‹ Histoire des délassements-comiquesChapitre 72 sur 118 · ACTE II, SCÈNli IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNli IV

II mendie à la mer quelque maigre pilance Qu'il n'obtient pas toujours, — plus souvent c'est NizziDA. [ainsi.

Je l'aime , monseigneur.

LADISLAS

Mais moi , je l'aime aussi !

Je t'aime , 6 belle enfant ! d'une amour insensée , El je veux que lu sois par moi seul encensée Ainsi qu'une madone attachée à ce lieu : Pour n'adorer que loi , je rentrais mon Dieu !

— Ce que je te dis là , c'est un alIVeux blasphème, Mais , que m'importe, à moi ! que mimporle ! —

NIZZIDA. [je t'aime !

Taisez-vous , taisez-vous , serpent adulateur ! Le blasphème est trop grand pour paraître flatteur, El vous insultez Dieu , par ce langage étrange.

LADISLAS

Oh ! j'avais oublié que vous êtes un ange , El qu'offenser le ciel cétait vous offenser ; J'ai dit un mol impie , hélas ! sans y penser , Car je suis si troublé que ma raison chancelle... C'est que je t'aime tant !... lu me parais si belle , Avec ton front d'enfant , la grâce, la candeur...

— Uh ! reste près de moi, reste dans la grandeur : C'est ici qu'est la place. Ici , mon adorée ,

Par de nobles seigneurs tu seras"honorce : Ils l'obéiront tous ; la bouche fera loi ; La puissance et l'amour marcheront avec toi. Enfin , tu brilleras au milieu des ricliesses , Et lu verras ramper à tes pieds des duchesses. — N'est-ce point assez beau? — Sais-tu que jepour- Te donner , dès ce soir , si tu le désirais , [rais Pour prix de tes faveurs , une couronne même!...

NIZZIDA , fièrement.

Je porte sur mon front un autre diadème,

42 NIZZIDA.

Que devrait respccler votre bouche , seigneur ; Vargiani m'a dit qu'on l'appelait — l'honneur. Monseigneur , celui-là vaut, pour moi , plus qu'un

[autre , Kl je ne voudrais pas le changer pour le vôtre ; Car s'il est sans éclat , il n'en est pas moins beau , ht j'espère avec moi l'emporter au tombeau. Mais ce que je voudrais , — la faveur n'est pas gran-

[de.

Vous pouvez l'accorder, — par pitié, qu'on me rende Mon bon Vargiani , qui pense à moi , là-bas , Et qui se désespère et m'appelle tout bas... De grâce , monseigneur , au nom de votre mère, Délivrez nos deux cœurs d'une torture amère; Près de mon bien-ainic laissez-moi revoler. Pour le rendre à la vie et pour le consoler !

LADISLAS

Mais , tu laimes donc bien ?

MZZIDA.

Je l'aime comme il m'aime , Du plus profond du cœur. Il en sera de même , Autant que dureront mes heures et mes jours : J'ai juré devant Dieu de le chérir toujours. Nos cœurs se sont liés jadis , dans notre enfance ; Jamais de nous aimer on ne nous fil défence , Car de nous marier l'on formait le projet. H s'était accompli. Nous n'avions pas sujet De nous plaindre du ciel qui bénissait nos têtes ; Quand vous êtes venu vous jeter dans nos fêtes Kt trancher tout-à-coup le fil de nos amours... Oh! vousavezdétruit nolreespoir, nos beaux jours! Vous avez séparé la feuille d'avec l'arbre , lit puis vous restez froid comme un homme de mar-

[bre , Quand une pauvre femme est devant vos genoux...

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