De princip., IV
2. In Epist. ad Rom., I, S, Loin,, VI, 22, 23; P. G., XIV, 848, 849; In Bpisl. ad Hebr. fragm., Lom., V, 297; P. G., XIV, ■1307.
3. De princip., IV, 28; hi lerein., liom. IX, 4, Lom., XV, 212; P. G., xni, 387; cf. De princ, I, 2, 6; In loann., I, 23, Lom., I, 50; P. G., XIV, 65.
4. Inlerem., hom. IX, 4, Lom., XV, 212; P. G., XHI, 337; Deprinc, IV,
5. Selecta in Psahnos, hom. XIII, 134. Il est, comme le Père, aûxoo-oçia, aÙToStxaioffuvY), aù-coaÀr,6£ta, aÙToêaffiXsCa {In Malth., XIV, 7, Lom., III, 283; P. G., XIII, H97; cf. In loann., l, 27).
306 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENiNE.
corporalis aporrhoeae esse dicitur aporrhoea gloriae omnipotentis pura et sincera. Quae utraeque similitudines manifestissime ostendunt communionem substantiae esse filio eum pâtre. Aporrhoea enim ôfxooijdtoç videtur, id est unius substantiae cum illo corpore ex qiio est vel aporrhoea vel vapor^ »
Origène exclut absolument ici l'anoméisme. Si l'on remarque qu'il exclut également plus haut tout partage de la substance du Père et toute 7cpogoX-4, on en conclura (Ju'il admet le consubstantiel strict.
Au nombre des questions que l'enseignement de l'Église n'avait pas tranchées, Origène mettait, on s'en souvient, celle du mode de procession du Saint-Esprit : Utriim {Spù'itus Sanctus) natus an innatus ^ , çel filius etiam Dei ipse habendus sit nec ne. Ce qui le préoccupe ici n'est pas de savoir si le Saint-Esprit est créé : car sur ce point la prédication de l'Eglise n'était pas muette, et Origène lui-même n'a jamais sérieusement hésité. 11 se plaint qu'il y ait des gens « minora quam dignum est de eius (Spiritus) divinitate sentientes » ; il ajoute que tout a été fait si ce n'est la nature du Père, du Fils et de l'Esprit-Saint, que l'on ne trouve nulle part que le Saint-Esprit soit « factura vel creatura » ; qu'il est éternel, qu'il ne passe pas de l'ignorance à la science, qu'il est associé aux honneurs et à la dignité du Père et du Fils et qu'il est saint comme eux^. Enfin
1. In Epist. ad Hebr. fragm., Lom., V, 299, 100 et XXIV, 338, 3S9; P. G., XIV, 1308. Le texte est cité par Pampuile, Apol. pro Origène, Lom., XXIV, 3S8.
2. C'est la traduction de Rufin soit dans le Periarchon, soit dans l'Apologie de Pamphile. S. Jérôme a traduit « utrum factus sit an infectus ». Le grec devait porter ^ewriTÔ; ^ àyévvïiTOi; ou bien yevyjtôi; i[ àyéviTTo;. Le sens étymologique est ditrérent; mais on constate par les manuscrits que ces mots s'interchangeaient fréquemment, et qu'on les prenait souvent l'un j)our l'autre. Il semble bien, par ce qui va êlre dit, que Rufin a mieux traduit ici la pensée d'Origène.
3. De prîncip., I, praef., 4; I, 3, 3; I, 3, 4; II, 2, 1; II, 7, 3; lY, 28 ; V, 33 ; In Isaiam, tiom. IV, 1.
notre auteur a pu être cité par saint Basile comme un témoin du dogme contre les pneumatomaques ^ . Mais Origène était arrêté par cette affirmation de saint Jean que tout a été produit par le moyen du Verbe (Sta), et par conséquent par le Père comme auteur principal (uTCo). Le Saint-Esprit aurait-il été ainsi produit? Si on le nie, il faut dire quele Saint-Esprit est àys^v/iToç. Or ce qualificatif ne convient qu'au Père. On doit donc confesser « conformément à la piété et à la vérité, que tout ayant été produit par le Verbe (oia), le Saint-Esprit est le plus digne et le premier en rang de tous les êtres produits par le Père (ôtto) par le moyen du Christ ». Et Origène voit dans cette dérivation seulement médiate du Saint-Esprit du Père, un des caractères qui différencient son mode de procession de celui du Fils. Celui-ci est immédiatement engendré par le Père. Le Saint-Esprit vient du Père par le Fils, qui lui communique, avec l'être, la sagesse, l'intelligence, la justice, etc.; mais il n'est pas pour autant engendré proprement par le Fils, car la qualité de celui-ci d'être Monogène exclut dans la ti-inité toute autre filiation ^. C'est la solution à pe# près que donnera plus tard saint Grégoire de Nysse.
Jusqu'ici rien que de correct dans la doctrine trinitaire d'Origène. Et cependant l'on sait que saint Épiphane, saint Jérôme, Théophile d'Alexandrie et plus tard Justinien l'ont violemment accusé de subordonner le Fils au Père etle Saint-Esprit au Fils, et même d'avoir été le précurseur des ariens. Ce dernier reproche doit être immédiatement écarté ; car il est remarquable que les ariens purs n'ont jamais songé à se réclamer d'Origène, ou même l'ont attaqué ; et les textes qu'on pourrait
1. Saint Basile (De Spiritu Sancio, XXIX, 73) cite Inloan., VI, 17, Loin., I, 227 ; P. G., XIV, 257.