EusÈBE, Hist^ eccl.,: VII, 3,, 3-6;; 9i
384 LA THEOLOGIE ANTENICEENNE.
Denys et Pliilémon * , dont le premier devait bientôt devenir pape. L'affaire |en resta donc là pour le moment.
Il est intéressant d'étudier les raisons mises en avant par l'un et l'autre parti dans cette question. Celles du parti rebaptisant sont aisées à relever dans les lettres de saint Cyprien et de Firmilien; celles du parti romain nous sont connues aussi, du moins assez bien, soit par la réfutation que saint Cyprien leur oppose, soit par un traité anonyme, le Liber de rehaptismaie, écrit vraisemblablement aux environs de l'an 256 par un évêque africain, mais partageant les vues du pape 2. Il est fâcheux toutefois que la réponse d'Etienne soit perdue : elle éclairerait peut-être plus d'un point obscur.
Dans l'argumentation de saint Cyprien et de Firmilien, la confusion entre la validité et Vefficacité du baptême est complète. On ne suppose pas qu'un baptême qui ne remet pas immédiatement les péchés puisse être compté pour quelque chose.
Or, que le baptême conféré par les hérétiques et les schismatiques soit incapable de remettre les péchés, c'est ce qui ressort de cette considération fondamentale souvent reproduite que la vraie Église seule peut opérer cette rémission; qu'en ell« seule se trouvent la grâce et les moyens de la communiquer ou de la recevoir ; qu'elle est l'arche en dehors de laquelle il n'y a point de salut, la fontaine scellée à laquelle ceux du dehors ne sauraient puiser; que les hérétiques et les schismatiques, étant hors de l'Église, ne sauraient par conséquent donner la grâce du baptême ni purifier les âmes^. Puis, ajoutait-on, le baptême est une génération des enfants de Dieu. Or l'hérésie n'est pas l'épouse de