‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 1019 sur 1102 · SUnsi, col. 48 ; P. G · texte numérisé non relu

SUnsi, col. 48 ; P. G

4. Massi, c61. »3;P.G,, i608, 1609. Le concile qulnisexte de 693 s'estoccupé des images daa» son canon 82. Il les appelle « vénérables «rmais prescrit de représenter désormais Jës«s-Christ sous sa forme humaine, et non sous celle d'un agneau (Mahsi, XI, 9n-980).

rOrient et concernent surtout l'Orient. L'Occident avait aussi accepté le culte des images, bien qu'il ait probablement gardé dans les manifestations de ce culte plus de froideur et de réserve. On a lu plus haut l'affirmation du diacre Rusticus relative à l'adoration de la croix. Fortunat, dans son poème sur saint Martin, écrit avant le mois de mai 576, parle de l'image du saint devant laquelle brûlait une lampe : une onction de l'iiuile de cette lampe l'avait guéri luimême d'un mal d'yeux :

Hic paries retinet sancti sub imagine formam, Amplectenda ipso dulci pictura colore.

Sub pedibus iusli paries habet arte feneslram : Lychnus adest, cuius vitrea nalat ignis in urna i.

Le témoignage de saint Grégoire, pape, mérite d'autant mieux d'être examiné qu'on a souvent présenté ce pontife sinon comme un ennemi du culte des images, du moins comme voulant délibérément l'ignorer. En 599, saint Grégoire écrit à l'évêque de Caralis, Januarius, au sujet d'une synagogue juive dont Ifes chrétiens s'étaient emparés, et dans laquelle ils avaient transporté une croix et une image de la Vierge. Le pape ordonne à l'évêque de rendre aux juifs leur synagogue, après qu'on en aura retiré avec l'honneur qui convient l'image et la croix : « ut, sublata exinde cùm ea qua dignum est veneratione imagine atque cruce, debeatis quod violenter ablatum estreformare *». C'est

1. De vita S. Martini, lib. IV, vers. 690, 693 (P. L., LXXXVIII,

2. Epist., IX, 6, col. 944. On cite de saint Grégoire un passage pins explLciie en faveur du culte des images qui se trouve dans VEpist. IX, 52à S<-cundinus. Dans ce passage, le pape dit à Secundinus qu'il lui envoie les images que celui-ci lui a demandées, à savoir une croix, et des images de Notre-Seigneur, de la Vierge et des apôtres Pierre et Paul, puis il continue : < Scio quidem quod imagiaem Salvaloris nostri non ideopetis ut quasi deum colas, sed ob recordationem Filii Dei in élus amorp recalescas cuius te imaginera yidere desideras. Et nos quidem non quasi ante divinitatem aute illam prosternimur, sed illum

ëonc avec un respect religieux {cum veneratione) qne saint Grégoire veut que l'on traite l'image et la croix. Mais, en l'an 600, nouvelle lettre au sujet des images. L'évêque de Marseille Serenus, dans un mouvement de zèle excessif, et craignant que son peuple ne tombât dans l'idolâtrie, avait brisé les images de son église. Saint Grégoire l'en blâme. L'antiquité a admis les i mages, non comme objet d'adoration, mais comme moyen d'instruction pour les ignorants qui, par les images, apprennent ce qu'ils doivent adorer et comment ils doivent se conduire. C'est le point de vue auquel le pape se met exclusivement :

tt Aliud est enim picturara adorare, aliud per picturae historiam quid sit adorandum addiscere. Nam quod legentibus scriptura hoc idi otis praestat pictura cernentibus, quia in ipsa etiam ignorantes vident quid sequi debeant, in ipsalegunt qui litteras nesciunt. Undeet praecipue gentibus pro lectione pictura est... Frangi ergo non debuit qapA non ad adorandum in ecclesiis, sed ad instruendas solumihodo mentes fuit nescientium coUocatum i. »

C'est à tort, à mon avis, qu'on a voulu conclure de ces paroles' que saint Gré goire condamnait absolument toute espèce de culte rendu aux images. Le texte de la lettre à Januarius prouve le contraire. Si le pape ne parle pas ici de culte, c'est qu'ayant affaire, d'une part, à un peu pie porté à la superstition — Serenus avait cru saisir quelques pratiques idolâtriques, — de l'autre à un évêque mal disposé vis-à-vis des images,

adoramus quem per imagi netn aut nalum, aut passam, sed et in ttarono sedenlem recordamur. Et dum nobis ipsa pictura quasi scriptura ad memoriam Filium Bel reducit, animum nostrnm aut de resurrectione laetiGcat, aut depassione demulceU » U est juste de remarquer que ce témoignage sur les images n'existe que dans un très petit nombre de manuscrits de cette lettre : c Pauci sunt qui habent >, disent les éditeurs bénédictins. Il a été cité cependant par le pape Hadrien dans sa réponse aaxreprehensionesde Charlemagne (vers ^9a).\. plus bas, p. 477. 1. Episl. XI, 13, col. 11S8.

il a CPU plus utile de se borner à des considérations aisément acceptées de tous et dont on ne pouvait abuser. Retenons plutôt le mot par lequel l'auteur constate que le zèle iconoclaste de Serenus est en opposition avec la conduite universelle dé l'épiscopat : « Die, frater, a quo factum sacerdote aliquando auditum est quod fecisti? Si non aliud, vel illud te non debuit revGcare ut, despectis aliis fratribus, solum tesanctum et esse crederes sapientem ? »

Au début du vm® siècle, au moment où va commencer la lutte iconoclaste, le culte des images aussi bien que leur usage est donc généralement reçu. Et cependant, avec l'opposition déjà mentionnée des juifs et des pauliciens ^ , nous avons à signaler^ dans la période du v^ au VII® siècle, la résistance à cet usage de nouveaux adversaires : c'est celle des monophysites.

Théophane assure dans sa Chronique^ que Pbiloxène de Mabboug rejetait Tes images de Notre-Seigneur et des saints. Son assertion est confirmée par la réfutation des résolutions iconoclastes,lue au VIP concile général ^, et par un passage de V Histoire ecclésiastique du monophysite Jean, lu dans la cinquième session du même concile^. Il y est dit que Philoxène ne pensait pas qu'on honorât le Christ en en faisant des images, qu'iL regardait comme illicite de représenter dans un corps les anges, êtres spirituels, et comme puéril de figurer le Saint-Esprit sous la forme

1. Les pauliciens sont une branché de manichéens nés dans la deuxième moitié du vu* siècle, et dont l'histoire est assez bien connue. Il est vraisemblable qu'ils repoussaient toute espèce d'images ; mais il est certain qu'ils se refusaient à adorer la croix : Tôv tÛtcov xal vtc* ÈvépYctav xat 8ûva{uv toû Tt(t(ou xal t^cdOTCoioû «rcaupoû (i.'n &TCoSÉxeffOat, dit Pierre de Sicile dans l'exposé qu'il fait de leur doctrine (Eistoria manichaeorum, lO; cf. 7, 29; P. G., CIV, 1286, 1249, 1284).

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