ACTE IV, SCÈNE I. G
Que de bonheurs cachés dans la paix de celle om-
Que de malheurs aussi !,.. [bre !
[Elie regarde en dehors el s'écrie avec terreur :)
Dieu ! quel goulTre profond !
Quel abîme à mes pieds !... je n'en vois pas le fond.
[Rcjléchissant.) Si je voulais pourtant... dans ce gouffre élancée , Je finirais mes maux... — Grand Dieu ! quelle pen-
[sée !...
Non, non... je n'ose pas... ce serait trop affreux... C'est peut-être l'enfer ce gouffre ténébreux !...
[Irrésolue et agitée.) Mourir !... mais il le faut... I.a mortesl un bonheur Quand elle est à choisir avec le déshonneur... Mourir,c'esl mon devoir. ..je dois, moi pauvre fem- Préférer la mort pure à l'existence infâme. ..[me ,
{Résolument, après une pause ) Que tout soil donc fini !
[Elle s'agenouille el prie d'une voix altérée.) Pardonnez-moi , mon Dieu , Ma résolution; et porlez mon adieu Jusqu'à Vargiani. Consolez sa demeure; Et puis , bénissez-moi, puisqu'il faut que je meure! Que l'auteur de mes maux ne les porte jamais. Hier il m'a ravie à tous ceux que j'aimais , Et le coup de la mort, c'est lui qui me le donne : Seigneur! pardonnez-lui comme je lui pardonne ! [Elle se relève pâle, tremblante, et marche en chancelant vers la fenêtre. Elle va s'élancer dans le précipice , lorsqu'on entend un chant doux , qui vient du dehors.)
CNE VOIX , en dehors.
Oh ! laisse déborder mon âme Où tu versas tant de bonheur ,
70 NIZZIDA.
Et que celle rosée en Hamme Aille relomher dans Ion cœur.
MzziDA , surprise.
Ciel !... celle voix...