LA QUESTION PBNITENTIËLLE EN OCCIDENT
une autre lettre du même clergé nous dit qu'on les recevait à communion ^ Quant aux confesseurs ou martyrs, on leur refusait le droit de réconcilier euxmêmes les lapsi^; tout au plus leur permettait-on de solliciter pour eux la paix.
Novatien et ses collègues approuvaient donc, en somme, les vues de saint Cyprien ^. Elles furent solennellement consacrées par le concile qui se réunit à Carthage au mois d'avril 251, après le retour de l'évêque, et qui compta nombre de prélats ''. Les décisions furent les suivantes. On ne tiendrait aucun compte des libelli pacîs accordés parles martyrs, et le cas de chacun des lapsiseTQ.it examiné en particulier''. Il fallait distinguer les Ubellatici des sacrificati. Les premiers, moins coupables, seraient admis un à un à la réconciliation ^. Les seconds devraient faire pénitence toute leur vie, mais ils seraient réconciliés à la mort, afin quUls s'en allassent avec la consolation de la paix et de la communion : « illis, sicut placuit, subvenitur' ». « Sacrificatis in exitu subveniri... cum solacio pacis et communicationis abscedit^. » Non que l'on voulût par là préjuger le jugement de Dieu : car lui-même apprécierait si la pénitence a été suffisante et sincère, et
i. Ep. Vm, S5.
%. Ep. XXVI, 2.
3. On peut remarquer seulement : 1» qu'il n'est pas question dans la lettre romaine de l'imposition de la main pour la réconciliation des lapsi, sans qu'on puisse d'ailleurs conclure de ce silence qu'elle n'eût pas lieu; 2» qu'on y montre moins de conGance qu'en Afrique en l'efûcacité du pardon octroyé par l'Église (rappelons-nous que c'est Novatien, un rigoriste, qui a tenu la plume); 3» enfin qu'on y accorde moins d'importance au privilège des martyrs.