De princip., I, Praef., i
3. De princip., IV, H ; cf. In Levitic, hom. V, i, Lom.,IX, 239; P. G., XU, 447.
ticulière avec Dieu et la loi morale ; tandis que le sens spirituel a une portée plus vaste, et s'applique aux mystères, à l'Eglise universelle et à son histoire, au monde à venir et au ciel.
Est-ce à dire que tous les passages de l'Écriture sont susceptibles d'être expliqués dans ce triple sens? Non : et il en est notamment que Ton ne saurait entendre dans le sens littéral^ . Dieu les a jetés en quelque sorte sous nos pas pour nous faire souvenir que les Livres saints ont une signification plus haute. Ces passages ne se rencontrent pas seulement dans l'Ancien Testament ; les évangiles et les écrits apostoliques en contiennent aussi. Origène en donne des exemples ; mais il se défend d'ailleurs de réduire ainsi à néant le sens historique et littéral de l'Ecriture ; car ces cas, ajoute-i-il, ne sont évidemment que des exceptions : « A nobis evidenter decernitur in quam plurimis servari et posse et oportere historiae veritatem^. »
Comment justifiait-il cet allégorisme? — D'abord par l'impossibilité pratique de prendre à la lettre certains récits de l'Écriture; ensuite par l'autorité et l'exemple de saint PauP; mais il se le justifiait à luimême par une raison plus générale, à savoir que toute la nature visible n'est au fond qu'un immense symbole du monde invisible, et chaque individu la représentation d'une idée ou d'un fait suprasensiblc*. De même que l'homme a été créé à l'image de Dieu, ainsi chaque être l'a été comme l'image d'une réalité supérieure. La foule, incapable d'atteindre à ces réalités,
1. 11 faut dire, à la décharge d'Origène, qu'il entend souvent le mot littéral dans un sens beaucoup plus étroit que nous. V. Bardenhewer, Geseh. der altchr. Lit., n, 125.