l'auteur de la chanson.

POINTU

Tu n'as pas besoin de me le recommander, je l'eusse fait sans ton conseil.

SUZANNE

Mais reviens le plus tôt, parce que je serai ici dans «ne inquiétude affreuse , ta destinée est la mienne.

POINTU

A tantôt ma bonne. {Il sort.)

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