‹ Histoire des délassements-comiquesChapitre 40 sur 118 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

SVZXyyE , seule.

N'aurai-je donc jamais de repos? les calamités m'assiégeront-elles sans cesse ' A peine échappé d'un revers, qu'un nouveau vient toujours m'accnbler, et Dieu sait quelle sera pour moi la fin de cette journée. Ce matin des créanciers, maintenant une chanson, il faut un courage sans bornes pour résister à tout cela. Mais, voyons celte chanson , que dit-elle? Je ne l'ai pas encore bien examinée. Où l'ai-jedonc mise? {La voyant sur la table.) Ah ! la voici. {Elle s'assied et l'examine.) Je connais cet air-là.. Tâchons de nous le rappeller. {Elle fredonne.) Je loge au quatrième étage... C'est cela même. Essayons d'en chanter quelque chose... Le premier couplet ne m'intéresse pas;... le second me paraît mieux.

ou UN MÉNAGE FRANSQUILLON. 57

Air : Je lo'j,e au {Quatrième étage.

Je n'aime point le maiiage, r.e lien trop étroit me fait peur ; Garçon, je sais dans mon ménage Puiser le plus parlait bonheur.

Cela n'est pas si mal... voyons plus loin.

Souvent lorsqu'un tlésir me presse, Je lui dis, lui tendant le- bras :

A'iens donc objet de ma tendresse, Je veiil jouir de tes appas.

IMa foi ! si l'auteur avait été témoin oculaire de nos plaisirs, il ne pourrait les connaître mieux. Le quatrième parle de créanciers , je déteste pareille matière. Que dit le cinquième?

NoTis faisons assez bon ménage, Habitant le même r|uartier, Nou- buvons un mou.sseui breuvage Au dépit de maint créancier.

IMa femme jamais n'est jalouse.

Librement je prends mes ébats.

Ceci me paraît un peu outré, car, jalouse je le suis à l'excès.

«^)ue de l'amour la cli.iîne e.st douce, Je veui jouir de ses appas.

Je dois convenir que c'est assez bien. C'est méchant , mais ce qu'il dit est vrai. Je vois qu'il sera plus difTicile de se soustraire à ses poursuites qu'à celles de la régence. Pour elle , elle croira ce que mon mari lui dira ; mais pour lui , il ne s'en tiendra pas là. Même je crains, qu'à celui qui prendra cette affaire à cœur et voudra chercher à lui faire du tort, il ne fasse à son tour la chasse , vu que ce jeune homme retient tout autant le mal que le bien qu'on lui fait. {On frappe à la porte.) Qui serait-là. (Elle va ouvrir.)

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