‹ Histoire des diocèses de Toul, de Nancy & de Saint-Dié, publiéeChapitre 7 sur 265 · S., IV · texte numérisé non relu

S., IV

AVANT-PKOPOS XIII

écolâtre de Toul de recueillir tous les souvenirs que pourraient lui fournir la tradition et les monuments écrits et d'en composer a un corps d'Iiistoire qu'on pût lire le jour de la fête de notre saint dans toutes les églises de son diocèse (I) ».

C'était donc une œuvre d'édification que réclamait saint Gérard ; ce fut une œuvre d'édification que rédigea notre abbé. .Son travail est intitulé : « Vitœ et actuum B. Mansueti^ primi Leuchorum urbis pontificis, lihri (2). » Il est divisé en deux livres : le premier comprend quatorze chapitres (I à XIV) et raconte la vie de saint Mansuy, de saint Amon, son successeur, et la visite de saint Martin au tombeau de notre Pore dans la foi. Le second livre (cb. XV à XXI) renferme le récit des miracles que le saint Pontife opéra du temps même du narrateur, sous les épiscopats de saint Gauzelin et de saint Gérard.

Pour la première partie de son ouvrage, Adson ne se dissimulait point les difficultés. Il fait remarquer lui-même, dans une épltre-préface et dans l'introduction à son second livre, qu'il se trouvait complètement dépourvu de monuments authentiques ; et en effet, il n'avait à sa disposition que les Gesta^ fort laconiques, et les amplifications qui s'étaient formées dans l'imagination populaire, durant le cours de plusieurs siècles.

Prenant son parti de cette indigence, il emploie tous ses soins à donner une forme littéraire aux récits qui circulaient dans le pays, à les dramatiser pour frapper davantage l'esprit des masses» à en tirer des enseignements pour la conduite de la vie. Et en cela, il n'a point l'intention d'encourager la crédulité du vulgaire ; il croit sincèrement que la voix du peuple est la voix même de l'histoire. Quand il le peut, il invoque des documents écrits et parfois, quand la tradition ne lui parait pas certaine, il réserve son affirmation et se contente d'un simple on-dit, « ut fertur ».

Pour la seconde partie, il était moins embarrassé : il se trouvait en présence de faits contemporains. Aussi, pousse-t-il un véritable soupir de soulagement : K Ce qui s'est passé de notre temps, écrit-il, nous le raconterons avec d'autant plus de sécurité que nous en sommes plus rapprochés (3). »

Les deux livres d'Adson ont donc une valeur fort inégale. Sans aller aussi loin que les Bollandistes qui prétendent que lu vie de saint Mansuy proprement dite, est (( remplie de bagatelles et d'inepties, développées par l'auteur en un style affecté et verbeux jusqu'à provoquer des nausées (4) », je reconnais

(1) Ben.-Pic.,188.

(2) L'œuvre d'Adson a été publiée intégralement par Dom Calmet, op. et loc, ciï., et les Bollandistes, Act. SS., loc. cit. — Martène {op. cit., 1013 et sq.), et Waltz {Script., IV, 509 et sq.) n'ont reproduit que le Livre des Miracles.

(3) « Quœ nostra œtate gesta sunt..., tanto securius proferirmis, quanta hœc quoque vicinius fuisse facta sine dubio tenemus » (Livre II, Incipit, Galmet, 1" éd., I, cxxxiv.)

(4) « In quitus multutn palearum seu ineptiarum quœ biographus affectata et ad nauseam eloquentia venditat. » {Act. S5., !• sept., p. 617.)

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