‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienne [microform]Chapitre 324 sur 1102 · GnEG. Naz., Oratio X, 7; et v. infra · texte numérisé non relu

GnEG. Naz., Oratio X, 7; et v. infra

5. Basil., Epist. LU, 2; GnEO. Naz., Oratio XXXI, 9, 40, 44, 28; XXIX, 2,

6. Grec. Naz., Oratio XXXI, 9; cf. Oratio XXVIII, 34; XXXIX, il, 12; Basil., Epist. XXXVIII, 4; Grec. Nyss., Oratio cateehetica, 4.

des semi-ariens et ont frayé avec eux, qui ont voulu les ramener à i'x)rlhodoxie, et qui, pour cela — ils y étaient déjà portés par leur formation théologique — ont infléchi au sens d'ôfioiouorioç rô[jioou<rioç primitif. Ils ont fart consacrer sans doute, par le concile de Gonstantinople de 381, le mot choisi par le concile de Nicée ; mais sous ce mot, «'est au fond la conception de Basile d'Ancyre qui a triomphé. Les Cappadociens, et avec eux l'Église grecque qui les a suivis, sont des semi-aTiens qui parlent nicéen ^ .

A cette façon de voir opposons d'abord une observation générale. Le mystère de la Trinité est le mystère d'un Dieu en trois personnes, d'une nature identique existant en trois typostases réellement distinctes. La difficulté, ou plutôt rimpossibilité pour nous de comprendre cette unité dans cette pluralité , ou cette pluralité dans cette unité, constitue tout le mystère. Et dès lors, il est inévitable, si l'on pose d'abord l'unité de la substance, qu'on ait de la peine à expliquer ensuite la trinité des personnes et qu'on paraisse la sacrifier, et, au contraire, si l'on pose d'abord la trinité des personnes, qu'on ait ensuite de la peine à expliquer l'unité de substance et qu'on paraisse la sacrifier à son tour. Dans le premier cas, on semble pencher vers le sabellianisme, dans le second cas, vers le trithéisme. Au point de vue qui nous occupe, toute la différence, à partir du iv^ siècle, entre la théologie occidentale et la ihéologie grecque est là. La première insiste sur l'unité substantielle divine et la pose d'abord. Avant tout,

i. C'est l'opinion formulée par Hartsack, Lehrb. der DG., Il, 261 suiv. ; LooFs, Leitfaden, V édit., p. 2S7 suiv. ; Seeberg, Lehrb. der DG., I, p. 187, suiv.; GvfATiuN, Studîes of Arianism, 2° édit., p. 247, 270. KUe a été réfutée par J. F. Bethune-Baker, The meaning of homoousios in the Constantinopolitan Creed {Texls and Studîes), Cambridge, 1901. V. aussi G. Basneur, L'homoiousianisme dans ses rapports avec l'orthodoxie, dans la Revue d^histoire ecclésiastique, t. IV, 1903.

LA DOCTRINE TRINITAîBE GRECQUE AU IV SIÈCLE. 88

il y a un seul Dieu, une seule substance divine, laquelle subsiste en trois personnes. La formule de Nicée, qui vient en réalité des Latins, consacre cette façon de concevoir le dogme. Lathéologie grecque, au contraire,.influencée par Origène, se préoccupe*de sauvegarder la distinction des personnes et les pose d'abord. Il n'y a pas de substance divine concrète, distincte du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et plus ancienne qu'eux : il y a un Père, un Fils et un Saint-Esprit lesquels ont même substance. Existe-t-il, entre ces deux conceptions dogmatiques, une vraie opposition? — Non : toutes deux sont vraies, mais l'une et l'autre ne le sont qu'à la condition de n'être pas exclusives, c'est-à-dire, au fond, de reconnaître le mystère, et de ne verser ni dans le sabellianisme ni dans le tritliéisme. 11 importe donc assez peu, en définitive, à l'orthodoxie de nos auteurs, qu'ils s'attachent à telle ou telle façon de présenter la doctrine trinitaire, pourvu qu'ils maintiennent énergiquement et l'unité numérique de substance en Dieu, c'est-à-dire l'unité de Dieu ' , et la distinction réelle des trois personnes divines. Seulement, il était naturel que les premiers nicéens appuyassent sur la première vé^ rite, compromise par Arius et les eusébiens, et les néonicéens sur la seconde, complément nécessaire de la première et réclamée par les semi-ariens. Cela ne

1. C'est ce que ne faisaient pas les semi-ariens; et s'ils ont pu s'illusionner sur les conséquences de leur système, il est inutile que nous partagions cette illusion : râ(JLotoû(Tco; conduit inévitablement au trithéisme. 'Oixotoc dénote une ressemblance, non une identité numérique. Si donc le Fils n'est pas, quant à sa substance concrète et à son être intime en tant que Dieu, ô[i6; avec le Père, mais seulement 2[jLotoç, il est clair que la divinité concrète et l'être intime du Fils ne sont pas identiquement la divinité concrète et l'être intime du Père. Le Père et le Fils sont numériquement distincts comme dieux, de même qu'ils le sont comme hypostases : il y a deux dieux. Qu'on se rappelle le passage du document semi-arien reproduit par saint Epiphane, Haer. LXxm, n, 18 : OO TayTÔv 8è àXX' ôyioiov Sidu lô TtvsûfAa '6 èortv é ulbç oùx ÊffTiv Q KaT:^p.

prouve pas que les uns et les autres aient méconnu la vérité qu'ils rejetaient au second plan, ni que les Gappadociens aient été trithéistes, pas plus qu'Athanase et Eustathe sabelliens.

Car d'ailleurs les Cappadociens , tout comme les premiers nicéens, ont affirmé de toutes leurs forces l'unité numérique de Dieu et l'identité de la substance divine concrète dans les trois personnes de la Trinité. « Ne confesse qu'une seule owata dans les deux (le Père et le Fils), afin de ne point tomber dans le polythéisme ^ ». « De même que le Père est substance, le Fils substance, substance le Saint-Esprit, et qu'il n'y a pas trois substances, de même le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu, et il n'y a pas trois dieux. Car Dieu est un et le même, puisqu'il n'y a qu'une substance et la même, bien que chacune des personnes soit dite substance subsistante et Dieu^. » Manifestement ici, l'unité numérique de l'eùffta est donnée comme la condition du monothéisme, et opposée à la distinction des personnes.

Pour saint Basile en particulier, il est bien vrai qu'il a accepté, dans sa lettre ix, 3, l'Saoïo; xaT' oudiav, à la condition qu'on y ajoute (XTrapaXXâxTwç, c'est-à-dire sans aucune différence; mais c'est parce qu'il regardait, dans ce cas, l'expression totale comme équivalant à ô|xoou(iioç, auquel il donne d'ailleurs la préférence^. II a dit également que les personnes humaines, parce qu'elles ont une oùaia (abstraite) commune, sont ôfjiootJ- 6101 ■•. Mais il n'entend plus l'ôfAoouffioç de cette unité

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