‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 242 sur 265 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Hugues des Hazards (1506-1517)

Dès le 21 novembre 1498, la résignation que venait de faire de son siège le cardinal de Ste-Agathe, Barthélémy Marty, avait procuré à Jean Maradès Tévôché de Ségorbe ; mais celui-ci, d'après la bulle, devait garder son titre et ses émoluments d'évèque de Toul, durant la vie et une année encore après le décès de son associé (1). L'année suivante, il céda ses droits sur Toul au cardinal Marty, lequel reçut ses bulles le premier novembre 1499 (2) et mourut quelques mois plus tard, le 15 avril 1300 (3). Dix jours après, le 23 avril (Alexandre VI ne perdait pas de temps), la part de Jean Maradès fut attribuée à Antoniotto Pallamcini, cardinal du titre de

(1) il novembr. 1498. — Àdmisit (S. P.) resignationem Reverendissimi Dni Bartholomu'i Martini, tituli S. Agathœ^ de ecclesia Sugubricensi et Beatœ Mariœ de Àlba Regina^ invicem u/m7i.s, et de eis providit in commendam Dno Joanni Maradès ^ epiacopo tullensi^ cum retentione ecclesiœ tul tennis, quamdiu Olricus^ ejtui coepiscopus tullensis, vixeritet^eo vita functo^ adannum tantum ; reserrata eidem resignanti annua pensione dnorum millium ducatorum super fructibus prœfatarum unitarum et tuHensis ecclesiarum, videlicet mille super unitis et mille super tullensi et collatione beneficiorunt^ cum regressu per cessum et recessum (Bibl. Burberini, Ms. XXXVI, 10, Àcta consistorialia, l* 23). — Ségorbe, ville épiscopale de la province de Valence, Espagne.

(2) 1501, ii mari. — Bartholomœus, S. Agathœ presby. card. bon. mem.^fuit provisus de Ecclesia tullensî^ kaleudis novembris, anno V/// (li9îî). — (Arch. Vatic. Obi. y C. .1., IjOl, p. 114, d'après l'inventaire de (jarampi, car le volume manque.) — 25 mars 1501. Huila provisionis eccl. tullensis favore b. m. Bartholomœi, card. S. Agathœ, kal. nov.ann. VllI,oblig. flor.... {Ibid.^S. C, 9, p. 98). — Marty avait été créé cardinal de S" Agathe le 19, février 1496 (Crislofori, Storia dei Cardinali, p. 232).

(3) Bibl. Corsini, Ms. i;i3, Diarium Alex. VI, f 229. — Cristofori, lac. cit.

Ste-Praxède et déjà évoque de Vintimille, de Pampelune, de Tournay, de Cumes, etc. (1).

De toutes ces péripéties, assurément bien curieuses (2), ron ne semble pas s'être douté en Lorraine. Olry de Blâmont avait eu trop à souffrir de ses démêlés avec son compétiteur pour ne point cher cher à éviter à son successeur et à son diocèse les ennuis et les maux de déchirements aussi funestes. Accablé par Tàge et les infirmités, il pria les chanoines de lui choisir un coadjuteur qui lui succédât. La mesure était très sage et il nourrissait Tespoir que la Cour de Rome ratifierait cette élection; mais il avait compté sans René IL

A Metz, comme à Toul, le duc avait suivi la même politique. Dès Tan 1500, il avait obtenu de son oncle, Henri de Vaudémont, qu'il prit pour coadjuteur et futur successeur son fils Jean de Lorraine, alors âgé de deux ans (3). Mais cette dignité avait été offerte aupa-

{i)SO sept. 4300. intoniotus, card. Stœ Praxedist, electus tullensia^ fuit provistis VU kal. maii, anno VIII (25 mars 1500) ; ohligat. flor. iôOO. (Arch. Vat., S. C.,9, p. 76). — 1500, Àntoniotus, S. Praxedis card. pref:byt., provisus fuit VU kal. maii^anno VIII, de ecclesia tullensi ; taxatur ad flor. ^500. [Ibid., Ohlig. C. A., 1500, p. 95). — Les deux volumes manquent; mais les références sont de Garampi.

Àntoniotto Pallavicini, d'une illustre famiUe génoise, fut évoque de Vintimille, en 1484, d'Orense, de Pampelune, de Nicosie, de Tournay, de Cumes, de Lamego ; créé cardinal du titre de S»* Anastasie, le 25 mars 1489, il fut transféré au titre de S"-Praxède, le 20 septembre 1493, puis de S^-Étienne au Célius, le 21 mai 1503; il fut envoyé par Jules II aux rois de France et d'Espagne pour conclure un traité d'alliance contre la république de Venise ; il mourut en 1;507, cardinal évoque de Préneste et fut enterré à Sainte-Marie-du-Peuple (Moroni, Dizionario ; Cristofori, op. cit., pasaim).

(2) Telles sont au moins les conjectures que je suis porté à faire d'après les fiches de Garampi et consorts que j'ai transcrites en notes. Le volume cité (]os Ohligat innea C. Àp. manque aux Archives Vaticanes ; les Actes consistoriaux que j'ai pu consulter aux bibliothèques Corsini (Ms. 133) et Barberlni (XXXVI,10) ont, entre autres, une lacune de 1498 à 1")04. Je n'ai donc pu constater l'exactitude de ces indications ; mais comme les références renvoyant aux Obligationes et aux registres consistoriaux coïncident quant aux noms et aux dates, et sont do deux mains différentes, j'ai tout lieu de croire à l'autorité de Tlnvenlaire Garampi et c'est pourquoi je mentionne cette succession curieuse de co-évéques d'Olry de Blâmont, inconnue jusqu'ici de nos historiens toulois, vu que tout se passait à Rome.

(3) Calmet, V, 579. — Nous retrouverons plus tard Jean de Lorraine sur le siège de Toul. Calmet (ibid.) prétend que Jean était déjà coadjuteur d'Olry de Blâmont.

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