‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 120 sur 1102 · C. Cels., l, 54; II, 44; VII · texte numérisé non relu

C. Cels., l, 54; II, 44; VII

4. In Epist. ad Rom., HI, 8, Lom., VI, 205, 213; P. G., XIV, 94G, 950; ■cf. In Numéros, hoiD. XXIV, l.Lom., X, 292, 293, suiv.; P.G.,xn,7.-)6,7.'i7.

5. In loann., I, 40, Lom., I, 79; P. G., XIV, 93 ; Iti Matth., XllI, 8, Lom.,

11 appartient à la liberté humaine de mettre à profit cette rédemption que Jésus nous a apportée. On a vu avec quelle énergie Origène affirme l'existence de cette liberté, et comment il la rend responsable même de notre situation actuelle. Le péché ne l'a pas supprimée : c'est librement que nous allons à Dieu ou que nous nous perdons. Non pas que nous puissions nous passer, dans nos bonnes œuvres, du secours de Dieu : la grâce en est, au contraire, le principe indispensable; mais cependant tout dépend de nous comme tout dépend d'elle : Dieu et l'homme doivent travailler ensemble. Le grand docteur a trouvé, pour exprimer cette union nécessaire, des formules définitives et que l'on croirait de plus tardive époque : « E duobus unus effici débet intellectus, id est, ut neque quae in nostro arbitrio sunt putemus sine adiutorio Dei effici posse, neque ea quae in manu Dei sunt putemus absque nostris actibus et studiis et proposito consummari*. »

Ainsi, la foi elle-même vient de Dieu (ouvàfxei tiv\ ôei'a) ; mais elle ne se conçoit qu'accompagnée de bonnes œuvres et de la pratique des vertus qu'elle inspire. C'est à cette condition seulement qu'elle nous justifie^. Et cependant, même alors, elle n'est aux yeux d'Origène que le degré inférieur de la vie chrétienne. Audessus de la foi il y a la science (yvôlaiç), car « suivant

m, 227; p. G., Xin, 1116; De princîp., III, S, 6; C. Ceîs., VU, 17. C'est ce qui a fait accuser Origène d'avoir enseigné que Jésus était mort pour les démons.

1. De princip., II[, i, 2-2. Et encore : « Non sufficit ad perficiendam salutem sola voluntas humana, nec idoneus est mortalis cursus ad consequenda caelestia et ad capiendam palmam suprcmae vocationis IJei in Christo lesu, nisi liaec ipsa voluntas nostra bona, promptumque propositum et quaecumque illa in nobis esse potest industrie divino vel iuvetur vel muniatur auxilio... ita etiam nostra perfectio non quidem nobis cessantibus et otiosis efficitur, nec tamen consummatio eius nobis, sed Dec, qui est pvima et praecipua causa operis adscribetur « (De princip., IIL 1, 18).

2. C. Cels., Ylll, 53, III, 69- "'t, '2; Li loann., XIX, 6, Lom,, II, 190; P. G., XIV, 569; In Levit., II, 4; XII, 3; Lom., IX, 389; P. G , XII, 662.

318 LA THÉOLOGIE ANTËNIGEENNE.

notre doctrine aussi, il est bien mieux d'être convaincu de nos dogmes par la raison et la science que par la simple foi^ ». Le disciple de Clément a recueilli ici la doctrine de son maître. Avec moins d'insistance, il partage comme lui les chrétiens en deux classes, et, comme lui, introduit dans le concept du gnostique un élément ascétique et moral rigoureux. Celui-ci pratiquera la continence et la virginité, la séparation du monde et la retraite 2.

Origène toutefois, nous l'avons déjà remarqué, manifeste partout des préoccupations plus ecclésiastiques, si l'on peut parler ainsi, que celles de Clément; et c'est pourquoi ses renseignements sur le christianisme pratique et sur le culte sont plus abondants et plus précis. L'Église, nous dit-il, est la cité de Dieu'. En dehors d'elle, il n'y a pas de salufc possible "*. Le baptême reniet les péchés, tout péché ^; et comme les petits enfants eux-mêmes sont pécheurs, l'Église le leur administre, selon qu'elle en a reçu la tradition des apôtres^. Le martyre ou baptême de sang peut le suppléer cependant, et même est supérieur au baptême d'eau '^.

Mais le baptisé peut retomber dans le péché : quels remèdes lui reste-t-il alors? Origène en énumère six qui le peuvent guérir, le martyre, l'aumône, le pardon des torts qu'il a subis, le zèle pour la conversion

1. C. CeU., I, 13; In MaWi., XH, IS, Lom., III, 1S8, 139; P. G., XIII,

Page 1