AVANT PROPOS XXVII
ne commençait en Lorraine qu'à l'Annonciation (1) ; il Ht parfois le calendrier romain comme notre calendrier actuel, lisant huit juillet pour huit des calendes de juillet. Il n'est pas très scrupuleux pour l'orthographe des noms propres : il écrit Brolzars de Fênétrange pour Burckard, Paphenhove pour Paffenhofen, Villercel-sur-Trin pour Vikey-sur-Trey, etc. ; il ne coUationne pas les citations qu'il fait et laisse subsister des omissions ou des fautes grossières de ponctuation (2). Il donne trop rarement et encore avec peu de précision ses auto> rites et ses références, et souvent il se contente d'affirmations sans preuves ou même d'hypothèses hasardées (3). Quant à ses pièces justificatives, voici l'appréciation de Lemoine, le savant auteur de la Diplomatique pratique (i) : a II est à remarquer, dit-il, que les preuves qui sont rapportées à la fin de son histoire, sont toutes incertaines, tronquées ou remplies de fautes de typographie, au moins pour celles tirées des archives de la cathédrale que j'ai toutes vérifiées. »
Il a soupçonné l'influence considérable qu'eurent les événements politiques dans un diocèse aussi vaste et aussi morcelé que l'était le diocèse de Toul ; il les signale, mais il semble trop les considérer comme suffissimment connus ; il n'en marque, ni la suite, ni le rapport avec |p développement de la vie et des institutions diocésaines (5), et son exposé embrouillé, mal agencé et par suite obscur, rend difficile et parfois pénible la lecture de ce livre que ne relèvent point les attraits d'un style aisé, alerte et élégant.
£n outre, il est gêné par ia censure française qui lui imposa plusieurs cartons et le plan qu'il a cru devoir adopter, en prenant séparément chacun des épiscopals, lui interdit les vues d'ensemble, les généralisations, qui permettent à l'historien de dominer son sujet.
Néanmoins, malgré tous ces défauts dont il faut surtout accuser la précipitation du travail, l'ouvrage du Capucin toulois est la première histoire sérieuse, non seulement du diocèse de Toul, mais encore des duchés de Lorraine et de Bar : « On doit savoir un grand gré, dirai-je avec Lemoine (6), au Père Benolt- Picart, d'avoir défriché le premier une terre inculte ; d'avoir ouvert la tranchée au milieu d'un bois épais. Il ne restera qu'il perfectionner, qu'à aplanir le chemin qu'il u tracé avec de grandes peines. » En somme, c'est Benolt-Picart qui a
(1) Ceci sera établi bien des fois dans la suite de cet ouvrage. — Le vieux style ne cessa en France que par l'édit de janvier 1563, enregistré au Parlement, en 1567, et en Lorraine, par l'édit du 15 novembre 1579.
(S) Voir, par exemple, les épitaphes de Ludelme et de Dreux, pp. 298 et 302 ; plus bas, dans le présent volume, pp. 132 et 135.
(3) Voir les notes de cet ouvrage.
(4) Arch. de M.-et-M., G. 1386, f 35.
(5) A le lire, on ne peut comprendre, par exemple, la suite du mouvement communal.
(6) Loc. cit.