Ep. LY
LA QUËÔTiÔH J^ESliaiNTIEDLE EN OCCIDENT. ST5
traire qai arriva. NovaSâea a'srsât des ien'd^nœs rigoristes — on en trôRive ées traces dasas la lettre xxx écrite jyaTlui — et il les fit prévaloir. H déclara qu'il étaii; illicite de eommmaiqaaei' avec les idolâtres, c'«st-à-dire les /a/?*/,' qu'il ne fallait pas iear accorder la pénitence, m,. s'ils en accomplissaient d'eux-mêmes les exercices^ leur octroyer le pardon même à la mort ^ ; que cette pénitence d'ailleurs était vaine et impuissante à lessauver, attendu qu'il ne leur restait aucun espoir de paix et de miséricorde^. Ainsi Novatien enseignait que î'aposftasie était une faute que l'Église ne pouvait remettre, et que Dieu même, semble-t-iî, ne pardonnait pas. Et cependant il ne paraît pas être revenu en arrière, ni avoir contesté la légitimité du pardon accordé aux moechi, puisque saint Gyprien en tire contre lui un argument dans sa lettre lv, 20, 26, 27.
L'erreur de Novatien avait été condamnée d'avance au concile de Carthage : elle le fut de nouveau dans an concile de Rome tenu en l'automne de 251, et qui réunit, dit Eusèbe {HisL eccles., vi, 43, 2), soixante évêques. L'antipape fut excommunié.
L'ensemble du monde chrétien, sauf de rares exceptions, adhéra à cette condamnation ^. Mais Novatien travailla si bien qu'il parvint à se maintenir, et à fonder un peu partout des communautés chrétiennes partageant son erreur. Elles subsistèrent longtemps et vécurent côte à côte avec les communautés catholiques, possédant comme elles leur hiérarchie d'évêques, de prêtres et de diacres, partageant souvent leurs persécutions pour la foi, et n'en différant d'ailleurs que sur le point précis de la pénitence.
1. Ep. LV, 22, 27, ' 2. Ep. LV, 23; EusÈBE, Hist. eccL, VI, i3, i ; Traité anonyme Ad Novatianum, 12, 13.
3. Saint Cyprien, Ep. LXYIII, 2 ; Eusèbe, Hist. eccl., VI, 44, 1 ; li6, 3, iy VII, S, 1.
376 LA THEOLOGIE ANTENICÉENNE.
Elles semblent du reste avoir bientôt poussé plus loin que Novatien lui-même les conséquences de son rigorisme. Novatien, on l'a vu, refusait le pardon aux lapsij mais il l'accordait aux fornicateurs et aux adultères. Un jour vint où, les persécutions ayant cessé ou étant suspendues, il ne se trouva plus d'apostats, et où le schisme, par conséquent, n'eut plus do raison d'être. On continua alors de le justifier en renforçant ses tendances, et en déclarant que tous les péchés admortem, y compris la fornication et le meurtre, échappaient au pouvoir de réconciliation de l'Église. C'est ce qui ressort du traité De paenitentia (i, 2, 5 ; 3, 10) de saint Ambroise, des lettres de saint Pacien à Simpronianus ^ , des Quaestîones ex çeteri et novo Testamento du pseudo- Augustin 2. Saint Pacien ramène la doctrine des novatiens à ceci : « Quod post baptismum paenitere non liceat, quod mortale peccatum Ecclesia donare non possit, immo quod ipsa pereat recipiendo peccantes^. » Les témoignages de Philastrius [De haeresibus, 82), de saint Augustin [De haeresihus, 38), de Socrate [Hist. eccL, i, 10; vu, 25), de Théodore! [Haeretic. fahul., m, 5) et de saint Nil {Epist., lib. III, 243) sont concordants.
Abstraction faite cependant des précieux détails qu'ils nous ont valus sur la discipline pénit^ntielle, deux avantages dogmatiques résultaient des conflits que nous venons d'exposer : d'une part, une conscience plus nette pour l'Eglise de son pouvoir de pardonner universellement tous les péchés quels qu'ils fussent; d'autre part, la claire vue que la hiérarchie ecclésiastique est seule dépositaire de ce pouvoir, et qu'elle ne relève que d'elle-même dans l'application qu'elle juge