‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 185 sur 1102 · Adv.Mafc, II, Si · texte numérisé non relu

Adv.Mafc, II, Si

h. Adi\Marc.,l,'2à.

408 LA THÉOLOGIE ANTBNICEENNE.

exilium paradisi * . » Elle a introduit dans l'âme, dans toutes les âmes, une souillure, une tare originelle, une pente au péché. Ici se manifeste dans la pensée de Tertullien une certaine imprécision, en ce sens que son analyse ne va pas jusqu'à distinguer nettement le péché originel proprement dit des désordres qui l'accompagnent. Mais il admet bien que toute âme naît souillée : « Ita omnis anima eo usque in Adam censetur donec in Christo recenseatur, tamdiu immunda quamdiu recenseatur ^ ». C'est notre naissance et notre descendance d'Adam qui nous en fait hériter ainsi la perversion et les justes peines : « Per quem (Satanam) homo a primordiis circumventus... exinde totum genus de suo semine infectum, suae etiam damnationis traducem fecit^. » Il y a, dans cette suite d'affirmations, au moins une ébauche de théorie du péché originel à laquelle la théologie donnera plus tard son complément. Saint Augustin pourra citer Tertullien comme un précurseur.

Cependant, on l'a déjà remarqué, d'après Tertullien, le péché d'origine et la concupiscence n'ont point détruit la liberté, et quelque inclination au mal que l'homme éprouve encore, il est responsable de ses actes"*. Mais il a besoin de la grâce pour faire le bien, car en dehors d'elle il n'y a qu'obscurité et impuissance^. Ce secours divin lui est d'ailleurs largement offert. Dieu appelle et attire tous les hommes au salut, à la pénitence^. Sans violenter leur libre arbitre, la

i. De resur. carnis, 49. Comparez S. Cyprien, Epist. LXIV, S : à l'enfant personnellement innocent sont remis dans le baptême « non propria sed aliéna peccata ».

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