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CHAPITRE III

LUTTE BOCTRINALE CONTRE l'aRIANISMÉ ET LE MACE- DONIANISME. l'oRTHODOXIE TRINITAÏRE GRECQUE AU IV^ SIÈCLE.

§ 1. — La doctrine trinitaire de saint Athanase.

Lalutte doctrinale des orthodoxes contre l'arianisme fut menée successivement par deux groupes de polémistes qui se suivirent de près sans se confondre. Dans le premier il faut mettre, chez les Grecs saint Athanase, et chez les Latins saint Hilaire. Le second groupe comprend surtout les Cappadociens, saint Basile et les deux Grégoire, auxquels se sont joints des théologiens de moindre importance comme Didyme l'aveugle et saint Epiphane. Le premier groupe précise les idées et élabore la doctrine : le second fixe définitivement la terminologie et conclut la discussion. Nous parlerons exclusivement d'abord de saint Athanase.

Arius était parti, dans sa théorie du Logos et de ses relations avec Dieu, de l'idée de la transcendance divine et de la création. Saint Athanase part de l'idée de rédemption. Pour Arius, Dieu ne peut communiquer sa substance; et donc le Logos, puisqu'il est produit, ne saurait être Dieu. Pour saint Athanase, le Verbe incarné est, avant tout, rédempteur. Par cette rédemp-

lion l'honime est divinisé et devient enfant de Dieu. Elle s'accomplit par une association* de notre nature à la nature divine dans la personne de Jésus-Christ. Celui-ci est donc réellement Dieu, car il ne peut nous diviniser et nous élever à la filiation divine, même adoptive, qu'à la condition d'être lui-même, réellement et par nature, Dieu et Fils de Dieu. C'est l'argument qu'Athanase répétera sans cesse : « Si [le Verbe] était, lui aussi, par participation, et non pas en soi la divinité et l'image substantielle du Père, il ne pourrait pas diviniser [les autres], puisque lui-même serait divinisé <• » Par ce simple changement de point de vue, la conception philosophique Verbe s'efface devant celle de Fils : le rôle démiurgique du Logos n'est plus la raison qui explique sa personnalité divine. Athanase maintient sans doute que, en fait, le Fils a été l'organe de la création^; mais, en principe et absolument, ajoute-t-il, cela n'était pas nécessaire. Car si Dieu ne pouvait lui-même créer immédiatement, le Verbe, qui est de même nature que le Père, ne le pourrait pas non plus ; et si le Verbe est créé, Dieu, qui l'a créé, pouvait donc créer immédiatement par lui-même^.

Ces principes généraux suffisent à marquer l'orientation de la théologie d'Athanase.

Dieu est un : il est une monade indivisible ; il n'y a qu'un principe, une monarchie suprême ((Jitav àpyriv otSafxev)'*. D'autre part, nous savons que le Fils est réellement distinct du Père^. Dès lors, faut-il exclure le Fils de la substance divine pour maintenir l'unité de

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