‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 243 sur 265 · CHAPITRE II. — HUGUES DES HAZARDS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — HUGUES DES HAZARDS

ravant, par le chapitre, à Raymond Perraud, cardinal-évêque de Gurk et légat du Siège- Apostolique (1). René, pour tout concilier, promit, en avril 1501, au cardinal évincé de lui procurer la coadjutorerie de Toul (2): Raymond qui n'était pas à sa première résignation (3), se prêta de bonne grâce à cette transaction et les chanoines, en instruments dociles, élurent le cardinal-légat.

Ils se félicitaient, eux et Olry, d'avoir évité toute fâcheuse contestation et d'avoir assuré à leur Eglise un pasteur « de mœurs exemplaires, distinguée tous les rapports, et d'une loyauté à toute épreuve (4) ». Mais le duc, en tout ceci, avait agi par politique. Raymond Perraud était un étranger ; dans la collation des bénéfices, il avait, comme légat, préféré les Italiens aux Lorrains. Il n'était donc pas l'homme qu'il lui fallait à Toul et il ne l'avait

(i) Mcurissc, 597. — Ben. -Pic, 599. Notre historien toulois appelle 'a tort le cardinal de Gurk, Raymond BaraiUe. — Raymond Perrault, né à Surgèros, en Saintonge, fut employé par Innocent VIII, en Allemagne et en France, à plusieurs négociations délicates. Il fut pourvu de l'évêché de Gurk, en Carinthie, puis de l'évêché 'de Saintes ; fut nommé, le 20 septembre 1493, cardinal du Ulre diaconal de S'*-Marie-in-Cosmedin; opta, en 1497, pour le titre de S'-Vital ; puis, en 4499, pour celui de S^'-Maria-Nuova ; fut envoyé comme légat en Allemagne, vers 1500, pour travailler h la pacification des esprits et se montra très zélé pour la croisade contre le Turc et pour les intérêts du Saint-Siège. — Lorsqu'il apprit sa mort, Jules H écrivit : « Erat reclus et Sedi Apostolicœ admodum utilis » {Lib. Brev., XXIX, f*72, cité par Pastor, Hist. dea Papea, V, p. 86, n. 2). — Sur Raymond, voir Pastor, op. cit., ;>«.s\s\ — . Cristofori, op. cit. — Aubery, Hist. de.^i Cardinaux, II, pa.^sim. — Moroni, Dizionarîo. — Schneider, Die kirchliche und politische Wirksamkeit des Legaten Raymond Peraudi (US6-1S05). Halle, 1881.

(2) 1501. — Lettres de René II par lesquelles il est accordé que le cardinal de Gurce soit coadjuteur de l'évêché de Toul, en se désistant de ses prétentions sur celui de Metz, en faveur du fils du duc de Lorraine (Bibl. nat.. Coll. lorr., 242 bis, n* 59). — Promesses du roi René, duc de Lorraine, à Raymond, cardinal de Gurk, de l'aider de son pouvoir k prendre possession et jouissance et percevoir les fruits et émoluments de l'évêché de Toul et de certains autres bénéfices y mentionnés, cas de vacation échéant (Arch. de M.-et-M., B. 396, f 49, 18 avril 1501).

(3) Il avait déjà renoncé, le 4 mars 1499, à la réserve que le pape avait faite en sa faveur de l'archevêché de Besançon ; puis, le 18 de ce même mois, il avait résigné l'évêché de Maguelone (Bibl. Barberini, Ms XXXVI 10, ict. Consist. f«' 43 et 45).

(4) Trithème, cité par Schneider, op. cit., 1-2, — L'abbé de Spanheim ajoute même : a Je ne connais pas un seul homme de notre temps qui lui soit comparable Il sut faire preuve d'une constance admirable dans le mépris des

honneurs et des biens de ce monde. »

fait élire que pour s'en débarrasser. Il fit en secret travailler le pape pour empêcher l'expédition des bulles ; il retourna complètement le chapitre et il reprit, contre le coadjuteur, la guerre d'escarmouches qui lui avait parfaitement réussi avec Antoine de Neufchâtel.

Cependant Perraud avait obtenu ses bulles, le 16 juillet 1501 (1) ; il les fit présenter à l'assemblée capitulaire et, non sans étonnement, se les vit refuser comme subreptices. Alexandre VI, informé de cet incident, envoya l'ordre aux chanoines de cesser leur opposition (2); mais ceux-ci, montés par René II, s'opiniàtrèrent et enfin, le 20 octobre 1505, espérant sans doute trouver un appui dans le nouveau pape, Jules II, ils élurent par vote secret coadjuteur un de leurs collègues, Hugues des Hazards (3). Biâmont signa un acte de renonciation en sa faveur (4), et ils écrivirent au souverain pontife pour lui demander de confirmer cette élection.

Né en 1454, d'une noble famille de Blénod-les-Toul (5), Hugues avait fait de brillantes études à Toul, à Metz, à Dijon, et avait conquis à Sienne le titre de docteur en l'un et l'autre droit. Fort dévoué à René, il avait rempli quelque temps à Rome les fonctions d'agent et d'avocat pour la cour de Lorraine : il avait été employé à de délicates négociations auprès de l'Empereur et du roi de France. Pour reconnaître ses services, le duc l'avait fait élire chanoine de la cathédrale et de la collégiale St-Gengoult, archidiacre de Port, doyen de Metz, prévôt de St-Georges; ill'avait nommé

(1) 29 sept. 4504. — Raymondus, c. S. Mariœ Novœ, coadj. Ulrici epiacopi tullensû, provisus XVII kal, augusti, anno IX (16 juillet 1501), obligat. flor. auri 2500 (Arch. Vatic, S. C, Lï. 417, d'après Inv. Garampi].

(2) Bulle d'Alexandre VI, nommant Raymond, cardinal de S'» Marie la Neuve à la coadjutorerie de Toul, du consentement exprès d'Olry de Blàmont, et ordonnant au chapitre de le reconnaître pour tel (Lem., I, 37).

(3) Arch. deM.et-M., G. 75, f 78.

(4) // maii 4506. — Hug. de Hazard fit episc. TulL per cessionem Olrici de Àlbomonte (Arch. Vatic, Cons. iS3, p. 56, d'après Inv. Garampi).

(5) Sur Hugues des Hazards, outre les sources générales déjà citées, voir Guillaume, Notice sur te bourg de Blénod-les-Toul^ Nancy, Grimblot, 1843, Dans ce livre, se trouve un Éloge historique de Hugues des Hazards, plus emphatique que documenté, mais suivi de notes et d'appendices précieux.

Hugues des Hazards portait d'azur à la croix d'argent cantonnée de quatre dés de même^ avec la devise : « Moderata durant ».

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