‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 106 sur 1102 · Strom., YI, 14, co!. 33T; IV, 18, col · texte numérisé non relu

Strom., YI, 14, co!. 33T; IV, 18, col

3. Slrom., IV, 18, col. 1321; VU, 10, col. 481; YH, 11, COl. 496.

4. L'édition citée est celle de Delaroe-Lommatzsch, Berolini, 1831-1848. Mais là où les textes sont plus dilïîciîes à trouver, j'ai noté, avec le looie et la page de Lommatzsch, le lome et la colonne de la Patroîogie grecque de Migne (XI-XVII). — Travaux : Huet, Oriyeniana, Rouen, 1668. E. R. Redepenning, Origenes, Bonn, 1841-1846. F. Prat, Origène, l'aris, 1907. J. Denis, De la philosophie d'Origène, Paris, 1884. Ch. Bigg, The Christian Plalonists of Alexandria, Oxford, 1886. L. Atzberger, Geschichte der chrisllichen Eschatologie innerhalb àer vornic&nischen Zeit, Freiburg im Breisgau, 1896. W. Fairweather, Origen and greeck

ment universel et qui a possédé toute la science de son temps, bien qu'il n'en ait pas fouillé également toutes les parties, âme essentiellement droite et sincère, esprit hardi, regardant toujours la difficulté bien en face et ne la dissimulant jamais, sachant douter et n'imposant pas son opinion dans les questions qu'il croyait libres, capable de synthèse et de vues d'ensemble bien que son érudition fût prodigieuse dans les détails, il a été, dit Bigg^, « le premier grand professeur, le premier grand prédicateur, le premier grand écrivain en matière de spiritualité, le premier grand commentateur, le premier grand dogmaticien » qu'ait eu l'Église. Grand philosophe il ne l'a pas été. Il a connu très bien toutes les philosophies de l'antiquité et s'en est servi ; mais il n'a été lui-même à ce point de vue ni original ni créateur 2.

C'est dans le IlEpi àp^wv, écrit en 228-231, qu'Origène s'est efforcé de résumer et de réduire en système toute sa doctrine : ce livre est comme la première somme que l'Eglise ait connue. L'intention de l'auteur a été d'y

patrislîc theology, New-York, 1901. F. Harreii, Die Trinitâtslehre des Kirclienlehrers Origenes, Regensburg, I80S. Ksittel, Des Origenes Lehre von der Menschwerdung des Sohnes Golles, dans la Theolog. Quarlal- .schr-, tom. LIV, 13"2. M.Lang, Ueber der Leiblichkeit des Vernunftwesen bei Origenes, Leipzis, 1892. C. Klein, Die Freiheitslehre des Origenes, Strassburg, iS9i. G. Capitaine, De Origenis ethica,Uona.st. Gneslph., 1898. G- AsRiCH, Kleviens und Origenes als Begrànder der Lehre von Fegfeuer, 'riibingen, 1902. G. Bordes, L'apologétique d'Origène d'après le Contra Celsum, Caliors, 1900. A. Zoellig, Die Inspirationslehre des Origenet, Freiburg im Br., 1C02.

i. The Christian Platonists of Alexandria, p. H5.

2. Origène a eu de grands admfrateurs et de grands ennemis, et, à part quelques points sur lesquels ils s'accordent, les critiques ont toujours été partagés dans le jugement qu'ils portent sur ses doctrines. Ce désaccord, qui a commencé du vivant de l'auteur, persévère encore. De nos jours, Bardenhewer, par exemple, se montre sévère à son endroit et s'appuie volontiers sur saint Jérôme. Le P. Prat, au contraire, l'excuse le plus souvent en s'appuyant sur les tsxles. Les textes, en effet, pourraient trancher la question :mais nous ne les avons pas tous, et l'on sait qu'un certain nombre de ceux que nous possédons ont été corrigés.

298 LA THEOLOGIE ANTENICÉENNE.

donner, en dehors de toute polémique, une synthèse de nos croyances : « ... sériera quamdam et corpus ex horum omnium ratione perfîcere, ut manifestis et necessariis assertionibus de singulis quibusque quid sit in vero rimetur, et unum, ut disimus, corpus officiât' ». A côté du De principiis, ii faut signaler, comme sources principales de la théologie d'Origène, ses Commentarii in Evangelium loannis (228-238), le Contra Celsum (246-248) et le De Oratione (233-234). La base de cette théologie, nous déclare-t-il, est la prédication ecclésiastique, le symbole tel que l'Ég-lise le développe et l'explique, car dans la multiplicité des opinions et des erreurs qui surgissent de toutes parts, c'est là qu'il faut chercher la vérité 2. Quel est cet enseignement de l'Eglise? Origène l'expose au livre premier du De principiis (Praef., 4-10). Il y distingue des doctrines certaines, unanimement professées et prêchées, et d'autres qui ne sont pas énoncées « manifesta praedicatione ». Parmi les premières il faut mettre un Dieu unique, créateur, auteur des deux Testaments, juste et bon à la fois; — Jésus-Christ né du Père avant toute créature, et son ministre dans la création. Dieu lui-même, qui s'est fait homme et s'est incarné tout en restant Dieu, qui a pris un corps semblable au nôtre, mais qui est né de la Vierge et du Saint-Esprit ; qui est vraiment né, a vraiment souffert,

\. De princip., I, Praef., 40. A part quelques fragments conservés en grec, nous n'avons raall'.eureuseinent du De principiis qu'une traduction latine faite par Ruiin en 398, et où-celui-ci s'est elforcé de pallier ce que le texte original oifrait d'incorrect surtout au point de vue Irinitaire. Une traduction latine littérale de saint Jérôme a presque entièrement péri.

2. « Cum multi sint qui se putant sentire quae Christi sunt, et nonnuUi eorum diversa a prioribus sentiant, servetur vero ecclesiastica praedicatio per successionis ordinem ab apostolis tradiia et usquead pracsens in ccclesiis permanens; illa sola credcnda est veritas quae in nullo ab ecclesiastica et apostolica discordât traditione • {De princ, I, praef., 2)-

qui est vraiment mort, ressuscité et monté au ciel; — le Saint-Esprit, associé en honneur et en dignité an Père et au Fils, inspirateur de l'Ancien et du Nouveau Testament (4). Puis l'âme, son immortalité, la récompense ou le châtiment « igni aeterno » qui lui est destiné après la mort suivant ses œuvres ; la résurrection du corps, la liberté humaine, la lutte de l'âme contre le diable et ses anges (5); l'existence par conséquent de ce diable et de ses anges (6). 11 y faut ajouter la création du monde, son commencement dans le temps, sa ruine future (7) ; l'inspiration des Écritures et le fait qu'elles ont un double sens, apparent et secret (spirituel, 8) ; enfin l'existence des bons anges dont Dieu emploie les services pour le salut des hommes (10). — Au contraire, parmi les questions qui ne sont pas pleinement élucidées Origène mentionne les suivantes : le Saint-Esprit est-il engendré ou non (saint Jérôme a traduit « est-il fait ou non ») ? Est-il ou non lui aussi Fils de Dieu (4) ? L'âme vient-elle « ex seminis traduce » ou autrement (5) ? Les démons sont-ils des anges déchus (6)? Qu'y avait-il avant le monde actuel et qu'y aura-t-il après lui (7) ? Dieu et les esprits sont-ils àdcojAaTa et dans quel sens(8, 9)? Quand les anges ont-ils été créés, que sont-ils et quel est leur état? Enfin les astres sont-ils ou non animés (10) ?

Cette double énumération est instructive, et la distinction faite par Origène des vérités définitivement acquises et de celles au sujet desquelles on discute encore est capitale. Les premières, remarque-t-il , sont les vérités que les apôtres ont jugé nécessaire d'enseigner manifestement à tous, « etiam his qui pigriores erga inquisitionem divinae scientiae videbantur » ; les autres sont celles dont ils ont abandonné la recherche aux « studiosiores », « qui Spiritus dona excellentia mererentur etpraecipue sermonis sapientiae et scientiae

300 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

gratiam per ipsum Spiritum sanctum percepissent » (i, Praef., 3). De certaines choses ils ont dit « quia sint », ce qui suffit aux simples fidèles, laissant aux plus zélés le soin de trouver « quomodo aut unde sint » [ibid.]. Dans ce domaine s'exercera la sagacité du théologien et de l'exégète.

L'enseignement de l'Eglise, en effet, doit être justifié et complété soit par l'Écriture soit par une saine philosophie'. L'Écriture sainte est la première source de la théologie : l'Écriture, c'est-à-dire les paroles de Jésus-Christ, non pas seulement celles qu'il a prononcées étant homme, mais encore celles que, Verbe de Dieu, il a prononcées par Moyse et les prophètes ^. Origène est en effet le théologien par excellence de l'Écriture : c'est toujours elle qu'il s'efforce d'expliquer, sur elle qu'il s'appuie, à elle qu'il demande ses solutions, et l'on sait quels immenses travaux il avait entrepris sur le texte sacré.

Or cette Ecriture, continue- t-il, contient un triple sens, correspondant àla composition même de l'homme : un sens somatique ou littéral, un sens psychique ou moral, un sens pneumatique ou spirituel. Le premier est le « communis et historialis intellectus » : il suffit pour l'édification des « simpliciores» ; le second est pour l'édification de ceux qui progressent; enfin le troisième, « lex spiritualis », est pour l'édification des^parfaits^. Ces deux derniers sens ne se distinguent pas toujours aisément l'un de l'autre. On voit cependant d'une manière générale et par les exemples que donne Origène, que le sens psychique ou moral est celui qui s'applique aux relations de l'âme individuelle et par-

•1. De princip., I, Praef., 10.

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