Sp. XY, 1; cf. XVII
372 LA THÉOLOGIE ANTENICEENNE.
et qui aient déjà fait une pénitence à peu près suffisante ^ .
Ces décisions de l'évêque de Carthage, encore que provisoires, ne furent pas naturellement du goût de tous les intéressés. Certains confesseurs devinrent plus arrogants que jamais ^ ; les lapsi, réclamant leur réconciliation non plus comme une faveur, mais comme un droit, provoquèrent en quelques villes de véritables émeutes, et trouvèrent dans le clergé des complaisants qui accueillirent leurs prétentions ^. 11 fallut que saint- Cyprien rappelât qu'il appartient aux évêques de gouverner l'Eglise-'. En même temps, il écrivit au clergé de Rome, alors privé d'évêque depuis le martyre de saint Fabien (20 janvier 250), pour lui exposer sa manière de voir en cette question, et lui demander de l'appuyer en la partageant^.
La réponse du clergé romain, rédigée par Novatien, fut telle que saint Cyprien la souhaitait. C'est la lettre XXX ®. On y déclarait suivre à Rome, vis-à-vis des lapsi, une conduite analogue à celle de l'évêque de Carthage. On ne les abandonnait pas, mais on tâchait de leur faire comprendre la gravité de leur faute, et on exigeait d'eux la pénitence (6). Pour ceux qui étaient en danger de mort, après leur avoir fait faire autant que possible l'exomologèse, on venait à leur secours caute et sollicite, Deo ipso sciente quid de talibus fàciat, et qualiter iudicii sui examinet pondéra, nobis tamen anxie curantibus ut nec pronam nostram improbi homines laudent facilitatem, nec vere paenitentes accusent nostram quasi duram crudelitatem » (8). Et