ACTE IV, SCÈNE II
VÂUGIANI.
Mais non , mais non , cher ange!
Quelqu'un ma fait venir. .. c'est une histoire élran-
[ge...
— Oh! viens que je t'embrasse encor... là... sur NizziDA. [Ion front.
Va, tu le peux toujours , car il est sans affront.
VABGIANI.
Bonheur !
MZZIDA.
Pour échappera l'infâme torture.
Forte de mon malheur , moi , faible créature , J'étais prêle à mourir , quand j'entendis ta voix... C'est Dieu qui ta conduit...
Je le vois! je le vois !
NIZZIDA.
Mais J'y songe, un gardien veillait près de la porte, Comment donc as-tu fait pour arriver?... VARGIANI , Iressaillant.
Qu'importe !
{Il passe rapidement la main sur son front et jette
sur la table un poignard qu'il tenait en entrant.)
NlZZlDA.
Puisque l'on peut entrer on peut aussi sortir, Viens, Vargiani, viens ; hàtons-nous de partir.
VARGIANI.
Non , pas encor , enfant ; il faut que je demeure. Un homme, dans ce lieu va venir tout-à-l'heure , Je vais l'attendre.
NIZZIDA.
O ciel !.... non , non , Vargiani, Ne l'allends pas... sortons.
VARGIANI.
Oh ! tout n'est pas fini !
72 NIZZIDA.
Cel homme m'a brisé par un affreux supplice , Il faut que ma vengeance à présent s'accomplisse : J'ai juré d'écraser la Iclc du serpent.
NI7ZIDA.
Non , ne fais pas cela... plus tard... on se repent...
Mais il me faut son sang , ma vengeance est sacrée!
NIZZIDA.
Mais veux-tu donc me voir à les pieds massacrée?... Cet homme , avec ses gens , fondra sur moi... sur Il est puissant. [toi...
VARGIANI , froidement.
Je sais. C'est le roi.
NIZZIDA.
Lui !... le roi !...
Ciel!
VARGIANI.
Il faut que sur lui mon bras s'appesantisse! Punir un meurtrier , n'est-ce donc pas justice?
NIZZIDA.
Meurtrier?... que dis-tu?...
VARGIANI.
Mais tu ne sais donc pas Que , sous ses coups , ma mère a subi le trépas?
NIZZIDA , douloureusement.
Théagine !... elle est morte !... — 0 mon Dieu !
VARGIANI.
Tu vois , femme , Il est de mon devoir d'immoler l'homme infâme Qui porta la détresse et la mort sous mon toit ; Ma mère ma crié : venge-moi! venge-toi !
Oh ! non... c'est trop affreux ! — Vargiani , par- Moi je te le demande et le ciel le l'ordonne. [donne.