‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 159 sur 1102 · CHAPITRE Xï · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xï

11 est important de noter la façon toute pratique dont se posa la question de la valeur du baptême conféré par les hérétiques. Jusqu'au montanisme, les hérésies, si l'on excepte le marcionisme, n'avait point formé d'église indépendante. Elles se dissimulaient dans la grande Église, et leurs adeptes recevaient d'elle le baptême et l'initiation chrétienne. Que si, plus tard, ces adeptes abjuraient leurs erreurs et revenaient à la vraie foi, on les réconciliait par l'imposition des mains in paenitentiamj ou même par \^ consignatio ; c'est-àdire, suivant plusieurs auteurs, par la confirmation ; mais leur baptême n'était pas renouvelé, puisque aussi bien ils l'avaient reçu de la vraie Église.

Mais quand les hérésies marcionite, montaniste et autres eurent organisé des communautés à part, il arriva que l'Église catholique vit, de temps en temps, se présenter pour entrer dans son sein des convertis qui avaient été baptisés dans ces sectes, soit qu'ils y fussent

1. Sources : Les Lettres de saint Cyprien et de Firmilien, édit. Hartel. Le Liher de rebaptismate, même édit., tom. lll. — Travaux: Les ouvrages généraux sur saint Cyprien, et de plus H. Grisar, Gyprians t Oppositionskonzil • gegen Papst Stephan, dSins ISi Zeitschr. f. kalh. Theol., V, 1881. J. Ersst, Zur Auffassung Gyprians von der Ketzertaufe, ibid., XVII, 1893. A. d'àixs, La giiest. baptismale au temps de S. Gyprien, 190T.

né&, ;soit fqn'iiils y fassent earfaîés MrsfÉ&meni du ptaganisme.

iGÉKMmsat 'dfiwaÈt-^Qn les itraiter ? Fïdlait-âl ccmsidërer leuT feaptèisBie caraMnae suffisant, idtrse contenter àleur égard de l'iniftCHsitiôn des mams'etésskai'sonsigmsttw'jiùVL bien ifallait-îl le Kegarder 'OoraaœL^ :mÉ\ lôt sr.emoifvïeileî' e-osMplèibemeairt .leur iaMatliQn ùhvêtieimei?

C'est isewis (C£?t*e . foraine pi^atiqiifce, oîîiseï'v.ans-I^'biBn, qiiaeil'<on'ii3îtiaîmeQiéià discuter la valeiur flu àaptême dses kérétèques. Qtteîdeivait-ïMiiy'&î/îeA^âansiâouée, oetiteq^estion «ïvpfposadt -mte question Éfeèocîq'ae plïus gtéoéraie ■: la foi :du aniaaàstre {jm. an sujet) est-elle fl*equ(ïse iprour Ha Yaliditë et :*reffieaûité d£s «aecement-s? Mms îg© pd&t de vîue restatfeoujîoursii.l^arï'ière-plaîi : ;et .oelainoffis^expiique que saint 'Cyprien et ^ses pariisamB aient pia, comme (il semàle bien -qu'ils Fîmitifait, voirdan'steeute cette toontp.Disseffse naflie puî^e questimi discipldnaipe oa'dntéressant pas .d'iiatégTité ide la lÊdi, -et ne 'galant pas que i'mEL «acr'ffîât !p;our elte l'^unité -de l'Église, «mt par .un sehisiaa«, soit paran'e exGOoaam.unîi'Gation.

Quoi qu'il en soit, deux usa:ges.,pelativ,eïne!at:aT!i sujet qui nous occupe, se partageaient l'Église au milieu du ui^^èQle..LefpEejiïiier„iGelui de JR®aite, smvi 'égaleiaent à iCésarée de Paie^in© et proba'Mement àÂlexMidrie, âtàit de me pas renouveler le T>a|)tême des .bér,étïq(ae&, mais €e -se 'cont'entfer 'de l'imposition des mains et delà caasîgnatio '\] l'autre, celuide Cartkage et 'de il'jÂ)f«riqiie, suivi à Antiocbe et "àCésarée de Capjpaâoce, en.Cîlïcie, en Galatle-, en .-Ph\rygie et -dans las jprovinoes vijàsdBes , était 4e1)raiter-ce baptême com-me nnl eft de le réitérer. Nous sommes renseignés, pou-r Piome, par .les .^Mktëùphoumena {ix, 12^ p, 446} ^ 'et par les affirmations du

i. s. Gyprien, £?p.LXXIlI, 6.

2. L'auteur nous dit que sous Calliste, pour Iatpre<mf&r.e foîs, dû osa rebaptiser.

380 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

j)ape Etienne invoquant sans cesse la tradition de son Église ; pour Césarée de Palestine, par Eusèbe [Hist. eccl.j VII, cap. 2 et 3) qui qualifie simplement d'ancien usage celui qui a plus tard triomphé; pour Alexandrie, par son évêque Denys, qui montre sans doute plus de modération que le pape, mais qui marche, en somme, de concert aveclui^. D'autre part, Tertullien regardait déjà comme invalide le baptême des hérétiques 2, et saint Cyprien invoque à l'appui du même sentiment les décisions du concile tenu sous un de ses prédécesseurs, Agrippinus^, vers l'an 198 environ'''. Pour Antioche et la Syrie, nous avons le témoignage des Constitutions apostoliques (vi, 15 ; cf. Canons apostoliques, 45-46), postérieures, il est vrai, -mais probablement ici non retouchées. Enfin Firmilien de Césarée (de Cappadoce) ^ nous dit assez quel était l'usage de son Église et celui des provinces voisines. Les conciles d'Iconium et de Synnada en Phrygie, tenus vers 230-245, et cités par Denys d'Alexandrie^, s'étaient prononcés l'un et l'autre contre la validité du baptême des hérétiques.

i. Saint Jérôme (De viris illustr., 69) dit formellement que saint Denys d'Alexandrie était de l'avis de saint Cyprien. Mais ii est bien difficile de concilier cette assertion avec les fragments de Denys que nous a conservés Eusèbe, avec le rôle de conciliateur qu'il a voulu jouer en cette affaire, et avec, sa propre manière d'agir. Saint Basile, au contraire, assure que saint Denys admettait le baptême des montanistes, ce dont il s'étonne {Epist. GLXXXYIII, can. 1, P. 6., XXXII, col. 664, 6S8). La question serait sûrement tranchée dans le sens d'un accord doctrinal de Denys et d'Etienne, si le fragment (traduction syriaque) at. tribué à Denys et reproduit par Ch. Lett Feltoe (The lelters and other remains of Dionysius of Alexandria, pp. 48, 49) était authentique • mais cette authenticité est fort douteuse.

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