Method., De la lèpre, VII
Pour les autres fautes, elle était fixée par l'évêque suivant la culpabilité du pénitent. En général, la discipline de rOrient nous apparaît à ce point de vue plus douce que celle deFOccident, surtout que celle de l'Espagne, et les canons 21 et 23 du concile d'Ancyre montrent qu'on avait tendance encore à l'adoucira C'est dans l'épître canonique du Thaumaturge, qui date de 254-258 environ, que l'on rencontre mentionnées pour la première fois les quatre stations de la pénitence telle que la pratiquaient les Eglises du Pont et de la Cappadoce : la station des pleurants (Trpotr/cXauaiç)., qui restaient hors de l'église, à la porte; celle des auditeurs (àxpoaortç), qui se tenaient dans le vestibule intérieur, et sortaient après la prédication avec les catéchumènes ; celle des prosternés (uTroTtroiaiç), placés sous le narthex, et qui sortaient aussi en même temps que les catéchumènes ; enfin celle des consistants (aû(rra<nç), qui assistaient avec les fidèles à tout le service divin, mais sans y communier. Cette communion aux saints mystères ({AsOsÇtç tSv âyiaaiixTtav] mettait fin à la pénitence (canon 11). On a cru longtemps que ce type de pénitence avait été celui de toute FEglise. Il n'en est rien. C'était un type local que ni l'Eglise latine ni les Églises de Syrie et d'Egypte ne paraissent avoir connu. La Didascalie dit seulement que le pénitent devra sortir de l'église avec les catéchumènes, après la prédication, et n'assistera pas au service liturgique proprement dit (x, 39, 5, 6; 40, 1). Avec cela, il devra jeûner, prier, se lamenter, s'imposer les mortifications ordinaires. Dans le cas des lapsi, nous voyons, à Alexandrie, les oonfesseurs intervenir en leur faveur
1. Le canon 21 réduit à dix ans la pénitence des prostituées infanticides, qui auparavant était de toute la vie; le canon 23 réduit à tinq ans celle des homicides înTolontaires, qui antérieurement était de sept ans.
504 LA THÉOLOGIE ANÏÉNICÉENNE.
pour obtenir leur pardon, et cotte intervention était considérée comme légitime et efficace ^
La pénitence une fois accomplie et jugée suffisante, le pécheur était absous et réconcilié par l'évéque^. L'évêque lui imposait la main pendant que les fidèles priaient pour lui, et lui permettait d'assister désormais au service divin. La Didascalie remarque expressé-' ment que, par cette imposition de la main, qui est comme un second baptême, le pénitent recevait le Saint-Esprit, témoignage non équivoque de la purification intérieure qu'opérait l'absolution, et de son caractère sacramentel^.
On a déjà dit la place absolument centrale et prépondérante attribuée à l'évêque dans l'Eglise par les textes du iii^ siècle. Il est naturel dès lors que, à la suite de saint Paul, ils insistent aussi sur les garanties que devait présenter l'élu et sur les vertus dont il devait donner l'exemple ^ La Didascalie veut qu'il ait au moins cinquante ans; toutefois, en cas de nécessité, elle est moins exigeante : l'essentiel est qu'il possède les qualités de sa charge^. Il est bon, disent les Canons ecclésiastiques (xvi), que l'évêque ne soit pas marié ; s'il l'est, qu'il soit au moins unius uxoris. L'évêque est désigné par l'assemblée locale, mais or-
\, Denys, ap. EcsÈBE, H. E., VI, 42, 5, 6; Feltoe, p. 18.