OBJET ET LIMITES
disciplines économiques historico - descriptives , qui étudient les phénomènes de la richesse dans leurs manifestations concrètes et variables, dans le temps et dans l'espace, en ce qu'elle étudie, au contraire, les relations abstraites et constantes, et les caractères typiques et essentiels de ces phénomènes. Partant l'économie politique diffère d'une façon substantielle de l'histoire et de la statistique économiques.
L'histoire économique raconte les faits particuliers concernant la richesse et elle s'occupe principalement des institutions publiques et privées qui les concernent ;. elle en expose les origines, les progrès, la décadence, la renaissance, et recherche, par l'induction qualitative, les causes concrètes qui les ont produites et les effets immédiats qui en sont dérivés, sans en rechercher les causes premières permanentes et absolues. Autre chose est écrire l'histoire du commerce du moyen âge, comme l'a fait magistralement Heyd. ou l'histoire spéciale du commerce français fort bien racontée par Pigeonneau, autre chose expliquer dans son essence intime la fonction universelle du commerce, comme l'a si bien fait Lexis.
La statistique économique décrit les faits qui concernent la richesse et les industries; elle les dispose avec une exactitude arithmétique en groupes d'éléments quantitatifs homogènes et en séries réelles successives, formant ainsi des cadres qu'elle rend souvent plus instructifs par l'étude comparée, et qu'elle porte à un degré encore plus élevé d'utilité quand, par l'induction quantitative, elle découvre, dans la coexistence et la succession des faits observés, certaines régularités empiriques intéressantes, qu'il ne faut pas confondre avec les lois scientifiques, parce qu'elles sont liées à des conditions déterminées de temps et d'espace. Autre chose est la statistique des prix sur les marchés de Hambourg et de
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Londres dans les trente dernières années, autre chose la théorie générale de la valeur et du prix que l'on trouve dans les œuvres de Galiani, de Condillac, de Ricardo, de Mill, de Jevons, de Menger.
Il ne faut pas, en troisième lieu, confondre l'économie politique avec la morale économique, qui étudie les modes légitimes d'acquisition et d'emploi des richesses à propos des devoirs de l'homme, en les considérant comme un moyen utile ou comme un obstacle dangereux pour l'exercice de la vertu, qui est le but auquel elle tend. Autre chose est la recherche du juste salaire dont s'occupent les moralistes (théologiens et philosophes) et quelques économistes (par exemple Brants, et avec une méthode et pour une fin différentes Thilnen), autre chose la théorie uniquement et scientifiquement économique du salaire, qu'ont élaborée Smith, Ricardo, et à laquelle se rattachent les controverses, vives encore en Angleterre et en Amérique, pour nous en tenir à quelques auteurs, entre Walker, Marshall, Bonar, Macvane, Giddings.
Il faut enfin soigneusement distinguer l'économie politique du droit économique, philosophique et positif, qui pourrait embrasser la plus grande partie du droit privé (tout le droit commercial et la plus grande partie du droit civil), une partie considérable du droit administratif et quelques théories du droit pénal. Le droit économique a pour objet les droits et les devoirs publics et privés qui naissent des faits économiques et des institutions qui s'y rapportent, et les sanctions auxquelles ils donnent lieu ; il règle la sphère de compétence externe des personnes physiques et morales dans les relations qui dérivent de leur activité dirigée vers l'acquisition, la possession et l'usage des richesses ; l'économie, au contraire, nous le répétons, recherche les lois rationnelles des faits économiques et donne des