LA QUESTION DES LOIS ÉCONOMIQUES
Mais si certains écrivains catholiques, comme nous venons de le voir, ont contesté et nié l'existence des lois économiques, ce n'est point assurément à la théorie de l'évolution qu'il faut rattacher ces controverses.
Les arguments dont elles s'inspiraient étaient d'un ordre tout opposé. Nous les ramenons nettement à trois : 1° la supériorité de la morale sur l'économie politique et, par conséquent, la subordination des lois économiques aux lois morales, qui les domineraient ou mieux encore les effaceraient derrière elles ; 2° le libre arbitre, par opposition au déterminisme; enfin, S'' la nécessité d'une intervention efficace et directe de l'Etat pour l'amélioration immédiate du sort des classes ouvrières. De ces arguments, les deux premiers sont tirés de données inexactes empruntées à la philosophie ; le troisième est moins une raison qu'un sentiment ; mais il nous achemine à un socialisme d'Etat qui a été très effectivement insinué et même professé. Nous ne nous arrêterons ici qu'aux deux premiers arguments, en ajournant un peu la discussion du troisième.