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CHAPITRE VU

LE FO\ER. — LE VlIiLIC DE LA PREMIÉUE REPRÉSEN- TATION. — LES ARTISTE?.

Si tout le théâlrc des Délassements-Comiques peut être comparé à une coquille de noix, à quoi comparerons-nous la grandeur du foyer des artistes ? Et cependant, malgré son exiguïté, ce foyer a été I.anté par des illustrations de tout genre. Celles qui touchent au monde litléraiic ou tliéil-

Irai se nomment Kdmond About, Alphonse Royer, Mario rchard, Henry Miirger, Ilippolyte Cogniard, Lafonlaine, Henry Uelaage, Lambert Thiboust, Ludovic Halévy, etc., etc.

Quand il entre dans le sanctuaire, Ernest Blum est immédiatement entouré, fêté, choyé, caressé par toutes ces demoiselles. Celle-ci lui demande un couplet de plus, celle-là un rondeau, une autre un sac de bonbons. Blum, — il faut le dire à sa louange, — ne sait rien refuser.

I/autre seigneur du lieu, Alexandre Flan, prodigue moins sa présence. On ne le voit guère au théâtre que le jour de la répétition générale et le jour de la première représentation.

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Lorsqu'il y a sur raffichc des Délassements ces mots magiques : « Aujourd'hui, première représentation de... » tout Paris est en fête. Si le bourdon de Notre-Dame n'annonce pas cette importante solennité, c'est qu'elle est par trop profane.

Le soir, la salle se trouve garnie d'un public spécial. Tout le monde se connaît, tout le monde se salue. On se sourit, on cause, et, quand on est à deux ou trois mètres de distance, on s'envoie des baisers. Parole d'honneur!

Quels sont donc ces gens sans façon? Eh! mon Dieu! des viveurs, des viveuses, des gandins, desgandincs, des journalistes, des auteurs, tous très-bons enfants et faisant excellent ménage ensemble. Si le tutoiement n'est pas encore adopté par eux comme une règle générale, prenez patience, ça viendra bientôt.

Outre les célébrités citées plus haut, une première représentation amène fatalement au théûtre Henry de Pêne, d'Ennery, Marc Fournier, Nestor Roqucplan, Jules Noriac, Hector Crémicux, Gustave Claudin, Paul de Saint-Victor, Adolphe Gaïffe, Paul Dalloz, Siraudin, Xavier Aubryet, Louis Huart, Henri Rochefort, Adrien Huart, Eugène Déjazet, Eugène Rousseau, Raymond Deslandes, Edouard Martin, H. de Villemessant, Delacour, Pol Mercier, Albert Dormeuil, etc., etc.. Les académiciens y sont plus rares.

Comme vous le voyez, agréable est la compagnie.

Quant aux dames, nos coquines les plus distinguées sont toutes exactes au rendezvous. Après l'épithète de coquines, qui n'est pas très-polie, vous nous permettrez de ne citer aucun nom.

f.es gandins qni ne sont pas venus à Icmps pour louer des places , restent d.'l)ont dans les couloirs, de sept heures à minuit et demi, — sans se plaindre. Les [/lus heureux, ou plutôt les premiers arri- A es, s'alignent dans le couloir des premières luges. Là, ils passent leurs bras par-dessus la balustrade, allongent coquettement leurs manchettes, se promènent la main dans les cheveux, et, souriant à droite, souriant à p niche, applaudissent à tout rompre les entrées, les sorties, les couplets, les coslinnes, les irucs, les décors. — La claque f'I la bogueuleric sont deux fléaux inconnus !\\\K Délassements.

Les artistes qui , dans ces dernières an-

nées, ont vaillamment pioché pour soutenir le théâtre au niveau où il est arrivé, méritent de sincères éloges. Sans cloute, le public n'est pas exigeant, mais encore fautil qu'il ne regrette pas sa monnaie. Eh bien ! chaque pièce de MM. Blum et Flan a été jouée avec un ensemble rare, digne de scènes plus aristocratiques. Le zèle, la bonne volonté et le talent font ces petits nùracles-là.

En première ligne, nous devons mentionner M. Oscar, artiste et régisseur. 11 a été secrétaire du Théâtre-Italien , directeur du Panthéon; il a doublé Alcide Tousez au Palais-Royal, et aujourd'hui il est le compère obligé — et excellent — de toutes les revues qui se jouent aux Délassements. Dans les Mémoires de Rigolboche , Ernest lUum raconte qu'Oscar se lève à neuf heures

(lu matin, qu'il vient faire répéter jusqu'à quatre heures, et qu'il joue le soir, jusqu'à iniuuit , un rôle écrasant.

(Comment se fait-il qu'avec autant de ressdurces il reste aux Délassements ?

D'abord, les Délassements lui rapportent hoaucoup d'argent : il s'y fait avec ses cours à domicile, sa régie, ses représentations et SCS droits d'auteur, quelque chose comme sept ou huit mille francs par an. De plus, il est là dans son milieu , dans son élément. C'est un esprit bohème avant tout. La réponse suivante, qu'il a faite un jour à certain quidam, suffit à expliquer sa conduite :

— Pourquoi restez-vous ici ? lui démandai t-on.

— Parce que je m'y amuse.

N'oublions pas Lallemand et Couder,

deux précieux brûleurs de planches. L'un

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