‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 317 sur 1102 · C. arianos, ra · texte numérisé non relu

C. arianos, ra

HISTOIRE DES DOGMES. — n. 5

la divittité du Saint-Esprit, tout en admettant celle du Fils, amène Athanase à examiner lés rapports du Fils et du Saint-Esprit. Et d'abord TEsprit-Saint est TEsprit du Fils, sa « puissance sanctificatrice et illuminatrice, laquelle est dite procéder du Père (Ix TraTpoç Ixiropeueo9ai), parce que le Fils, qui vient du Père, la fait briller, l'envoie et la donne » (I, 20). Bien plus, comme le Fils est le propre de la substance du Père, de même l'Esprit, qui est dans le Fils et en qui est le Fils, est le propre du Fils : « Si le Fils, parce qu'il est du Père, est le propre de sa substance, c'est une nécessité que l'Esprit, qui est dit être de Dieu, soit aussi en substance le propre du Fils » (iStov Eivat xax' oôffiav rotî utou, I, 25, 20, 21; cf. m, 2). L'Esprit-Saint est donc proprement, et dans son être intime, l'Esprit du Fils, son souffle, dans une dépendance étroite de lui. Ce qu'il possède, c'est cela même du Fils : â iyti (xb TtvEîJfxa) toû uîoû IffTiv (m, 1). L'auteur se rapproche de l'idée que TEsprit reçoit son être du Fils. Il y touche tout à fait quand il note que l'Esprit- Saint reçoit du Fils, et qu'il n'est pas le lien qui rattache le Fils au Père, mais qu'au contraire, existant lui-même dans le Verbe, il se trouve, par lui, être en Dieu ^ . « De même que le Fils dit : Tout ce qui est au Père est à moi, ainsi nous trouverons que tout cela est dans l'Esprit par le Fils : raura TTavxa Sià xoîî utoî» eôpv^ffOfjiev ovta xal Iv tIj) irveufxaTi » (lii, 1). Avecla personne du Saint-Esprit, la Trinité se trouve achevée et complète^. Cette Trinité, comme les termes qui la composent, est éternelle : elle ne s'est pas faite successivement, et il n'y a pas eu de moment où elle ne fût parfaite et entière. Elle ne se compose pas non plus d'éléments hétérogènes et d'une gloire inégale :

i. C. arianos, III, 24; Epist. ad Serapion. III, 5. 2. Epist. ad Serapion. I, 2S.

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La. doctrine trinitaire d'Athanase allait devenir celle de l'Eglise grecque. Avant d'en venir là, elle devait cependant recevoir, soit dans sa terminologie, soit dans sa théorie des personnes divines et de leurs relations, de sérieux compléments. C'est encore au Père seul que saint Athanase applique par excellence le nom de Dieu : Iv T^ l>cxXyi<yt(j eîç ôsoç xvipudcrsTai, ô toû Xoyou Tcar^ips. De plus,; bien qu'il n'ait pas condamné , au concile d'Alexandrie de 362, ceux qui disaient fxfa oùai'a, xpeïç uttoffràuetç, il a personnellement, jusqu'à la fin de sa vie, confondu les deux termes oùoria et ùnôaxacK;^. Il écrira même, vers 369, dans VEpistula ad Afros, 4 : 'H Si ÔTTOffTaffiç ouffta IffTi, xal oùSsv àXXo ffvjijiaivofjisvov îyj.\ ^ aÔTO •to ov. Comme il évite, d'autre part, l'emploi du mot TTpoatoTtov, il s'ensuit qu'il ne possède aucun terme pour désigner la personne. Il n'a pas du reste étudié ce qui constitue en soi les personnes divines, ni comment elles se distinguent et s'opposent entre elles, ni comment nous pouvons, par de lointaines analogies, nous représenter les opérations mystérieuses qui les font être. Polémiste toujours dans l'arène, Athanase n'a eu ni le loisir ni sans doute le goût de traiter ces questions de haute philosophie religieuse. Son enseignement trinitaire est donc incomplet : il sera complété en grande partie par les Cappadociens.

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