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base à tous les travaux postérieurs : son influence est allée croissant et son autorité fut longtemps indiscutée. Il nous fallait être édifiés sur le mérite de ses diverses parties.
§ III. — Les a ScheduIsB ».
A la suite de son édition du codex de Saint Mansuy (1), Dom Calmel a publié, sous le nom barbare de « Cedulœ cujuslibet episcopi tullensis (2) u, un manuscrit que M. de L'Aigle lui avait signalé (3). Ces o Tablettes touloises » (telle serait la traduction fidèle du terme scheduke) forment, de saint Mansuy à Hector d'Allly (152i-lo33), une suite de soixante-neuf articles détachés, de valeur et de longueur fort inégales.
Les trente-huit premiers ne sont guère que la reproduction du texte des Gesta^ avec quelques variantes, additions ou soustractions et une mauvaise lecture des noms propres.
Après Pibon, les notices sont en général assez étendues : elles énumèrent avec complaisance les accroissements du temporel de l'évéché et célèbrent en termes oratoires les vertus sacerdotales de chacun des prélats. Ce sont tellement des éloges nécrologiques que l'un des évoques, Mathieu de Lorraine (1198-1210), meurtrier de son successeur Renaud de Boutillier-Senlis, est privé, comme indigne, de ce souvenir rétrospectif et même rayé du catalogue épiscopal.
A quelle époque ce recueil a-t-il été composé? il est diilicile de le préciser; mais la date fautive de 1210 pour 1217 pour le meurtre de Renaud de Boutilller- Senlls (4), l'inscription erronée de Guy de Pernes immédiatement après Jean de Sierk (1305), dans le catalogue des évoques (5), la confusion d'Eudes Colonna, évèque de Toul (1307-1309) avec Eudes Colonna qui devint pape sous le nom de Martin V (1417-1431) (6), et d'autres inexactitudes dénotent qu'il ne remonte certainement pas avant la seconde moitié du XV siècle. Ceci me semble confirmé par Dom Calmet : en effet, à partir de la notice de Louis de Haraucourt (1437-1449), à chaque article, dans l'édition qu'il nous donne des Schedulœ^ nous voyons apparaître cette note marginale « Recentiori manuscripto (7) » ou cette autre équivalente : « Iteriim alia manu » : ce qui semble indiquer que le
(1) Op. cit., c. ccxi.
(2) Cedula est une orthographe défectueuse pour schedula, diminutit de scheda, tablette ou petite feuille de papier. Dom Calmet traduit ce mot par le terme impropre d'épitaphe « seu epUaphia episcoporum tuHensium ».
(3) Calm., op. cit., c. cxxi.
(4) Calmet, /. c, ccxxvii.
(5) Ibid.y ccxxx. — Je démontrerai (p. 3iO) que le successeur de Jean de Sierk est Othon de Grandson, lequel fut remplacé par Guy de Pernes.
(6) Ibid,
(7) ïbid,, ccxxxv.
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manuscrit primitif s'arrôtnit à Henri de Ville (1408-1&36) et qu'ainsi il daterait de l'épiscopat de Louis de Haraucourt, son successeur.
Il en est donc des Schedulœ comme des Gei<ta : les derniers articles du recueil ont seuls une valeur historique, écrits qu'ils sont par des contemporains. Les autres notices nous donnent sans doute beaucoup de renseignements intéressants ; mais, en présence des grossières erreurs qu'elles contiennent, nous ne pouvons accepter leurs indications que sous bénéfice d'inventaire.
§ IV. — La Leucorum historia.
La bibliothèque d'Aix-en-Provence possède deux manuscrits qui renferment tous deux, sous le nom de « Leucorum hisloria », une série identique de soixantequinze notices sur les évoques de Toul, depuis saint Mansuy jusques et y compris Jean des Porceleta de Maillane (1607-1624) (1). Ces deux registres sont des copies d'un travail attribué à Jean Midot, qui fut archidiacre de Toul, au milieu du xvu' siècle (2) ; ils ont été écrits vers la fin de ce môme siècle, très probablement par M. de L'Aigle (3).
Les soixante-neuf premiers articles sont une réédition, plus ou moins stricte des Gesta et des Schedulœ : on y rencontre les mêmes fautes, les mômes anachronismes et leur étude exige les mêmes réserves. Les dernières notices ont une valeur plus grande ; mais ce qui mérite une mention spéciale, c'est l'introduction qui précède la série des biographies, dans l'un des deux manuscrits (4) : nous y trouvons le premier essai d'histoire générale du diocèse de Toul. Œuvre d'un contemporain, cette introduction nous fournit plusieurs renseignements précieux et authentiques sur l'état de notre Église au commencement du xvii* siècle. En voici le sommaire : nous y reconnaîtrons, dans leurs grandes lignes, les thèmes qu'ont suivis les historiens postérieurs : !•) Ratio operis. — 2*) De caufiis scriptionis hujus historiœ. — 3") De antiquitate et nobilitate civitatis tullenfiia, etymologia appellationis populi et urbis linguaque Leucorum. — 4*) De varia urbis tullensifi fortuna. — 5') De situ civitatis tullensis. — 6*) De (Tde cathedrali.coUegiis^ monasteriis aliisque locis sacris civitatis tullensis. — ?•) Quo tempore a Leucis fides christiana suscepta est. — 8*) De tempore et
(i) Mss. 314/678 et 315 680.— Cette /.ettcorum historia se trouve aussi au f*74 du manuscrit ll&i de la Bibliothèque de Grenoble.
(2) En haut de la première page du ms. 314,678, se trouve cette note d'une autre main : a On ne sait qui est l'auteur de cette histoire dans laquelle il y a beaucoup de fautes et d'anachronismcs. On croit qu'elle est du fameux M. Midot. » — Ce sont peut-être ces Mémoires manuscrits sur les évêques de Toul dont parle Dom Calmet, dans sa Bibliothèque lorraine, article Midot.
(3) J'attribue ces copies à M. de L'Aigle, non sans la réserve qu'impose une confrontation d'écritures, faite à distance, d'après le simple souvenir.
(4) Le ms. 315/680.
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série episcoporum tullensium. — 9») De antiqua regiminis urbis tuUensis forma. — W) De forma administrationis ab anno 4S6f quo comitatus in liberam potestatem episcoporum rediit. —il») De seculari potestate episcopi in civitate tullensi. — i2«) De seculari dominatu episcoporum tullensium extra civitatem et subiirbia. n II serait sans doute téméraire d'accepter sans contrôle toutes les afiir mations de l'auteur sur la vieille histoire de la cité épiscopale ; mais il y a dans cette longue étude une initiative qu'il m'a paru juste de signaler.
§ V. — Les Tables de l'église cathédrale de Toul (1).
Ce travail est de maître Louis Machon, licencié ès-droits, archidiacre de Port, chanoine de la cathédrale du chapitre ôpiscopal dudit Toul, etc. Rédigé à Toul en 1642, mais resté manuscrit et conservé à la Bibliothèque nationale (2), il n'est autre chose qu'une compilation, sans critique, d'éléments, de valeur et de provenance diverses.
On y trouve la Vie do saint Mansuy par Adson, depuis le chapitre II jusqu'au chapitre XI (3) ; deux séries de neuf leçons sur saint Amon, tirées de bréviaires ou de lectionnaires toulois (4) ; le récit des translations de saint Mansuy et de saint Amon (5) ; six leçons sur sainte Aprône (6) ; la vie de saint Epvre, éditée dans les Gesta (7) ; neuf leçons sur saint Waast (8) ; une vie de saint Gauzelin, dont nous ne connaissons, ni l'auteur, ni la valeur (9) ; la vie de saint Gérard,
(1) Tables de l'église cathédrale de Toul^ où sont les vies de quelques saints évesques dudit Toul^ extraits, par M* Louis Machon, etc.. à Toul, 1642. — Ms. in-fol., 471 pp. — La Bibliothèque de Nancy possède aussi de Louis Machon (Ms. 952/458) quelques extraits de notices qu'il préparait sur des évèques de Toul, Riquin de Commercy, Henri de Lorraine, Arnaud, etc. — Ces notices, à peine ébauchées, ne semblent pas avoir une valeur historique considérable.
Louis Machon, ûls d'un conseiller à l'évôché de Toul, fut plus tard biblothécaire à Bordeaux et curé du Tourne. Il mourut dans l'obscurité (M"* François Bataille, Étude sur Toul ancien,^ ^. 214).
(2) Fonds latins, n" 12.8fâ.
(6) P. 59. — L'auteur ne dit pas de quel bréviaire il a tiré ces leçons.
(7) P. 72. — L'auteur s'arrête aux miracles.
(S) P. 89. — « In depositione sancti Wedasti ». — Machon ne dit pas de quel bréviaire il a extrait ces leçons. Il est vrai qu'on pourrait peut-être le savoir, en collationnant cette copie avec les bréviaires des diverses Églises qui fêtent saint Waast. Mais ici, ce travail minutieux ne se serait imposé qu'à titre de curiosité.