CHAPITRE ï. — TOPOGUAPHIK 4"»'J
quant aux maisons de religieuses, elles avaient complètement disparu.
Les chanoines-réguliers de Tordre du Val-des-Écoliers (1) possédaient le prieuré de Dieu-en-Souvienne, dans le doyenné de Bar (2), et les religieux du Val-des-Cboux (3), celui de Saint- Georges de Remonvaux (4), dans le doyenné de Reynel.
Citons encore certains prieurés dont nous ne savons à quel ordre rattacher les habitants, et dont nous ne pouvons aujourd'hui iden tifier les noms : Harméville, Domremy, Brabant, Lancourt, Reinbach, Rancourt Chalamont et Rogécourt (o), et nous arriverons au chiffre considérable de trente-trois abbayes et d'environ soixantedix prieurés. Presque toutes ces maisons furent fondées avant le xiip siècle ; après quoi, le courant monastique se ralentit, contrarié qu'il était parles tristes abus de la faiblesse humaine.
Plusieurs de ces monastères végétaient, aspirant après une réforme qui leur infusât une nouvelle vie; quelques vieilles abbayes avaient même déjà disparu. Saint-Germain et Saint-Martin, dans la vallée de la Meuse ; Sainte-Geneviève et Saint-Sauveur, à Toul, et peut être Montier sur Saulx (6), ne vivaient plus qu'à l'état de souvenir.
Les prieurés relevaient d'une abbaye dont ils étaient une extension . Les uns étaient conventuels : ils formaient une communauté indépendante, une petite abbaye, sous la conduite d'un prieur, élu par les moines, et ils n'avaient d'autres liens de subordination avec l'abbaye mère que la reconnaissance de l'élection par l'abbé
(1) Le Val-des-Écnliers, près de Chaumont (Hte-Marne), était le chef d'une congréfration de chanoines -réguliers de St-Augustin, établie, vers 1215, par Guillaume Richard et quelques docteurs de Paris.
(2) Dei Memoria, Dieu-en-Souvienne, (comm. de Louppy-le-ChAteau, c. de Vaubécourl, Meuse), fut fondé en 1227 par Jeoflroy, seigneur de Louppy et maréchal de Champagne (Gillant, Fouillé, II, 761).
(3) Le Val-de}<-Choujr, près de Châlillon-sur-Seine (Côte-d'Or), fut le chef d'un ordre peu considérable dont le général portait le titre de prieur.
li) Remonvaujc^ comm. de LifTol- le- Petit, c. de St-Blin, Haute-Marne.
:5) Voir, i)our la discussion de ces noms, Lepage, Introduction au Fouillé de 1402, p. LV et s(ï.
(6) Montier-,sur-SauU\ arr. de Bar, Meuse. — Ce n'est ici qu'une hypothèse, uniquement basée sur le nom de Montier, monasterium.
M')\ LiVHi: V. — u: I)1(m:i:si:
et le payement d'un cens annuel (1). Les autres, appelés prieurés simples ou obédientiets, relevaient, moines et revenus, deTabbaye mère et le prieur, comme les religieux, était ad nutum abbatis.
En principe, les abbés et les prieurs conventuels étaient élus par les profès de-là communauté; mais il en fut des cloîtres comme des évécbés et, souveni dans le cours du moyen-Age, le droit de nomination fut revendiqué par les papes ou usurpé parles princes séculiers, souverains du pays ou voués du monastère (2).
Dans les terres d'évêcbés, en Lorraine et dans le Barrois nonmouvant, la rè{2:le de Mensihus et les réserves apostoliques tendirent à restreindre le droit d'élection et ne laissèrent plus aux moines que quatre mois de Tannée : mars, juin, septembre et décembre ; les autres mois appartinrent au Saint-Sièp^e.
Le Concordat (jeiifnanique ^ concédé à Tévôché de Metz en 1450, à révécbé de Verdun, en 1519. et à Tévéché de Toul, en 1544, étendit la liberté des élections pour les monastères qui étaient situés dans leurs circonscriptions respectives, à six mois de l'année : février, avril, juin, août, octobre et décembre (3). Les maisons lorraines et barroises restèrent soumises à toutes les réserves apostoliques; mais en revanche les abbayes et les prieurés conventuels qui se trouvaient en terre de France ou dans le Barrois mouvant, jouirent, en principe, du plein droit d'élection, jusqu'au Concordat de Hologne qui fut sij^né en 1516, entre François I et Léon X (4),
Outre les onze ou douze préceptoreries qui leur étaient venues des Templiers (5), Libdeau, Cercueil, St-Georî?es, Virecourt, Hrouvelieures, Xugney, Norroy-sur-Vair, Couvertpuits, Dagonville. Braux, Bouzainville et peut être Jézainville, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem possédaient cinq commanderies dans le diocèse : Toul, Jaillon, St Jean-du-Vieil-Aître, près de Nancy. Mazerulles, Vennezey, Robécourt (6).
(Il Cf. Luchaire, Manuel des Institutions françaises, ^ et sq. ,2» Lurhaire, op. c/7., 6;) etsq. — (ic^rardin, l:tud. sur les hènéf. eccL, 7;iptsq.
(3) (lôraniin, op. cit., 144.
(4) Kciiroy, Jandheiires, .lovilliers, LilIe-on-Barrois, Mureau, Riéval, Vauxon-Ornois, etc.
{■.'}) Voir plus haut, p. 2i9.
(fîi Voir p. 2:>0.
CHAPITRK I. — TOPOCIRAPHIK Mni
Les Trinitairos possédaient une maison à Lamarche-en-Bassi- ^ny; les Frères du Saint-Esprit avaient une comraanderie à Toul et tenaient les hospices de Toul, de Neufchàleau, de Berthelévaux, de Vaucouleurs ; les Antoniiites ou relvjieiu' de Saint- Antoine avaient une commanderie à Bar et diriji:eaient l'hopilal Notre Dame, à Pont-à Mousson ^l).
Les Ordres mendiants comptaient plusieurs communautés : les Frères- Prêcheurs, à Toul ; les Ccyrdeliers, à Toul, à Nancy, à Mirecourt, à Neufchàteau, à Ligny, à Rembercourt-aux Pots (2) ; les Carmes, à Baccarat ; les Ermites de St- Augustin, à Bar (3).
Les Dames prrcheresses ou Dominicaines avaient une maison à Nancy (4) : les Clarisses étaient établies à Neufchâleau, à Bar et à Pont-à-Mousson (o) ; les Béf/uines, à Bar (G) ; les Sœurs hospitalières de Ste-Elisabeth, à Nancy, à Ormes, à Lunéville (7).
Quant aux hôpitaux, hospices, maisons-Dieu, maladreries, etc.. il est impossible d'en essayer une liste. Rappelons-nous la Maison- Dieu et riiopital du Saint-Esprit, de Toul ; les hôpitaux de Vaucouleurs, de Neufchàteau et deBerthelévaux ; Tlu^pital Notre-Dame
il) Los Antonistcs avaient aus<;i une" commandcM'io à Pont-à-Mousson, mais dans la partie de la ville qui appartenait au diocèse de Metz. Los t)âtimcnts et le^dise de cotte commanderie furent alî»»clés, en l.'iTi, à irnlversité. L'église sert aujourd'hui îi la paroisse Si-Martin. — L'hôpital \olre-I)anie est occupé aujourd'hui par l'école supérieure de jeunes filles.
{È) Le couvent de Mirecourt date de 14U (Louis, Lr drp. des Voafjes, VIÏ) ; celui de Rembercourt-aux F^ots \c. de Vauhécourt, Meuseï, de ItiT ((îillaat, Pouillê, II, 786): de Ligny, de i 479 ihid, 4:J8).
(3) Ce couvent fut fondé, vers 13G<Î, par le duc Robert de Bar (Oillant, roî////f', H, 77).
{i^ Cette maison fut fondée par le duc Ferry IIJ, entre 1292 et 1298 (Pfister, Hiat. de Saucy^ I, 43 . Elle était située sur la place de<i Dames actuelle.
(5) Les Clarisses furent établies à NeufchAteau, vers 1320, par Ferry FV (Calmet, .Vofir. de Lorr.) ; à Pont-iVMousson, sous Charles II (139<)-1431) (Lepage, Stat., II, 4<Î7) : à Bar, vers IWi (Gillant, op. cit., Hi).
<G) Les Béguines de Bar étaient des tertiaires de saint François, vivant en communauté : il est déjà fait mention de leur maison en 13.*>3 (Gillant, op. cit., lOSi.
[D Les .Sœurs de Ste-Klisabeth, ou S(Hirs Grises, étaient des tertiaires de saint François qui s'occupaient du soin des malades. — La maison de Nancy, irue des Dominicains, 8 à 14-, remontait au moins à 1495 ;Pfister, op. cit., ^5) ; celle d'Ormes (c. de Haroué, M.-et-.VL), à 1470, (Lepage, op. cit., 448) ; celle de Lunéville, à 1494 {ibid., 328).
de Pont-à-Mousson ; les bordes et les maladreries ouvertes pouf le soulagement des lépreux....; joignons-y les maisons-Dieu deLiverdun (l), de Rosières (2), de Bar (3) ; riiôtel-Dieu de Ligny (4) ; riiospice St-Julien de Nancy (o) ; les hôpitaux de Barisey, de Ger bonvaux (6), de Pont-Saint-Vincent (7), de Pulligny (8), de Saint Nicolas(9), d'Einville(lO), de Lunéville (11), de Châtel (12), de Mirecourt (13) ; Thospice Sainte-Madeleine d'Arches (14), etc.
Parmi ces maisons, les unes n'étaient guère destinées qu'à « héberger, Joger, repaire et nourrir les malades et les pauvres passants » ; elles étaient peu considérables et ne comprenaient que deux ou trois chambres. Les autres, au contraire, avaient un service organisé et recevaient un certain nombre d'hôtes et de pensionnaires. Elles étaient dirigées par des religieux, comme les Antonistes ou les Frères du St-Esprit ; par des religieuses, comme les Sœurs grises de SteElisabeth, ou plus communément, comme la Maison-Dieu deToul, parune communauté de prêtres etdeclercs séculiers (15).
(1) La Maison-Dieu de Liverdun existait déjà en 1228 (Lem., I, 7â).
(2) La Maison-Dieu de Rosières existait avant 1330 (I^pago, Towm., II, 4.%n
(3) Arch. Vatic, Reg. Av., Clém. VII, t. XXV, f 3a^.
(4) GiUant, Fouillé, II, 462.
(5) Pflster, Hist. de Nancy, passim.
^6) Lepage, L* hôpital de Gerbom: aux, dans inn. Soc. Ém. Vosges, 1879.
(7) Arch. Vatic, Reg. 302, f 350.
(8) Eug. Martin, Pulligny, 67.
(9) L'hôpital de St-Nicolas fut fondé par Simon Moycet et les bourgeois, en 1480 (Bon.-Plc, Ponillé, I, 139).
(10; J/hôpital d'Einville fut fondé on 1432, par Marguerite de Bavière, duchesse de Lorraine {Ibid.,i80).
(11) L'hôpital St-Georges de Lunéville fut fondé, on 103:^, par Folmar, comte de Metz, et Godefroy, comte de Castres. (Calm., Hi.*it. de Lorr., II, cclxv.»
(12) Olivier, Châtei, 446.
(13) Ch. Guyot, L'hôpital de Mirecourt, dans Mèm. Soc. Arch. lorr., 1893. — Étude très intéressante, à consulter par qui veut .se rendre compte de l'organisation d'un hôpital au moyen-âge.
(14) Arch. VaUc, Lib. S2 Bull. Paul. III, p. liii.
(15) Cf. Léon Legrand, Les Maison.^-Dieu, leurs statuts au \m* siècle, dans Rev. Quest. hist., 1" juillet 1896.