DANS LES PAYS-BAS, EN ESPAGNE ET EN PORTUGAL
Nous réunissons dans ce chapitre, par manque de place, ce qui nous semble digne d'être noté dans les conditions de l'écononie politique chez deux peuples de nationalité germanique et deux de nationalité latine, et nous constatons tout d'abord que l'importance scientifique des deux premiers dépasse de beaucoup celle des deux seconds.
§ 1 . — l/ÉCCLE AUSTRO-ALLEMANDE
Bien qu'il n'ait pas antérieurement manqué à l'Autriche des économistes zélés et particulièrementdesstatisticiens (v. Czôrnig, Ficker, plus tard Neumann-Spallart, et maintenant Brachelli et le bavarois K. Th. v. Inama- Sternegg, éminent historien de l'économie allemande), cependant elle ne pouvait lutter avec les autres parties de l'Allemagne, même si Ton tient compte des nombreuses publications sur les questions commerciales, monétaires et bancaires. Sans parler des prolixes compilations du professeur Mischler (senior) de Prague, des savantes œuvres historiques de Béer, des monographies estimées de Plener, de Peez, etc., des bons essais de Neurath et de quelques travaux ingénieux de Hertzka,
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passé récemment au socialisme, nous rappelerons seulement les excellents précis des professeurs viennois Kudler (m. 1853) et Neumann-Spallart (m. 1888), le premier protectionniste, le second libre écliani^iste, et, d'une façon particulière, les œuvres financières, très étudiées et très élégantes du baron Charles de Hock (fê08- 1869), dans lesquelles nous trouvons des observations originales sur la répercussion des impôts et une étude approfondie des impôts de consommation.
Jos. Kudler, Die Grundlehren di'r Volkswirlhschfi/ 1 . Wien, 1846. Deux volumes. -2« édit., 1856.
F. S. Neumann, Volkswirthschaftslehre mit besonderer Anwendiing auf Heertcesen, etc., Wien, 1873.
C. V. Hock, Die uffentiichen Abgaben und Schulden. Stuilgart, 1863. — Die Finanzverivaltung FranUreichs, 1857. — Die Finanzen und die Finanzgeschichte der vereinigten Staatenvon America, 1867.
Dans ces dernières années, grâce au travail diligent de deux éminents professeurs, Charles Menger et Emile Sax, dont l'activité scientifique est d'ailleurs beaucoup plus ancienne, est née une école autrichienne, ou mieux austro-allemande, qui doit être hautement louée pour avoir rappelé Tattention du monde savant sur les problèmes de la science pure et en particulier sur celui de la valeur, et sur la nécessité d'appliquer la méthode déductive, que les économistes allemands avaient abandonnée pour se livrer presque tous à de minutieuses recherches historiques et statistiques.
Emile Sax (né en 1845), professeur à l'Université allemande de Prague et député au Reichsrath, a écrit un bon travail sur les maisons ouvrières ; il doit sa réputation d'éminent économiste à sa grande monographie (résumée dans le Manuel de SchÔnberg) sur les moyens de tran.sport et de communication, dont il a
montré de main de maître le caractère public, et dont il a fait une analyse objective et impartiale, supérieure à t;elles de Cohn et de Wagner, remarquables sans doute, mais trop subjectives. Dans les polémiques sur la méthode, il a défendu la méthode déductive et soumis à un ingénieux examen le principe de l'intérêt personnel et t;elui delà sympathie; il a montré la nécessité d'étudier l'action de l'Etat même dans le domaine de la science pure. Il faut signaler encore un autre travail ori^-inal de Sax. dans lequel il se propose de déduire toute la théorie financière, dont il revendique le caractère scientifique, de la théorie de la valeur ; il y a là quelque ^xgération, qu'il enveloppe, d'ailleurs, dans un style souvent obscur.
Em. Sax, D/e Wohnunffszustûnde der urbcUenden Klnssen. Wien, 1869. — Die Verkehrsmillel in Volksund Slaatswirthschaft, 1878-1879. Deux volumes. — Das Wesen und die Aufyabe der Naiionalokonomie, 1885. — Grundlegung der Iheorelischen Staalawirlhschaft, 1887. — Die Progressivsleuer (in Zeitschr. fur Volkswirihschafl. n» 1, 1892).
Charles Manger (né en J840), professeur à Vienne, a exercé une influence plus grande encore par ses ouvrages, ses vastes connaissances et son excellent enseignement. Son frère Anton (professeur de droit) et son cousin Maximiiien se sont occupés également de quelques questions d'économie. Dans un premier travail, immédiatement apprécié mais moins qu'il ne le méritait, et; dans ses essais postérieurs sur le capital, sur les questions de monnaie, Menger, sans faire usage du calcul, est arrivé à des résultats en partie analogues à ceux de Jevons et en partie nouveaux sur la doctrine de la valeur subjective des biens instrumentaires, définitifs et complémentaires, et à quelques applications
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qui ont été le point de départ d'une série d'articles de ses disciples, v. Wieser (maintenant professeur à Prague), Zuckerkandl et Komorzynski.