CHAPITRE I
Saint Gauzelin (922-962;
Quand Gauzelin monta dans la chaire de saint Mansuy, le diocèse était en bonne voie d'organisation : le chapitre avait son primicier, son doyen, son vice-doyen, son trésorier, son chantre et son chancelier (1) ; les paroisses étaient constituées et les grandes divisions rurales avaient déjà peut-être leur archidiacre, vicairegénéral et substitut de Tévêque pour l'administration, la surveillance et le contentieux (2). En 916, à la suite de Dreux et de Sigidée, abbé de Saint-Epvre, signent le primicier Rolland et trois archi diacres, Hetdon, Angelrand et Alton (3), et plus tard, en 941, au bas d'une charte de saint Gauzelin, pour Saint-Epvre, nous lisons les noms du primicier et de sept archidiacres (4) : ce qui semblerait coïncider avec ce que le P. Benoît-Picart nous assure de la division primitive du diocèse en huit archidiaconés (5).
11) Au bout (lu diplômo do 023, déjà signalé (voir plus haut, p. 136, n. 1) ot publié par H. Lopage {L'abbaye de Bouxières, dans Mém. Soc. Arch. lorr., XH, 133), nous trouvons los signatures do Angelrand, primicier ; Haidulph, doyen ; Barnold, archidiacre ; Alxlo, archiclavù (trésorier) ; Ado, chantre ; Leulhcr, vice-doyen ; Rotland, chancelier.
|2) Thomassin, Ane. diac, I, 571 et scf. — Cette «luestion dos archidiaconés sera traitée plus loin.
(3) Placitum Drogonis^ episcopi tuliensis^ pro monasterio S. Apri, 3 nov. 916 (Mabiilon, Ann. Ord. S. Ben., III, 697). — Sigideus, abba.^ S. Apri, Flamirnnn, /ilium nobitis feminu' Archelindis, recipit in monachuin, :i novembre 916 (Gall. Christ., XIII, imitr., 452).
(4) Donation de Golombey à Saint-Epvre par saint Gauzelin, 16 cal. janvier 941 {Gall. Christ., imtr., 4;W).
loi Op. cit., 164.
Les biens de Tévêque et ceux du chapitre étaient séparés, par suite du désintéressement des prélats, de donations spéciales et de partages à Tamiable.
L'évêque avait la suzeraineté des monastères de Saint-Epvre, de Saint-Germain-sur-Meuse, de Bonmoutier, de Saint-Pient à Moyenvic, de Pauliniacus et d'Oflonville(l); des droits anciens et authentiques sur les abbayes de Moyenmoutier et de Montiérender, alors possédées en bénéfice par des laïcs ; la forteresse de Liverdun qui se dressait fièrement sur sa colline, dominant la Moselle; Blénod les-Toul et quelques villœ environnantes (2) ; des manses ou des domaines disséminés dans le diocèse.
Le chapitre venait de faire reconnaître ses biens par Charles le Simple (3) ; aussi en avons-nous la liste authentique dans le diplôme qui lui fut octroyé. C'étaient Noviant ou Void (3), Sorcy (6), Ourches (7), Troussey (8), Beuron (9), Tabbaye Saint-Martin, dans les vallées de la Meuse ou de la Saulx ; Villey-Saint Etienne (10) et Dommartin (11), sur la Moselle ; Vicherey (12) et ses dépendances, dans le Saintois; des manses, des terres, des vignes ou des forêts,
(1) Se rappeler ce que j'ai dit plus haut (p. 89 et 96) sur la situation do ces abbayes vassales et ne pas confondre cette situation féodale avec la commende.
(2) Blénod'leS'Toul, c. de Toul-Sud, M.et-M. — Ces rillœ étaient, entre autres, Buchuliacum (Bicqueley) et Gaiacum (Gyo), c. de Toul-Sud ; Alonmn Allamps, c. do Colombey ; Campaniacutn (Champougny), c. de Vaucouleurs, Meuse.
(4) Ben. Pic, XV. — Cf. plus haut, p. ia*i.
(5) Void, arr. de Commercy, Meuse.
(6) Le texte porte Sorberiacuin ; ce doit ^tro une faute de copiste pour Sor- CPiuwi, Sorciacum, Sorcy (c. de Void), cure dont le chapitre était collaleur.
(7) Ourches, c. de Void.
(8) Troussey, c. de Void.
(9) Beuron, nom inconnu. — Serait-ce Beurey, c. de Revigny ? Je le croirjiis d'autant plus volontiers, que plus bas nous trouvons Couvonges. Or, ces deux villœ avaient été données ensemble à TÉglise de Toul par l'évéque Garibald (Cf. p. 89, n. 1) ; ce pourrait être aussi Bonnet, c. de Gondrecourt (Meuse), que nous voyons plus tard faire partie de la prévôté de Void. — L'incorrection des t(ixtes rend l'identification très diflicile.
(10) VilleySaint-Klienne, c. de Domévre-en-Haye, M.-et-M.
(11) Dommartin- les-Toul, c. deToul-Nord.
(12) Vicherey, c. de Chàtenois, Vosges.