‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 111 sur 1102 · Deprinc, I · texte numérisé non relu

Deprinc, I

jiitas : elle contient trois hypostases, le Père, le Fils et l'Esprit-Saint ' .

Le second terme de cette trinité est donc le Verbe ou le Fils. Il est bien remarquable qu'Origène, voulant en traiter, part du Verbe incarné, de Jésus- Christ, tel que le présente le symbole. Sa doctrine peut, du reste, se résumer en trois mots : le Verbe est Dieu et distinct du Père, éternellement engendré, consubstantiel au Père.

Rappelons d'abord qu'Origène avait connu le modalisme à Rome, et ne cessa de le combattre en affirmant la distinction réelle du Fils d'avec le Père. 11 y a des gens, dit-il, qui regardent le Père et le Fils comme n'étant pas numériquement distincts (àpiQ^x^), mais comme étant un, ev, oô (;ovov oôaia èXkh. xai &7roxEi,uév({), et comme divers seulement xaxa Tivaç iTrivotaç, oô xaTa &7ro'(jTa(jtv2. Origène enseigne au contraire que etepoç xa6' ôuoxei{/,evov Iffxiv & uièç tou Trarpo;; qu'il y a Suo uirouTocffeiç, 8uo 17) uTToaTaffEt 7rpaY(J!.aTa ^.

Or le Fils, ainsi réellement distinct du Père, n'est pas créé, mais engendré, et de toute éternité. Ce dernier point est un de ceux qu'Origène a le mieux mis en relief : « Non enim dicimus, sicut haeretici putant, partem aliquam substantiae Dei in filium versam, aut -ex nuUis substantibus filium procreatum a pâtre, id est extra substantiam suam, ut fuerit aliquando quando

1. 'HuEïç [lévioi Y£ Tpeï; Cinoffxàc-eiç Treiôdfxevot Tuy^âveiv, tov îtaTe'pa, y.al Tûv utov, v.cà lo àyiov Trveûfxa %x\. In loann.. Il, 6 (Lom., 1, 109, HO; P. G., XIV, 128); VI, 17 (Lom., I, 227; P. G., XIV, 2o7); In Isaiam, hom. -I, 4; IV, 1.

2. In loann., X, 21 (Lom., I, 350; P. G., XIV, 376) ; II, 2 (Lom.,I, 92; P. G., XIV, 108, 109).

3. De oratione, IS; C. Cels., VIII, 12. Sur le sens des mots ouata. OiîôoT'itCTi;, ùr.:.7teC|i£vov, Trpôuwjrov dans Origène, voir Prat, Origène, p. i'.'.) e* suiv. Origène n'oppose pas direclement (in6axaoii à oOaia, mais il a certainement préparé le triomphe de la terminologie cappa- •docienne.

non fuerit, sed abscisso omni sensu corporeo, ex invisibili et incorporeo Verbum et sapientiam genitam dicimus absque ulla corporali passione, velut si volunias procédât a mente ^ » Et réfutant d'avance Arius, il va répétant que « non erat quando (Filius) non erat » : car le Fils, remarque-t-il, est la splendeur de la lumière éternelle, et la lumière resplendit nécessairement toujours 2.

Comment se fait cette génération ? Origène vient de le dire. Le Fils n'est pas une partie de la substance du Père : celui-ci n'a pas détaché de lui son Fils en l'engendrant, car le Fils n'est pas une prolation (icpoêoXïi^). Bien plus, cette génération n'est pas un acte qui ait un commencement et une fin : c'est un acte éternel et continu comme l'éclat de la lumière qui luit toujours : aei YcvvScTai ô (jioT^jp ôtto tou TraTpo'ç. Il ne faut même pas parler de temps ni d'éternité, car la Trinité est audessus de tout cela''.

Ainsi engendré de la substance du Père, le Fils est Dieu non en vertu d'une participation extrinsèque (xaTà(/.eTouffiav), mais essentiellement : xaT' ouaiav iaxï ÔEoç^ : il est de la substance du Père, il lui est ôfjLoouatoç. Le terme se trouve dans Origène, si la traduction suivante est exacte :

« Sic et sapientia ex Deo procedens ex ipsa substantia Dei generatur. Sic nihilominus et secundum similitudinem

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