‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 168 sur 265 · CHAPITRE V. — DIFKICC^LTKS AVEC LE CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — DIFKICC^LTKS AVEC LE CHAPITRE

la tran(|uillité, à ses finances l'éciuilibre, à ses prêtres les moyens de travailler à la sanctification des Ames.

Des aventuriers infestaient le pays : il conclut une alliance défensive avec Burckard, sire de Fénétrange, gouverneur de la Lorraine durant la minorité du duc Jean I ^ {1340- 1390); plaça sous sa protection les terres du temporel (1) et mit des troupes lorraines dans ses châteaux de Maizièreset de Liverdun.

Les chanoines et les citains vivaient alors en bonne intelligence. En octobre 13;>4, ils terminèrent à Tamiable un long procès, touchant la perception du coupel et la participation du chapitre à la réfection des murs (2). Au mois de janvier 1356, un bourgeois battit un clerc pendant les vôpres de saint llilaire, à la cathédrale ; la magistrature touloise s'empressa de lui infliger le tourment qu'il avait mérité (3).

La paix pourtant fut un instant menacée. Marie de Blois, mère de Jean !♦'' et régente de Lorraine, revendiqua de nouveau la possession du comté de Toul. Les citains lui firent observer que ce droit avait été converti en une rente de cent livres; mais la duchesse, voulant obtenir davantage, leur déclara la guerre. Robert, duc de Bar (4), fils et successeur de Henri IV (1352-1411), prit parti pour les Toulois : le combat allait se livrer quand révoque, se déclarant pour Marie de Blois, jeta l'interdit sur le Barrois et força Robert à se retirer. Alors les choses s'arrangèrent: la duchesse se contenta de sa pension de cent livres et Robert de Bar consentit à déposer les armes.

Quelque temps avant cette contestation, l'empereur Charles IV était venu à Toul (1356). Les bourgeois n'eurent garde de manquer l'occasion : suivant en cela l'exemple de leurs frères de Verdun et de Metz, ils lui demandèrent la confirmation solennelle de leurs privilèges et la reconnaissance authentique de leur autonomie.

(I) BII)I. nat., Coll. lorr., t. 242 ft/s, n" o'k

(2i Loin., ni, l'w.

l3) Arch. dp M.-ol-M., (J. 71, f" M).

(il En 13r>4, Roborl de Bar obtint de l'empereur, ou du roi de Franco, ou plus probablomenl des d(Mix, «jno son comté fiU érifjé on duch*^ (Difîol, Iliat. de lorr. II, "lli ol .sv/j.

Mais, soit qu'il fût mécontent de ce que les Toulois s'étaient placés sous la protection du roi de France (1), soit qu'il trouvât que les citains ne se saignaient pas assez pour acheter cette faveur (2), Charles ne leur donna point une réponse immédiate et leur fit attendre dix ans la concession d'une faveur si désirée.

Le progrès de la discipline préoccupait Bertrand plus encore que le maintien de la paix. Le 24 octobre 1359, parut une nouvelle édition des statuts diocésains. Avec beaucoup de prudence et d'opportunité, ce code épiscopal réglait la tenue du synode annuel ; les droits des curés sur les dîmes et les autres rétributions ; les rapports des curés avec les doyens ruraux ; le recrutement du clergé ; les devoirs de la vie ecclésiastique ; l'exécution des testaments ; l'examen à faire subir aux médecins et aux chirurgiens, avant de les admettre à l'exercice de leur art, etc.. (3). Ces statuts furent longtemps en vigueur; ils servirent de base aux règlements postérieurs et ils sont assurément l'œuvre la plus importante de cet épiscopal.

Les fidèles pouvaient donc se féliciter d'avoir à leur tête un prélat aussi zélé, aussi pieux, aussi vertueux, dont la taille avantageuse augmentait encore le prestige (4). Mais Bertrand de la Tour d'Auvergne se sentait dépaysé dans ces Marches de l'Empire ; l'évéché du Puy était vacant par la mort de Jean de Jourens (t 1357) : il le sollicita et l'obtint, le 5 novembre 1361 (5). Quatorze

(1) C'pst la raison qu'il aUt^gua aux habitants de Verdun pour leur faire attendre dix-sept ans la charte confirmative de leurs privilèges (Clouet, op. cit.).

\2] N'a-t-on pas dit de cet empereur qu'il s'en allait « plumant et débitant l'aigle impérial en vrai marchand do foire ».

(3) Baluze a inséré ces statuts dans ses preuves de la Maison d'Auvergne, II, 850-864.

{i)uMorum generositate dotatum^corporis statura elegantissima decoratum... Circa divina solerter fuit intentus, ac cura pastorali supra gregem sibi cornmissum vigilavit illique multiplicibus virtutum incrementis, ac castitate prœcipue renitentem (sic) se prœbuit in exemplum. » (Schedula% ap. Calmct, I, ccxxxi.)

(5) Arch. Vatic., Reg. Av., Innoc. VI, t. XXVII, 208. — Le siège du Puy avait un revenu très peu supérieur à celui de Toul : sa taxe était de 2,600 florins. (Eubel, 90). Ce n'étaient donc point des considérations financières qui avaient déterminé ce changement.

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