‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 1009 sur 1102 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

§ 1. — L'usage et le culte des images du I" au V* siècle.

Il n'a pas été question jusqu'ici, dans cet ouvrage, du culte rendu aux images dans l'Eglise, parce que, cette question ayant fait au viii' et au ix^ siècle l'objet d'un débat spécial et bien limité, il a paru avantageux de grouper ensemble ce qui la concerne. Le moment est venu de lui donner notre attention.

Usage et culte ne sont point la même chose, et il y a donc lieu de les distinguer l'un de l'autre. Les iconoclastes proprement dits n'admettaient ni l'usage ni le culte des images religieuses. D'autres, moins rigides, admettaient bien l'usage mais répugnaient au culte. C'est du culte et de l'usage qu'il s'est agi entre orientaux ; c'est du culte exclusivement qu'il s'est agi entre occidentaux et byzantins ^ .

1. Qu'on me permette de préciser ici en quelques mots la question théorique, en faveur des personnes à qui ces études ne seraient pas familières. Au point de vue de Vusage, les images religieuses (peintures ou sculptures] peuvent avoir comme trois fonctions principales: une fonction d'ornemeni; elles décorent les lieux où elles se trouvent; une fonction d'instruction :ei\es parlent aux yeux des ignorants, et leur apprennent les mystères de la foi; une fonction à'excitant à la piété: en mettant sous nos regards les scënesde l'évangile, l'histoire ei la figure des saints, la représentatien des croyances chrétiennes, elles provoquent en nous des sentiments religieux d'amour, de respect, etc., envers Dieu,

L'Ancien Testament semble prohiber strictement, on ie sait, non seulement la vénération mais encore l'usage <les images et représentations figurées * . Cette défense cependant ou bien n'était pas aussi absolue qu'elle le paraît^, ou bien ne fut prise absolument à la lettre qu'à partir de l'époque des Macchabées^. Le Nouveau Testament ne la renouvela pas, et aussi, dès l'origine <ie l'Église, nous voyons l'art chrétien travailler à orner les lieux du culte de peintures religieuses, sculpter des sarcophages ou graver des médailles. Le principal et le plus ancien témoin ici, bien qu'il ne soit pas le seul, ce sont les catacombes romaines ■*. On a divisé ensixcaté-

notre-Seigneur, ses mystères et ses saints. Ici l'usage touche deprèsau culte : il n'est cependant pas encore le culte. — Le culte proprement dit •des images consistée rendre extérieurement à l'image des hommages qui sont intérieurement dirigés vers celui qu'elle représente. L'image est considérée comme tenant la place de l'original, nous le présentant ; c'est lui •que nous voyons en elle, et à lui, à travers elle, que nous adressons nos hommages et nos prières : il en est l'objet direct et premier: elle n'en «st que l'objet accideutel et indirect. Ainsi entendu, ce culte ne peut être rendu proprement qu'aux personnages dont l'image nous est présente : des scènes historiques, même religieuses, ne peuvent pas être vraiment l'objet d'un culte. — Mais, à côté de ce culte principal et strictement dit des images, les auteurs distinguent un autre culte secondaire et au sens large qui a pour objet direct l'objet matériel, peinturé ou sculpture, lui-même. Ce morceau d'étoffe ou de marbre o'est sans doute qu'une matière inerte ; toutefois, par le fait qu'il reproduit l'image d'une personne sainte, il a acquis avec elle un rapport assez étroit pour qu'il ait droit à notre respect, et à un respect religieux. Nous ne devons pas le traiter absolument comme un objet vulgaire, car notre indifférence ou notre mépris retomberait d'une certaine laçon sur la personne dont il poflè l'image. Nous lui devons des égards, in se, bien que non propterse. Cette sorte de culte, on le voit, est bien inférieur à celui dont il a été question plus haut, encore qu'il ait au fond la même raison dernière. V. Franzeun, De Verbo incamato, thesis XLV, p. 457-459.

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