‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 5 sur 265 · AVANT-PROPOS XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XI

11 est des fautes plus graves. Saint Epvre, s'il faut l'en croire, fut sacré la quatrième année du régne de l'empereur Adrien, c'est-à-dire vers 121 (1). Or, saint Epvre fut certainement le second successeur de l'évêque saint Auspice, lequel fut le contemporain et le correspondant de Sidoine Apollinaire (430-489) ; il ne peut donc pas avoir vécu au commencement du ii' siècle. C'est là une erreur grossière : notre auteur prend pour garants!de son afiirmation les « Libri auctorales » ; ni eux, ni lui n'étaient forts en chronologie.

Voici un autre exemple : Albaud, successeur de saint Epvre, aurait obtenu, pour l'abbaye qu'il élevait aux portes de Toul, un privilège apostolique des saints papes et martyrs Etienne et Fabien (2). L'auteur s'abrite encore ici derrière d'anciens documents : » ut in antiquissimis reperitur tomocartis ». Malheureusement, ces deux papes ont vécu au milieu du ni' siècle. Leur intervention dans nos annales est vraisemblable après ce qu'il a dit de saint Epvre ; mais non après ce que nous savons de saint Auspice.

Quant à son catalogue épiscopal, nous aurons à constater plus tard qu'il est incertain, incomplet et défectueux.

En somme, les Gesta episcoporum tuUensium ne nous fournissent de renseignements sérieux que pour les derniers épiscopats : l'auteur est alors soutenu par des pièces authentiques, par des relations contemporaines et, probablement par des souvenirs personnels. Mais, pour les temps plus anciens, comme il n'eut à sa disposition que des traditions orales ou des documents contestables, son témoignage est celui d'un homme honnête et consciencieux, qui rapporte sans grande critique des choses qu'il sait par oui-dire. 11 ne veut, ni se tromper, ni nous tromper ; mais sommes-nous certains que ses informations soient exactes '?

§ II. — Le Codex de Saint-Mansuy (Tullensis I).

Les Gesta, nous nous le rappelons, sont interpolés de documents étrangers et notablement plus longs, dans le manuscrit qui se conserva jusqu'à la Révolution à l'abbaye Saint-Mansuy, que Dom Calmet inséra dans les Preuves de son Histoire de Lorraine et que j'ai nommé le Tullensis I. Cette compilation constitue le second monument historique de notre Église et, à ce titre, clic mérite une étude.

Elle comprend : 1° Le début des Gesta ou vie brève de saint Mansuy (3)

(2) Ibid.

(3) En publiant ce codex, Dom Calmet (2* éd., I, cxxi) l'a fait précéder des premières lignes d'une épi tre- préface adressée par Adson à saint Gérard : a Domino sancto et beatissimo antistiti Gerardo^ Àdso, indignus servorum Dei serrus, abbatum ultimus, peccatorum primus, œtenue Redemptionis munus. » — Ces lignes sont empruntées au texte que Dom Martène a trouvé dans la bibliothèque de Colbert et publié iti-extenso, en tôte de son travail {op. et toc. cit.).

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