‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 186 sur 1102 · Adv. Marc, II · texte numérisé non relu

Adv. Marc, II

K. Ad uxorem,!, 8; De anima, 21; S. Cyprjen, Ad Donat., 6. 6. Terthll., De paenit., 2-5 ; S. Cyprien, Ad Donat,, 5 ; S. Hippol., De Xntiehr., in, lY.

grâce soulève les âmes au-dessus d'elles-mêmes et leur assure la paix et le bonheur^. Saint Cy prient, qui avait éprouvé en lui-même ces merveilleux effets, en a laissé un tableau saisissant dans son discours Ad Donatum.

La grâce et la liberté concourent donc ensemble à nos bonnes œuvres : et de là vient que nous pouvons et mériter personnellement notre félicité et satisfaire pour nos fautes. Cette théorie du mérite et de la satisfaction, mise en relief surtout par TertuUien — on la retrouve ailleurs bien entendu — est peut-être, dans toute son œuvre, celle où se trahit le plus son esprit de juriste. Il a créé pour elle toute une terminologie qui a subsisté, et qui reste caractéristique de la théologie latine 2. Non pas que notre auteur méconnaisse, nous l'avons vu, la part de la grâce dans l'accomplissement des bonnes œuvres; mais, en dehors de cette considération, les rapports entre Dieu et l'homme sont présentés par lui comme des rapports de maître à serviteur et en entraînent les conséquences. Si nous agissons bien, nous méritons auprès de Dieu, nous méritons Dieu : « Omnes salutis in promerendoDeopetitores^. » « Quomodo multae mansiones apud patrem, si non pro varietate meritorum •* ? » Dieu devient notre débiteur .- « Bonum factum dcum habet debitorem, sicuti et malum, quia iudex omnis remunerator est causae'. » La récompense est un prix : « eadem pretia quae et merces ^ » . Au contraire, par le péché, nous offensons Dieu et nous devenons ses débiteurs : mais nous de-

i. Tertuh., De monog., 14; S. Cypr., Ad Donat., S, 6, U.

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