‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 22 sur 265 · XXX AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXX AVANT-PROPOS

généralisations, le môme style lourde traînant, sans élégance et sans attraits, et l'on se prend à regretter que l'abbé Guillaume n'ait point tenu toutes les promesses qu'il faisait, en ces termes, dans son Avant-Propos (1) : « Reproduire et compléter, d'une manière aussi intéressante que possible, l'histoire ecclésiastique du diocèse de Toul ; écrire celle du diocèse de Nancy.... telle est la tâche que nous nous sommes imposée.... A défaut de tout autre mérite, la présente histoire aura, du moins, celui de l'exactitude et de la véracité. »

U Histoire du diocèse de Toul est donc encore ù fixer, à coordonner, à écrire. L'historien ne peut plus, il est vrai, collationner toutes les chartes et feuilleter tous les registres que consulta Benoit* Picart : les trésors des archives touloises ont été pillés ou dispersés ; de fortes épaves subsistent pourtant dans les dépôts des archives municipales et départementales et nombre des documents disparus ont été publiés, en pièces justificatives ou en modèles, par les historiens et les diplomatistes ; malgré leurs imperfections, ces éditions partielles peuvent encore rendre de précieux services.

En revanche, d'importants dépôts, longtemps inaccessibles, sont aujourd'hui ouverts au chercheur : notamment les archives du Vatican. Des publications très soignées donnent des éditions critiques des chroniques, des annales, des canons des conciles, etc.. ou des analyses substantielles de documents pontificaux. Des ouvrages très documentés facilitent les investigations, éclairent des questions jusqu'ici très obscures ou favorisent les généralisations.

Le moment m'a donc semblé opportun pour tenter une histoire nouvelle du diocèse de Toul. Elle est nouvelle^ car elle conçue sur un plan nouveau : elle embrasse dans un même ensemble le passé de trois Églises dont l'une reste une mère vénérée et les deux autres sont unies, comme deux sœurs, dans le culte des mêmes saints, dans la fidélité aux mêmes souvenirs. Elle fait aux institutions ecclésiastiques la part qui leur revient dans toute histoire générale. Elle suit la marche des événements et met en relief l'influence qu'ont exercée les bouleversements politiques sur la situation des évoques et le développement de la vie diocésaine. Également respectueuse des traditions authentiques et des exigences de la critique, elle ne s'appuie que sur des documents certains et préfère confesser son ignorance ou ses incertitudes qu'affirmer des faits douteux on patroner des hypothèses ; elle rectifie, preuves en mains, bien des assertions (2) ; elle corrige bien des détails. Elle s'attache enfin à n'être, ni un sermon, ni un plaidoyer, ni un panégyrique, heureuse de suivre la règle de conduite que, le 8 septembre dernier, le grand pape Léon XIII lui traçait, dans sa lettre au clergé de France : « Parce que l'Église, qui continue parmi les hommes la vie du

(1) P. XII et XVI.

(2) Les discussions ont leur place dans les notes. Le texte est ainsi plus dégagé et plus accessible à tous.

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