Atiianase, De synodis, 26; Hahn
et ayant avec lui une seule dignité divine, Iv tîjç ôeoTyjTo; àîtwjxa (ix), mais d'ailleurs subordonné à lui, engendré par lui spontanément et volontairement (Ixouatojç xal eOsXovtviv, vin). On condamnait Paul de Samosate, Marcel, Photin, les patripassiens et les sabeliiens.
En somme, si l'on excepte l'omission de rôi/oou(7to; et la note subordinatienne , cette formule marquait un progrès vers l'entente doctrinale. L'année suivante, le 21 octobre 346, Atbanase put rentrer à Alexandrie. Une sorte de lassitude s'emparait des partis. Athanase semblait disposé à sacrifier Marcel, à la suite de l'éclat et de la condamnation de Photin. L'apaisement allait peut-être se faire peu à peu, lorsque, en janvier 450, Constant mourut. Cet événement, qui donnait tout l'empire à Contance, doublait les forces des dissidents.
§ 5. — Divisions du parti antinicéen.
Triomphe des acaciens.
Ils se hâtèrent d'en profiter. En 351 ils tinrent un concile à Sirmium : une nouvelle formule en sortit, la septième de la sériel Elle se composait de la quatrième formule d'Antioche et de vingt-sept anathématismes, dont le premier reproduisait l'addition de Philippopolis. L'esprit en est sensiblement celui de la formule macrostiche, mais elle visait plus spécialement l'erreur de Photin, et s'occupait plus explicitement du Saint-Esprit, dont on prononçait qu'il n'est pas le Dieu inengendré, qu'il se distingue réellement du Fils, qu'il n'est pas une partie (tJiépoç) du Père ou du Fils (xx-xxii).
Puis les menées contre Athanase recommencèrent. Libère, le nouveau pape (17 mai 352), chercha en vain
4. Athanase, De synodis, 27; Socrate, Hist. ceci., Il, 30; Haun, § 160.
LES HÉRÉSIES TI»Ni'»'-^IR>=iS DU IV SIÈCLE. 49-
àle défendre. Trahi par ses légats au concile d'Arles (354), il vit encore, au concile de Milan (355), la violence des ariens triompher de la conscience des évêques. Athanase condamné, traqué dans son église, s'enfuit le 9 février 356, pendant qu'Hilaire, exilé à la suite du synode de Béziers (356), prenait de son côté le chemin de l'Asie et de la Phrygie.
Le parti de l'opposition antinicéenne semblait définitivement vainqueur. Mais les éléments qui le composaient, on l'a déjà remarqué, étaient, au fond, peu homogènes. Unis pour l'attaque, les. antinicéens se dissocièrent dans le triomphe, et formèrent trois groupes correspondant aux tendances doctrinales qui les divisaient.
Le premier était celui des ariens purs ou plutôt renforcés, ayant pour chefs Aetius, Eunomius et Eudoxius de Constantinople. Ce dernier était surtout un suffisant et un impudent : les deux autres étaient des logiciens pour qui la théologie se réduisait à une dialectique ^ , Leur système, que nous. connaissons assez bien grâce à ce qui reste de leurs écrits et aux réfutations dont ils furent l'objet ^, revenait à ceci : Dieu est l'être essentiellement simple et un (tô ov) ; par essence il est inengendré et improduit (àylwriTov). Parce qu'il est infiniment simple et peu compréhensif , il est parfaitement intelligible et compréhensible : Je connais Dieu, disait Eunomius, aussi bien qu'il se connaît lui-même'. Maisparce qu'il est essentiellement improduit, tout ce qui
d. Théodoret, Haeretîc. fabul. compendium, IV, 3.
2. Les saurces sont : 1° il propositions d'Aetius, dans saint Épiphane, Haer. LXXVI, H. aoi/'ExOsaiç uîcteco; d'Eunomius présenté à Théodose,, dans les notes de Valois à Socrale, Hisl. eccl., V, 10. S» L'Apologétique du même auteur (P. G., XXX, 833). i" Les traités contre Eunomius desaint Basile et de saint Grégoire de Nysse, et saint Epiphane, ITaer. LXXVI.
3. SocRàTE, Hist. eccl, IV, 7; cf. TsÉananaT, Hœret. fabul., IV, 3; Basil., Epist. CCXXXV.
est engendré ou produit de quelque façonne saurait être Dieu : cela ne peut être ni ôficoucriov, ni SyMoiaiov, ni même o{aoiov à Dieu : cela est nécessairement IÇ Ixspaç
oùffiaç, àvofjLOioV'.
Le Fils, puisqu'il est engendré — c'est-à-dire, au. sens d'Eunomius, créé, — oiîre donc tout au plus avec le Père une ressemblance morale ^, mais ne lui est pas semblable dans son être physique : il est àvofjioioi;. Tout son privilège consiste à être l'œuvre immédiate de Dieu, tandis que les autres créatures, l'Esprit-Saint y compris^, sont l'œuvre du Fils. C'est en ce sens qu'il estxTt<7[jLa Toîi àxTi'ffTOu, où}( wç ev TÔiv XTi(J[xaTOJV, 7roir)[xa toû
On donna à ce premier groupe le nom d'aétiens, eunomiens, anoméens, exoucontiens, hétérousiastes.
A l'opposé des anoméens, se forma autour de. Basile d'Ancyre (ot TrepV BaffiXeiov) le groupe des évêques à qul'on donna, et à qui convient, proprement le nom de semi-ariens (-/ifAtdpetot)» Le mot qui, pour eux, traduisait le mieux les rapports du Fils et du Père était èjjLoiouaioç, lequel marquait plus nettement qu'ôfjiooufftoç,, pensaient-ils, la distinction des deux personnes, et laissait du reste aux plus avancés du parti la facilité de sous-entendre la subordination du Fils. Plusieurs des membres de ce groupe — saint Cyrille de Jérusalem lui appartint longtemps^ — étaient, au fond, orthodoxes, mais se défiaient d'Athanase et de ses formules. D'autres, un peu plus tard, vers 360, nièrent la divinité du Saint-Esprit. Le nom de semi-ariens dé-