‹ Histoire des délassements-comiquesChapitre 86 sur 118 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

VARGIAM , LÉONORA , ORALLA , caché.

{Léonora marche avec hésitation : arrivée à l'entrée de la galerie , elle s'arrête , promène un instant ses regards autour d'elle , puis s'approche de la croix , sans voir Vargiani caché par les cyprès.)

LÉONORA , allant à lu croix.

C'est ici.

VARGIANI , à part , levant la télé.

Dieu ! quelqu'un !... une femme , à celte heure? LÉoxoRA , s'agcnouillant.

Toi dont je viens troubler la mortelle demeure , Après avoir rempli de malheurs tous tes jours ; Toi , qu'il (allait aimer et respecter toujours , Reçois mon repentir.

[Yargiani écoule attentivement.) Alberlus, si ton âme Écoute dans le ciel les regrets d'une femme , Qui vient, le cœur gonflé de honte et de remords, Te demander pardon dans l'asile des morts. Ah ! prends pitié de moi ! — Je me sens bien cou-

[pable ; Le poids de mes remords est un poids qui m'accable; J'ai foulé sous mes pieds un serment solennel , Le serment de l'aimer , fait devant l'éternel ;

60 NIZZIDA.

El j'ai sali Ion nom par ma trahison lâche, Nom que j'avais reçu sans souillure, sans lâche; Par mes fautes , j'ai fail succéder sur ion front La pâleur de la mort ou rouge de l'affront... Mais je le vengerai , pour être pardonnée! L'homme qui m'a poussée au gouffre, abandonnée. Après m'avoir perdue, oh ! je l'immolerai En ton nom , Albcrtus, qu'il a déshonoré ! Par le crime, jadis, je tombai dans l'abime , Eh bien !... j'en veux sortir aujonrd hui par le {Elle se lève et s'écrie arec rage.) [crinoe ! De ton nouvel amour tu ne jouiras pas , Car tu mourras bientôt , monseigneur Ladislas !

vAitGiANi , à part.

Ladislas?... elle aussi haït cet homme infâme?

LKONOKA , sans voir Yargiani.

Mon nom sera vengé. — Je ne suis qu'une femme, Mais je saurai trouver un bandit montagnard, Un bras terrible et fort , pour tenir le poignard...

VARGIAM , lui posant la main sur l'épaule. Voilà le mien , madame.

LÉONORA, frissonnant.

Ah:

[Elle se retourne et se trouve face-à-face avec Yargiani qui reste debout , immobile devant elle.) LÉONORA , reculant épouvantée.

Ciel !

VAEGIANI.

Soyez sans crainte.

LÉONORA

Si tu n'es pas un spectre habitant celte enceinte. Qui t'amène en ce lieu, dis?

YARGIANI.

J'y suis venu seul.

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