‹ Histoire des doctrines économiquesChapitre 72 sur 90 · C. Menger, Grimdsaize der Volhsîcirthschaflslehre · texte numérisé non relu

C. Menger, Grimdsaize der Volhsîcirthschaflslehre

Wien, 1871. — Zur Théorie des Kapiials (in Jahr-

hùcher fur Naiional-Oekonomic . Jena, 1889.) —

V° Geld, dans Y Handioorierbuch de Conrad, vol.

III, 1892. — Der Uebergang zur Goldwcihrung. ■ Wien, 1892.

Fr. V. Wieser, Ueber den Ursprimg und die Hawpl-

gesetze des wirthschaftliches Werlhes. Wien, 1884.

— Der natùrliche Werth, 1889.

R,. Zuckerkandl, Zur Théorie des Preises. Leipzig, 1889. Joh. V. Komorzynski, Der Werth in der isoUrten

Wirthschaft. Wien, 1889.

Cfr. W. 'èmdiTi, An introduction lo ihe iheorij of value

on the Unes of Menger, etc. London, 1891.

Le signal de la lutte contre le courant trop exclusif de l'école historique a été donné par Menger dans ses classiques Untersuchungen, qui constituent un exposé profond et clair des préliminaires d'une méthodologie économique, dont Fauteur s'occupe depuis de longues années, tout en dirigeant en même temps les travaux préparatoires d'une hibliographie générale de l'économie politique. Un compte-rendu acerbe et inexact de Schmoller provoqua une réponse très vive et trop agressive de Menger, qui, à son tour, fut suivie d'articles plus mesurés, dans lesquels Wagner et Dietzel, malgré quelques réserves, adhéraient à ses opinions. A l'honneur de Menger il faut ajouter que, loin de mépriser ou même de négliger les recherches historiques et historico-littéraires, il les encourage, comme le prouvent les excellentes thèses de ses disciples Bauer et Feilbogen, dont nous avons déjà parlé, et celle de Schullern, dont nous parlerons plus loin.

EN AUTRICHE, ETC. ^tdS

C. Menger, Untersuchungen ûber die Méthode der Socialicissenschaflen und dn' politischen Oekonomre insbesoudere. Leipzig, 1883. — Die Irrihiimer des Historimus. Wien, 1884.

Parmi les disciples de Menger le plus éminent est sans aucun doute Eugène von Bohm-Bawerk, professeur à Innsbruck et maintenant à Vienne. Il a commencé sa carrière par une remarquable monographie, dans laquelle il cherche à démontrer que les simples rapports de droit et de fait ne forment pas un capital au point de vue de l'économie sociale, bien qu'ils puissent former une partie importante du patrimoine individuel. 11 a, plus tard, avec plus de largeur que ^^'iescr, développé la théorie de la valeur, déduite de l'utilitélimite, d'après la doctrine de leur maître commun. L'œuvre la plus importante de Bohm-Bawerk e.st l'histoire et la théorie de l'intérêt du capital ; il l'explique par la différence de valeur entre les biens présents et les biens futurs, qu'ils soient employés dans la consommation ou dans la production. Ce livre est remarquable par la profondeur des recherches, par sa critique pénétrante et la clarté lumineuse de son exposition, malgré les critiques acerbes que quelques auteurs ont faites sur l'exactitude et Timportance de ses conclusions.

D'autres élèves de Menger, comme Gross et particulièrement Mataja, ont étudié le profit ; Schullern a analysé le concept de la rente ; Meyer a remarquablement exposé la théorie de la justice dans la répartition des impôts, et il a soumis à une révision diligente la théorie de la rente ; Eugène vonPhilippovich est l'auteur d'une excellente étude sur la banque d'Angleterre dans ses rapports avec les finances {Die Bank von England^ Wien, 1885); il a débuté dans la chaire de Fribourg par la publication d'une judicieuse leçon d'ouverture

4o4 L ECONOMIE POLITIQUE

[Ueber Aufgabe und Méthode der politischen Oeko^ nomie. 1886); plus tard, il a publié un bon précis. Il faut ajouter que l'école austro-allemande n'a pas oublié les questions d'application et d'actualité, comme le prouvent notamment les travaux de Mataja (Oa.s Recht des Schadenersaizes, 1888) et ceux de Seidler sur les budgets {Budget und Budgetrecht, 1885) et sur les peines pécuniaires [Die Geldstrafe, in vol. 20 des Jahrbïi.cher fur Xational-Oekonoinie, 1890).

Eug. V. Bôhm-Ba\verk, Redite und Verhdltnisse vom Slandpunkte der volksivirthschaftlichen Gùlerlehre. Innsbruch, 1881. — Grundzûge der Théorie des ivirthschaftlichen Gùierirerths (in Jahrbûcher de Conrad, 1886). — Kapiial und Kapiialzins. Innsbruch, 1884-1889. Deux volumes. - Trad. angl. de W. Smart, 1890-1891.

F. Mataja, Der Unlernehmergewin. Wien, 1884.

G. GTOSS,DieLehre vom Unternehniergeicinn, Leipzig,

1884. — Wirthschafisformen und Wirihschafts-

prinzipien, 1888.

H. V. Schullern, Untersuchungen ùber Begriff und

Wesen der Grundrenie. Leipzig, 1889.

Rob . Meyer, Die Principien der gerechten Besteuerung .

Berlin, 1884. — Bas Wesen des Einkommens, 1887. Eug. V. Philippowich, Grundriss der politischen Oe-

konomie. Freiburg i. Br., 1893. Deux volumes.

Tout en étant d'accord avec nos illustres collègues de Vienne et de Prague sur la méthode et tout aussi convaincu qu'eux-mêmes que l'application qu'en a faite Ricardo n'est pas inattaquable, nous nous permettons cependant d'émettre un doute sur l'importance qu'ils attribuent à la théorie de l'utilité-limite et à ses dérivés. Nous l'acceptons comme un complément utile et comme une correction partielle à la théorie de la valeur courante, mais nous ne pouvons

accorder qu'elle doive remplacer celle de la valeur normale et devenir le centre d'une économie nouvelle sur une base purement psychologique. Les réflexions de Dietzel et de Patten [Jarhûcher fur Nationalôkonomie, 1890-91), nous semblent dignes d'être prises en considération, parce qu'elles ne sont pas, comme celles de certains adversaires, de grossières équivoques. Il faut en outre souhaiter moins de prolixité et plus de clarté.

Cfr. sur l'école aulro-allemande : James Bonar, The Austrian Economists. (in Quarterly Journal of Economies. Boston, octobre 1888). — Em. Sax, Die neueslen Forlschrilte der naiionalokomischen Théorie. - Trad. ital. de A. Graziani. Siena, 1889. — E. v. Bôhm-Bawerk, The Austrian Economists (in Annals of the American Academy, etc. J'hiladelphia, janvier 1891).

Voir aussi la nouvelle revue trimestrielle Zeitsrhrift fur Vollxswirthschaft, Socialpolitik und Vericaltwuj. Wien, 1892.

.^" 2. l'économie politique dans LES PAYS-BAS

L'état des études économiques dans les Pays-Bas peut être considéré comme florissant. Elles sont représentées dignement dans les Universités de Leyde, d'Utrecht, de Groningueet d'Amsterdam; on leur ouvre les revues générales [De Gids) et elles ont leurs revues spéciales [De Economiste Vragen der Tijd.s). Les Hollandais sont tout à fait au courant de l'état actuel de la science en France, en Allemagne, en Angleterre ; ils sont restés fidèles aux traditions de l'école classique, dont ils ont perfectionné les résultats, et ils ont étudié dans de bonnes thèses de doctorat les questions de science pure et de science appliquée. Il suffît de mentionner le mémoire de van Houten sur la valeur (1859),

436 • l'écoîsOmie politique

ceux des éminents professeurs d'Aulnis de Bourouill (d'Utrecht) sur le revenu social (1874), d'accord avec les doctrines de Jevons, et de Greven (de Leyde) sur la théorie de la population (1875), étudiée du point de vue des idées des évolutionnistes Spencer, Greg et Galton, et, en outre, la thèse très correcte d'Heymans sur la méthode (1880), celles de Tasman sur la répercussion, et de Cohen Stuart sur l'impôt progressif ( 1 889) , et enfin , celles de Falkenburg sur le salaire, de Verrijn Stuart qui réfute l'opinion de ceux qui voient dans les théories de Marx une suite des théorèmes de Ricardo (1890), de von der Schalk sur les coalitions industrielles (1891), et de Methorst sur les maisons de travail pour les pauvres (1895) . Parmi les autres professeurs, nous devons citer van Ress (1825-1869), auteur de très savants travaux historico-littéraires, Quack qui a écrit de brillants essais sur le socialisme, Vissering (1818-1888), savant auteur d'un manuel élégant mais peu profond, Cort van der Linden, quia écrit dans l'e.'^iDrit de l'école allemande un bon précis sur les finances. Antoine Beaujon (1853-1890) leur est supérieur à tous sous beaucoup de rapports. Il s'est occupé d'abord de travaux statistiques, il a écrit ensuite en anglais son œuvre principale sur la pêche, et il a publié enfin une monographie précieuse » dans laquelle il a déduit correctement de la théorie des échanges internationaux le corollaire de la liberté du

commerce.

H. Q. G. Quack, De socialisten. Personen en stelsels.

Amsterdam, 1875-1879.

Sim. Vissering, Handboek van praldische Siaathuis-

houdkuncle, 1860-65; 4« édit., 1878. Deux petits vo-

kimes.

P. W. A. Cort van Linden, Leerboek der financien.

A. Beaujon, Hisiory of ihe duich sea fisheries. Ams-

terdam, 1884. — Handel en handeispoliiiek. Haarlem, 1888.

Guillaume Cornélius Mees (1813-1884), président de la Banque des Pays-Bas, a été un savant de premier ordre. Il a débuté par deux mémoires, le premier sur les altérations monétaires [De vi mutcitae monetae in solutionein pecuniae debitae, 1838), le second sur les anciennes banques de dépôt ; il a relevé quelques erreurs de Steuart et de Smith, et expliqué la véritable nature des opérations de la banque d'Amsterdam fProeve eener gesdiiedenis va.n het bankwezen in Nederland. Rotterdam, 1838). Il écrivit ensuite une excellente monographie sur le travail dans les établissements d'assistance (De Werkinrigtinge7ivan arnien, 1844). Il publia beaucoup plus tard ses travaux de science pure ; ils sont remarquables par la profondeur de la pensée, la correction un peu arido de la forme, et la sobriété de l'érudition. Dans le volume intitulé OverzicJit van eenige hoofdstukken der Staatshuishoudkunde. Amsterdam, 1886, il a résumé, avec une simplicité et une clarté remarquables, les théories de l'école classique, et, en particulier, celles de Ricardoet de Stuart Mill sur la production, la valeur, la distribution des richesses, sans omettre de parlerdes limites de leur champ d'application. 11 faut signaler tout particulièrement sa théorie des relations entre le salaire et la rente et celle des échanges internationaux, qu'il a enrichie de développements intéressants. Il a également publié d'autres mémoires dans les Actes de l'Académie Royale des Sciences d'Amsterdam, qui sont autant d'essais complémentaires, également très importants : le premier porte sur le système monétaire, dont Mees avait déjà parlé dans une monographie spéciale (Het niuntwezen van Nederlandsch Indie. Amster-

438 l'économie politique

dam, 1851), et aussi, à plusieurs reprises, dans de remarquables rapports officiels {De muntstandaard in verhand met de pogingen tôt invoering van eenheid VEin munt, 188')). Il y expose avec une méthode correcte la théorie du bimétallisme international, et il évite les exagérations des partisans extrêmes de ce système. Sur cette doctrine, presque généralement acceptée en Hollande, nous possédons des travaux de Pierson, de Van den Berg, directeur de la banque de Java, et enfin de Boissevain et de Rochussen (1891); les œuvres de ces deux derniers écrivains ont été couronnées. Les mémoires de Mees sur la répartition des impôts (1874) et sur les concepts fondamentaux de l'économie (1877) sont pleins d'observations pénétrantes.

Parmi les économistes hollandais actuels, la première place appartient à Nicolas Pierson (né en 1839), professeur d'économie à Amsterdam (1877), successeur de Mees à la présidence de la Banque néerlandaise (1884), et, depuis août 1891, ministre des finances. Esprit pénétrant, également bien doué pour les recherches historiques, scientifiques et les travaux d'application, Pierson a écrit de nombreux mémoires sur la monnaie, le crédit, la valeur, le salaire, la rente, l'impôt, etc., presque tous insérés dans les revues déjà citées, De Gids et De Economist. Admirateur des économistes anglais (en particulier de Ricardo, de Mill, de Je vous, de Marshall), il persévère dans la théorie du libre échange sans tomber dans l'optimisme; il admet une intervention modérée de l'Etat dans la question ouvrière, mais repousse énergiquement les théories du socialisme.

Parmi les monograpliies qui ont fait l'objet de publications séparées, nous citerons sa traduction du livre de Goschen sur le cours des changes, son discours sur le concept de la richesse [Het begrip van volksrykdom.

'S. Gravenhage, 1864) ; l'opuscule Twee adviezenover muntwezen (1874) et enfin ses brillantes et érudites dissertations historico-politiques sur le gouvernement des colonies (Het Kulhiur-stelsel, 1868. totalement refondues sous le titre de Koloniale jjolitiek. Amsterdam, 1877), Le chef-d'œuvre de Pierson est son traité d'économie politique, dans lequel, abandonnant les divisions ordinaires et sans aucun appareil d'érudition, il explique, avec une profondeur qui égale celle de Mees mais avec une toute autre vivacité de style, les doctrines de l'économie moderne. Il commence par la théorie de la valeur qui le conduit aux théories de la distribution et de la circulation; il continue, après avoir expliqué lesproblèmes financiers même au pointdevue pratique, par les théories de la consommation, de la population et enfin par celle de la production, dont il proclame l'importance capitale. Le livre de Pierson est en somme un des meilleurs exposés de l'état actuel de la science.

N. G. Pierson, Leerboek der Staalhidshoudkunde . Haarlem, 1884-90. Deux vol. — Grondbeginselen der Siaathuishoudkunde. Haarlem, 1875-76. -Nouvelle édition, un peu modifiée, 1886.

§ 3. l'économie politique en ESPAGNE

Cfr. (en dehors de mon article déjà cité). M. H. v. Heckel, Zur Entwickelung und Lage der neueren staatsivissenschaftlichen LiUeratur in Spanien (in Jahrbûcher fur Nationalùkonomie. Jena, 1890. Nouvelle série, 21« vol., pp. 26-49).

Le peu de stabilité des gouvernements, les crises économiques et financières, les nombreux obstacles à la diffusion du savoir, le peu d'originalité des écrivains.

440 l'économie politique

habituéi? à imiter les œuvres étrangères et notamment les œuvres françaises, suffisent à expliquer le peu d'importance relative des économistes espagnols et portugais contemporains; dans ces dernières années, on peut signaler quelques honorables exceptions.

Il existe en Espagne un très grand nombre de livres élémentaires, mais on ne peut louer en eux ni l'ampleur de la doctrine, ni la pénétratioa de la critique, ni la rigueur de la méthode, ce qui explique le besoin de traduire les résumés écrits en langue étrangère. On apprécia pendant longtemps le Curso de Economia -politico. (!'■" édit. Londres, 1828. Deux vol.-7'= édit. Oviedo, 185?.-trad. franc, de L. Galibert, 1833) d'Alvaro Florez Estrada (m. 1833), qui résume avec beaucoup d'habileté dans des analyses en partie originales les théories des économistes classiques. Les Principes d'économie politique du protectionniste A. Borrego (1844) sont plus connus que les excellents Eléments du marquis de Valle Santoro (1829). Les idées restrictives ont été encore plus favorablement défendues par l'illustre historien et publiciste Manuel Colmeiro (Trata,do elementa.1 de economia j^olitica eclectica. Madrid, 1845. Deux volumes), qui, converti plus tard au libre échange, résuma ses leçons dans les Principios de economia j^olitica (Madrid, 1859.-4'' édit., 1873). Benigno Carballo y Wangûemert (m. 1864) professa des idées plus conformes aux théories reçues dans son Curso de economia politica (Madrid, 1855-56. Deux vol.). Plus vaste encore est l'œuvre du professeurs. D. Madrazo, de l'Université de Madrid (Lecciones de econ. polit., Madrid, 1874-75. Trois vol.), disciple de Ba.stiat. Des théories analogues étaient professées par le sénateur Mariano Carreras y Gonzales, auteur d'un précis de statistique (i863), et d'un traite d'économie, fort en usage dans les écoles et qui porte le titre caractéris-

tique de F iloso fia del interès Personal (Madrid. 1865.- 3* édit., 1881). J. M. de Olozaga y Bustamente , auteur d'une œuvre érudite (Tratado de econoinia, politica. Madrid, 1885-86. Deux vol.), très répandue hors d'Espagne, n'est pas moins optimiste.

D'excellentes monographies ont été publiées dans la Gaceta, economîsta 1I86O-68. Douze volumes), dans les Mémoires de la Société économique de Madrid (1835- 77) et dans ceux de l'Académie des sciences morales et politiques (1863-78) ; d'autres ont été réunies dans les volumes d'Essais et d'Etudes publiés par Diaz (1855), par Duran y Bas (1856) et parEscudero(1878y. Le libre échange a été défendu par Figuerola, Barzanellana, de Bona y Ureta, Ochoa, Sanromâ, etc. ; sur le crédit en général ont écrit Casasas (1890); sur le crédit foncier, Oliver (1874), Isbert y Ouyas (1876) ; sur la propriété, Santamaria de Paredes (1874; et Martinez (1876) ; sur la population, Oaballero, qui a soulevé une vive polémique (1873) ; sur les crises industrielles, Pastor y Rodriguez (1879) ; sur la question sociale, Arenal 1880 , Ferran, Menendez (1882; ; sur les caisses d'épargne, Ramirez (1876); sur l'assistance, Aranaz (1859i, Perez Molina 1868, Montells y Bohigas (1879) et quelques autres.

Les ouvrages sur la science des finances sont très nombreux. En dehors du Diccionnario de liacienda de Canga Arguëllcs Londres, 18'26, - 2*^ édit. Madrid, 1834-40. Trois volumes) et des livres élémentaires de Lopez Narvaez (Tratado de Hacienda, etc., 1856) et de Lozano y Montes {Compendio, etc., 1878', on peut citer l'œuvre critique de Conte [Examen, etc. Cadix, 1854-55. Quatre vol.), les traités systématiques de Pefia y Aguayo [Tratado de la Hacienda, etc. Madrid, 1838), de Toledano [Curso de institue iones. 1859-60. Deux vol.) et l'ouvrage plus récent et plus accrédité de Pier-

442 l'économie politique

nas y Hurtado {Manual de instituciones de haciendapublica espanola. Cordova, 1869. - 4^ édit., Madrid^ 1891), riche de notices sur l'histoire et sur la législation financière nationale. 11 faut signaler d'une manière spéciale L. Maria Pastor (m. 1872), auteur de trois excellents travaux sur les impôts (La Ciencia, de la. contribucion. Madrid, 1856), sur le crédit privé et. public {Filosofla, del crédita, 1850.-2« édit, 1858) et sur l'histoire delà dette publique (Hisioi'ia de ladeuda publica espanola, 1853). Les impôts ont été étudiés par Heredia (1813), Lopez de Aedo (1844), Valdes-pino (1870), etc.; sur le crédit public il existe un traité élémentaire de A. Hermandez Amores (Murcie, 1869).

Parmi les travaux d'histoire économique il faut faire une mention spéciale pour ceux de F. Gallardo Fer-nandez [Origen, progvesos, etc. de las renias de Espaiîa. 1806-32. Sept vol.), pour la très intéressante histoire des banques espagnoles de R. Santillan [Historia sobre los bancos, etc. Madrid, 1865. Deux vol.) et pour l'excellent Essai sur la propriété foncière de De- Cardenas [Ensayo sobre la historia de la propriedad territorial en Espaiîa. Madrid, 1873-75. Deux vol.)

Les doctrines des socialistes de la chaire, combattue;?, par Rodriguez, Sanromâ, Carreras, trouvent des partisans éminents et modérés dans F. Giner [Principios elementales del derecho, 1871), G. Azcàrate [Estudios^ politicos y economicos, 1876), Botello (1889) et Sanz y Escartin (La cuestion economica, 1890). Une sage théorie éclectique est défendue par Piernas y Hurtado, professeur à Madrid [Vocabulario de la economia, 1877.-2^ édit., 1882), qui a récemment publié un volume d'Essais [Estudios economicos, 1889) et d'intéressantes conférences sur la coopération {El movimiento cooperativo, 1890), et aussi par L. de Saralegui

EN AUTRICHE, ETC. 4i3

y Médina (Tratado de economia fjôlitica. ^6" édit., 1890).

I. F. Da Silva, Diccionano bibliographico portuguez, etc., Lisboa, 1858-87. Quatorze volumes.

J. Fred. Laranjo, Economistas poriuguezes [0 Insiiiuto. Vol. XXIX et suiv. Coimbra, 1882-1884).

L'économie politique a trouvé dans le Portugal des conditions encore moins favorables qu'en Espagne. Le premier écrivain de quelque importance est l'évêque de Pernambuc et d'Elvas, J. J. Cunha d'Azéredo Coutinho (1743-1821), qui a publié quelques essais sur le commerce, les mines, la monnaie, l'esclavage. Un certain nombre de monographies sur les questions d'application ont été insérées dans les Mémoires de l'Académie des Sciences (1789-1816). L'excellent jurisconsulte et économiste José da Silva Lisboa (1756-1835 a le mérite d'avoir fait connaître en Portugal et au Brésil les théories de Smith ; il a résumé ses idées dans les Estudos do bem comum e economia, politica (Rio de Janeiro, 1819-20. Deux vol.). Nous trouvons des écrivains éclectiques ou partisans de la physiocralie, comme le professeur de Coïmbre, J. J. Rodriguez de Brito (1753- 1831), qui a écrit des Memorias politicas sobre as verdadeiras bases de la grandeza das naçoes, Lisboa, 1803-05) ; d'autres, au contraire, se sont faits les défenseurs d'un protectionnisme modéré, comme F. S. Constancio, traducteur de Malthus et de Ricardo, qui a fondé et dirigé à Londres les Annaes das Sciencias (1818-22) et José Accursio das Neves (1766-1834), un érudit connaisseur de l'histoire économique portugaise {Variedades sobre objectos relatlvos as artes,

commercio e manufacturas. Lisboa, 1814-17, Deux volumes).

Le premier précis d'économie loolitique écrit, dans une forme un peu scolaslique, par le prêtre D. Mannuel d'Almeida Lisboa, 1822), devait servir pour la chaire proposée par le député Rodriguez da Brito, mais non instituée par suite de l'opposition des partisans du système restrictif inauguré au siècle précédent par le ministre Pombal. Ont paru ensuite les Instituiçoes (Lisboa, 1834) de José Ferreira-Borges (1780-1838), extraites en grande partie des œuvres de ïracy et de Storch, les Preleçcocs (Porto, 1837) de Ag. Alb. da Silveira Pinto (1785-1852, les Xoroes elementares de Ant. d'OliveiraMarreca (Lisboa, 1838), le très court précis de Pinheiro-Ferreira [Précis cVun cours cléconoinie politique. Paris, 1840) elles autres plus récents de F. L. Gomes [Essai sur la théorie de l'économie politique, etc. Paris, 1807) et de L. Aug. Rebello da Silva [Com- 2:>enclio de economia politica, rural, industrial e commercial (Lisboa, 1868. Trois volumes).

Une chaire d'économie a été créée à l'Université de Coïmbre en 1830 et confiée à Adrien Pereira Foriaz de Sampajo. qui l'a occupée jusqu'en 1871. Il a publié un précis, inspiré dans la première édition 1 1839) par le catéchisme de Say et dans la seconde (1841) par le traité de Rau. Augmentée dans les réimpressions ultérieures, et notamment dans la cinquième [Novos elementos de economia politica e estadistica. Coïmbra, 1858-59. Trois vol.), corrigée à nouveau et un peu abrégée dans la sixième (1867) et dans la septième (1874. Deux vol.), cette œuvre, peu profonde, mais remarquable par l'ordre, la clarté et la richesse des renseignements, remplaça dans les écoles les compilations précédentes.

L'enseignement de la science des finances ayant été introduit dans l'enseignement de l'Université (1865\

conjointement avec le droit financier national comme en Espagne, Mendonça Cortez publia des Estudos fhinnçeiros, résumées (1873) par Ctirnido de Figuereido, auteur d'une Introduccao a sciencia das finanças (1874). On doit lui préférer le traité du professeur Antonio dos Sanctos Pereira Jardim (né en 1821), intitulé Princijnos de Finança (Coimbra^ 1869.-3eédit., 1880).

A Tinfluence des idées radicales, voisines du socialisme, est dû le petit ouvrage de F. M. de Sousa Brandao (0 tvahalho. Lisboa, 1857). Le ministre actuel des finances, Oliveira Martins (0 régime das riquezas, Lisboa, 1883) et J. J. Rodrigues de Freitas, professeur à TAcadémie polytechnique de Oporto {Principios de Economia politica. Porto, 1883), se sont in.spirés, au contraire, des théories de l'école historique et des résultats de la sociologie.

Parmi les monographies nous citerons les Principes de la science des finances {Syntelologia) de Ferreira Borges (Lisboa, 1834), l'histoire de la dette publique de Da Silveira Pinto {Dividapubliraj^orlugueza, Londra, 1831), les ouvrages de Morato Roma sur la monnaie (De lamonnaie. Libona, 1861), de Serzedello sur les banques [Os bancos, 1867) et du professeur Laranjo sur l'émigration et les colonies (T/ieo)7a gérai da emigraçào. Tome I. Coimbra, 1878).

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